Lait
infantile contaminé : alertez les bébés !
Après Nestlé (Guigoz, Nidal),
c’est maintenant au tour de Danone (Dumex, Blédilait), Lactalis (Picot) et
Vitagermine (Babybio) d’être suspectés d’un nouveau scandale sanitaire dans le
lait en poudre pour bébés.
Publié le 28/01/2026
En effet, une toxine, la
céréulide, présente dans ce lait, serait à l’origine de graves intoxications et
de la mort de deux nourrissons en France début janvier.
Cette contamination concerne
désormais plus de 50 pays dans le monde. Les dirigeants de ces grands
groupes pleurent, disant qu’ils ont fait le maximum pour retirer massivement et
rapidement les lots infectés dès qu’ils ont connu le problème. C’est
complètement faux : d’après la cellule investigation de Radio France, il s’est
passé onze jours entre la détection de lots contaminés de lait Guigoz et leur
rappel, et cinq jours pour le lait Picot du trust Lactalis. En plus, profit
oblige, « Nestlé a effectué les rappels au compte-gouttes, et même des
“retraits silencieux” dans certains pays, sans informer les consommateurs »,
selon l’association Foodwatch.
Ce scandale souligne aussi que
l’État n’a jamais voulu mettre en place un dispositif sanitaire et une
réglementation dignes de ce nom, Comme d’habitude, il laisse les capitalistes
de l’agroalimentaire faire des profits sans avoir à rendre le moindre compte.
La céréulide est pourtant une toxine dangereuse. Elle est susceptible de
provoquer des nausées, des vomissements et des complications pouvant aller
jusqu’à la mort. Selon Santé publique France, la bactérie responsable de la
céréulide est à l’origine d’un quart des toxi-infections alimentaires
collectives en France.
Toujours selon Radio France,
personne ne connaît la quantité réelle de toxine qui aurait été ingérée par des
nourrissons depuis des mois car les tests réalisés jusqu’à présent l’ont été par
les seuls industriels et sans aucun contrôle de l’État, et ils portent
uniquement sur la poudre de lait. Or la toxine ne se libère que lors du contact
de la poudre avec l’eau, permettant alors seulement d’en mesurer la dose
réelle.
De plus, un seul laboratoire
public en France est capable de détecter cette toxine dans les échantillons de
lait en poudre destinés à des enfants pour lesquels des familles ont constaté
des symptômes, et celles-ci ne peuvent le saisir directement. Pire encore,
aucun centre national n’est en mesure de repérer cette toxine dans les selles
humaines, ce qui rend difficile d’établir le lien biologique entre la
consommation du produit et une pathologie. Cela arrange bien les trusts de
l’agroalimentaire, qui peuvent tranquillement prétendre qu’il n’y a pour
l’instant aucune preuve que la cause du décès des nourrissons soit le lait
qu’ils ont ingéré.
Le vrai poison, pas seulement
pour les nourrissons, est le capitalisme assoiffé de profit.
Arnaud
Louvet (Lutte ouvrière n°3000)