dimanche 22 février 2026

Migrants : noyés, sous les yeux de l’Europe

Migrants : noyés, sous les yeux de l’Europe

L’Ocean Viking, le navire armé par l’association SOS Méditerranée pour secourir les naufragés, a repris la mer au début de l’année. Il était immobilisé pour travaux depuis le mois d’août après avoir été pris sous le feu des garde-côtes libyens.

Publié le 18/02/2026

Dès sa première sortie, l’Ocean Viking a secouru des dizaines de migrants embarqués sur deux canots pneumatiques à la dérive et d’autres, mourant de soif sur un vieux cargo qui les avait recueillis. Mais les pays européens, non contents d’interdire leur sol aux migrants fuyant la misère, dressent devant leurs sauveteurs tous les obstacles possibles.

Alors que les lois de la mer, selon la tradition et même selon les accords en vigueur, stipulent que l’on doit sauver un naufragé, quel qu’il soit et quelles que soient les circonstances, les patrouilleurs européens ne le font qu’exceptionnellement. Au contraire, les États de l’Union européenne financent tout à fait officiellement les garde-côtes libyens pour poursuivre, arrêter ou couler les bateaux des migrants, puis pour enfermer les survivants dans des camps, les soumettant à des chantages ou pire encore.

Lorsque que des gens courageux arment un bateau comme l’Ocean Viking pour se porter au secours des migrants, l’Europe le laisse se faire mitrailler par ses hommes de main libyens. De plus, l’Italie contraint l’Ocean Viking à débarquer ses naufragés dans les ports les plus éloignés de sa zone d’intervention. En 2024, les sauveteurs avaient ainsi perdu 80 jours sur ces trajets inutiles.

L’Office des migrations internationales, une filiale de l’ONU, a calculé que 2 475 personnes se sont ainsi noyées en Méditerranée en 2025 et que 25 000 avaient été refoulées vers les camps libyens. Depuis 2016, les volontaires de SOS Méditerranée ont ramené à terre sains et saufs 42 708 personnes. Mais combien d’autres se sont noyés en tentant d’atteindre la forteresse Europe ? Plus que jamais il faut abattre les frontières, qu’elles soient terrestres ou maritimes.

                                                 Paul Galois (Lutte ouvrière n°3003)

 

Dassault – Cergy : lunettes, agent secret, peurs en rafale

Dassault – Cergy : sinistre plaisanterie

Publié le 18/02/2026

Y a-t-il vraiment eu un vent de panique mardi 10 février dans la France des actionnaires ? Toute la presse nationale et les chaînes de télévision ont alors fiévreusement annoncé qu’une « atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation » était suspectée chez Dassault, sur le site de Cergy.

La présence d’un Double 007 ou d’un de ses collègues était ainsi annoncée

Dassault n’en a pas moins licencié ce travailleur.

        : espionnant dans l’usine, il portait même des lunettes connectées, et c’est tout dire ! On a pu assister dans les ateliers à un ballet du service de sécurité sillonnant les allées à la recherche de l’agent secret. C’est ainsi qu’un jeune intérimaire s’est retrouvé en garde à vue, puis finalement relâché sans charge, vu le ridicule de la situation : il n’avait en effet cherché qu’à faciliter l’exécution de son travail de câblage en prenant quelques photos.

Il y a d’autant plus de quoi s’indigner que Dassault a transformé le site de Cergy en camp retranché bardé de caméras, à l’extérieur tout comme à l’intérieur des ateliers. La direction ne se gêne donc pas, elle, pour espionner ses salariés et les mettre en garde à vue permanente.

Reste le plus scandaleux : après avoir mis en marche ce mauvais canular, Dassault n’en a pas moins licencié ce travailleur.

                                               Correspondant LO (Lutte ouvrière n°3003)

 

Argenteuil, journal de campagne, des travailleurs parce qu’étrangers privés d’un droit de vote légitime pour tous.

 

 

 

Argenteuil est une ville ouvrière. Elle fut et elle demeure une commune d’immigration. Travailleurs français, étrangers, carte d’identité ou pas, papiers ou sans papier, ces travailleurs paient des impôts. À toutes les élections, tous les travailleurs devraient pouvoir voter.

         Lors d’une activité de porte-à-porte : « beaucoup de travailleurs immigrés privés du droit de vote, mais solidaires de notre démarche, réagissent par l’affirmative quand nous affirmons qu’ils devraient pouvoir s’exprimer lors des élections, même si l’essentiel se passe dans les urnes ».

 

Rappel :

Droit de vote pour tous les travailleurs !

À trois mois des élections municipales, les militants de Lutte ouvrière qui sillonnent les quartiers populaires pour s’adresser aux travailleurs et constituer des listes de candidats rencontrent des femmes et des hommes qui souhaiteraient y figurer mais en sont empêchés.

Publié le 18/12/2025

En effet, 5 millions d’adultes habitant en France, dont 3,7 millions qui travaillent, ne bénéficient pas pour autant des droits de ceux qui ont une
carte d’identité française. L’État les traite en étrangers même lorsqu’ils participent de longue date à la vie sociale. Par contre, ils sont astreints, comme tous les travailleurs, à payer des impôts, y compris locaux. À l’exception de ceux qui sont originaires des pays de l’Union européenne et
peuvent s’inscrire sur une liste électorale complémentaire limitée aux élections municipales, les travailleurs étrangers n’ont pas le droit de vote.

Il fut un temps où la gauche avait promis de leur accorder ce droit en cas de victoire électorale. Arrivé au pouvoir en 1981, le socialiste Mitterrand n’en fit rien, ce qui lui permit de faire la même promesse en 1988, sans l’honorer non plus lors de son second mandat à l’Élysée.

Pourtant , bien plus loin dans le temps, en 1792, lorsque la bourgeoisie
française était en lutte contre l’aristocratie et la monarchie, deux révolutionnaires étrangers avaient été élus députés à la Convention : l’Anglo-Américain Thomas Paine et aussi Anacharsis Cloots, natif de
Clèves, ville du royaume de Prusse. L’année suivante, la révolution française se dotait d’une Constitution dont l’article 4 stipulait : « Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année, y vit de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse une Française, ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard ; tout étranger enfin, qui sera jugé par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis à l’exercice des droits de citoyen français. »

De nos jours aucun parti institutionnel, même ceux classés les plus à gauche, n’envisage de donner des droits politiques aux travailleurs immigrés. Ces derniers peuvent bien construire des bâtiments et des routes, s’occuper des malades et des personnes âgées, conduire des bus, fournir les bras nécessaires dans l’agriculture et l’industrie, leur travail peut bien rapporter des fortunes au patronat, ils sont traités en parias
dont il faudrait se méfier et limiter le nombre !

Ces travailleurs étrangers contribuent à créer les richesses indispensables
à tous. Ils apportent énormément plus à la société qu’une poignée de grands bourgeois français qui sont des parasites du travail humain mais qui votent, s’achètent des médias influents et dictent leurs désirs à ceux qui gouvernent. Comme tous les travailleurs, quelles que soient leur origine, leur langue et leur nationalité, ils ont le droit de diriger la société.

                                                     Lucien Détroit (journal Lutte ouvrière)