jeudi 12 février 2026

CPF : personnel ou patronal ?

 

Un coup de canif supplémentaire au profit du patronat

 

 

Un amendement du budget supprime la possibilité pour la plupart des salariés de financer leur permis de conduire en utilisant leur Compte personnel de formation (CPF). Seuls les chômeurs ou ceux qui auront un cofinancement de leur entreprise pourront encore le faire. Le but est de favoriser l’utilisation du CPF pour les formations directement utiles aux entreprises.

         Déjà, en 2024, un reste à charge de 100 euros avait été instauré pour les salariés utilisant leur CPF. Décidément, ce compte n’a vraiment de « personnel » que le nom.

Grèce : ministres et garde-côtes assassins

 

Des paroles et des actes de criminels.

 

Crédit photo : Sandor Csudai

Le 3 février, la collision d’un bateau de garde-côtes grecs avec une embarcation chargée de migrants, au large de l’île de Chios, a fait 15 morts. Aux associations dénonçant ce qui ressemble à un naufrage volontairement causé par les forces de répression, le ministre grec de l’Asile et des Migrations a répondu : « La protection des frontières ne peut se faire sans pertes (…) elle ne peut être efficace sans morts ».

         Cet ancien militant d’extrême droite, aujourd’hui membre d’un gouvernement conservateur, ne fait que dire tout haut ce que pratiquent ses confrères européens de toute obédience politique.

         Des paroles et des actes de criminels.

Film “Palestine 36” : la révolte arabe

 

Film “Palestine 36” : la révolte arabe

Palestine 36, un film que l’on peut voir actuellement dans les salles de cinéma, retrace fort à propos la grande révolte arabe des années 1936-1939 en Palestine, alors sous mandat britannique, et la violence de la répression qu’elle subit.

Publié le 04/02/2026

Dans ce Moyen-Orient que les impérialismes français et britannique s’étaient partagé à la fin de la Première Guerre mondiale, un soulèvement des masses arabes contre cette domination éclata en avril1936. La révolte s’étendit à lIrak sous mandat britannique, mais aussi à la Syrie et au Liban dominés par la France, et toucha même le Maghreb, lui aussi sous domination française.

Le film se concentre sur la Palestine et commence en montrant les premières grèves des ouvriers arabes, en particulier ceux des ports. Ils réclamaient la fin de la misère et l’égalité de traitement entre ouvriers juifs et arabes. La lutte de ces ouvriers trouva un écho profond dans les campagnes, où les paysans se voyaient eux aussi réduits à la misère parce que les grands propriétaires fonciers arabes, dont ils cultivaient auparavant les terres, les vendaient à des colons juifs. Ils se trouvaient donc expulsés. En 1936, ils se révoltèrent non seulement contre cette colonisation impulsée par les organisations sionistes, mais aussi et surtout contre la domination anglaise, principale responsable de la situation. Si, en Palestine, la révolte arabe débuta par des affrontements meurtriers avec les Juifs, elle se dressa avant tout contre l’oppression coloniale. À travers le parcours de l’un des personnages principaux, le film montre l’extension de la révolte et la naissance de véritables groupes armés se lançant à l’assaut de l’occupant britannique.

La répression fut particulièrement violente. L’armée britannique, chargée de maintenir l’ordre colonial dans un vaste empire s’étendant de l’Irlande à l’Inde, avait dans ce domaine une très longue expérience. Il fallut 30 000 soldats pour venir à bout du soulèvement arabe. Des villages furent entièrement rasés, des milliers de maisons détruites, y compris dans des grandes villes comme Jaffa. Un des officiers responsables des opérations, un certain Orde Wingate, représenté dans le film, se spécialisa dans les raids nocturnes contre les villages et l’utilisation des enfants comme otages pour attraper les parents. Une sorte de Bigeard anglais ! Plus de 50 000 Palestiniens furent emprisonnés dans des camps de concentration ou déportés aux Seychelles. On estime que le nombre des morts, blessés et exilés, s’éleva à 10 % de la population arabe de la région.

Le film n’oublie pas de montrer, même succinctement, l’hypocrisie des bourgeois palestiniens des villes, dont la principale préoccupation était de trouver une place dans l’ordre social existant. Si certains collaborèrent clairement avec les Britanniques et les institutions sionistes, ceux qui soutinrent le mouvement des masses ne le firent pas dans l’objectif de les libérer de l’oppression ; les dirigeants nationalistes arabes qui se retrouvèrent à la tête de la révolte firent au contraire tout leur possible pour la vider de ses contenus sociaux et la réduire à un affrontement entre communautés, visant en particulier les Juifs. L’attitude des colons juifs les y aida, y compris d’une grande partie de ceux qui se réclamaient du socialisme, qui choisirent le camp des Britanniques et formèrent des milices pour aider à mettre fin à cette révolte.

Ce film a donc le mérite de rappeler l’origine des guerres et des conflits qui ravagent encore aujourd’hui le Moyen-Orient, et la responsabilité des puissances coloniales.

                                             Marion Ajar (Lutte ouvrière n°3001)