mercredi 4 février 2026

Total : exactions, racket... et profits en perspective

 

L’impérialisme, des mercenaires, du sang, et des profits

 

 

TotalEnergies a décidé de relancer son mégaprojet gazier à 20 milliards de dollars au Mozambique. Il avait été arrêté en 2021 suite à une attaque djihadiste dans la région qui avait fait plus de 800 morts. D’après des ONG, à l’époque, Total a été complice de l’armée mozambicaine qui protégeait le site et y a tué et torturé des dizaines de civils. Depuis, Total a également réclamé 4,5 milliards de dollars à l’État mozambicain, un des États les plus pauvres du monde, en compensation pour le retard pris par le projet.

         Les grands groupes pétroliers ne reculent devant rien pour continuer leur pillage de l’Afrique !

Argenteuil, élections municipales, journal de campagne

 

Des difficultés identiques, une force collective à construire

 

 

« En discutant sur le marché il est frappant de constater que chacun évoque souvent les mêmes difficultés : des prix élevés, avec des salaires qui ne suivent pas, la difficulté de trouver du travail, un logement... Nombreux sont ceux qui sont en colère et qui ont bien conscience de ce qui se joue dans cette période. Une dame me disait par exemple : "ça va mal partout, le monde est en feu : Trump, Iran, Maroc, Russie... Ils vont envoyer les pauvres tuer d'autres pauvres et ça pour enrichir toujours les mêmes", les capitalistes.

         Néanmoins, c'est aussi la résignation qui est partagée par le plus grand nombre. On entend d'ailleurs souvent des remarques comme : « personne ne fait rien ! Les gens sont des moutons ! » On ne peut s’empêcher de penser que si tous ceux qui affirment cela se parlaient, ils se rendraient compte qu’ils partagent les mêmes conditions de vie et pourraient s’organiser ; le camp des travailleurs se ferait alors sans doute bien davantage entendre… »

 

Diffuser l’idée que seuls les travailleurs peuvent donner une solution à l’impasse du capitalisme

 

 

L’actualité a été marquée ces derniers jours par les nouvelles tensions guerrières entre les États-Unis et les dirigeants iraniens. Ici, elle est marquée par la montée du chômage, produit des multiples plans de licenciements qui sont annoncés depuis des mois.

         Cela rend dérisoires les promesses locales et autres orientations municipales en cas de succès de l’une ou l’autre liste le 22 mars prochain, qui sont très loin de ces questions essentielles pour l’avenir de la population d’ici elle-même. D’autant plus que ces listes en compétition sur le même plan de programmes « locaux » prétendent qu’il suffit de voter pour elles pour voir ces promesses se réaliser.

         Ce genre de promesses nourrit les désillusions de demain et désarme le monde du travail face aux menaces qui se multiplient.

         Au contraire, la priorité est d’armer les travailleuses et les travailleurs que nous aller rencontrer dans cette campagne en les convaincant de l’immense force qu’ils peuvent représenter demain pour donner une solution à leurs revendications et aux problèmes majeurs qui assaillent la société. DM

mardi 3 février 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 2 février 2026 : Minneapolis : vive la résistance et l’organisation de la population !

Minneapolis : vive la résistance et l’organisation de la population !

2/02/2026

En envoyant sa police de l’immigration, la sinistre ICE, dans les villes dirigées par des Démocrates, Trump croyait pouvoir brutaliser et déporter les immigrés en toute impunité, et flatter sa base d’extrême droite. Il croyait pouvoir dresser les travailleurs les uns contre les autres et mettre tout le monde au pas. Cela ne se passe pas comme prévu, et c’est tant mieux !

Oh, les bandes de nervis masqués et armés jusqu’aux dents ont semé la terreur, et ce n’est pas fini ! À Minneapolis, les 3 000 policiers de l’ICE ont envahi les rues et multiplié les arrestations violentes. Portes de maison défoncées en toute illégalité ; vitres de voitures brisées ; personnes jetées à terre et molestées, femmes enceintes et personnes handicapées inclues ; descente dans un lycée ; arrestation d’un enfant de cinq ans… Les cow-boys d’ICE ont multiplié les exactions.

Ils ont tué à bout portant une mère de famille de 37 ans, Renee Good, et un infirmier du même âge, Alex Pretti, qui tentaient tous deux de s’interposer et de protéger les immigrés. Ils les ont assassinés pour briser toute volonté de résistance. Mais celle-ci est là, et bien là !

La résistance qui gêne Trump et ses brutes racistes ne provient pas de la justice ou des autorités démocrates. Elle ne vient pas non plus des entreprises qui n’ont pas de scrupule à mettre à la disposition de l’ICE. Un des fleurons français des services informatiques, Capgemini, a ainsi signé un contrat de plusieurs millions via sa filiale américaine pour donner la localisation des immigrés aux gros bras de Trump !

La résistance vient de la population elle-même, des habitants, du voisinage, de femmes et d’hommes qui pourraient continuer leur vie en fermant les yeux, mais ne supportent pas tant d’inhumanité.

Pour discréditer Renee Good et Alex Pretti abattus par les policiers, Trump les désigne comme des « activistes et des professionnels de la rébellion » et même comme « de dangereux terroristes ». C’est grotesque et les images de ces meurtres filmés en direct le prouvent.

La réalité que le milliardaire de la Maison Blanche veut cacher, c’est que la solidarité, ça existe ! Le racisme, le mépris et l’individualisme crasse sont revendiqués en haut de la société et donnent le ton sur les plateaux télé. Mais dans les quartiers populaires où les travailleurs vivent toutes origines mélangées, des liens de voisinage, d’amitié et de solidarité se tissent au jour le jour. Et ces liens-là sont plus forts que la propagande xénophobe.

Les manifestations contre l’ICE se multiplient aux États-Unis, et elles rassemblent de plus en plus de jeunes. Mais la mobilisation va au-delà du fait de manifester. Ce sont des voisins qui se serrent les coudes et qui se protègent mutuellement, quelles que soient leurs origines et leur situation, malgré la peur.

Au quotidien, les habitants font le guet, avertissent du passage de la police à coups de sifflets, s’interposent, filment les arrestations, manifestent devant les centres de rétention. Ils vont rassurer et réapprovisionner ceux qui se terrent de peur d’être arrêtés et déportés à des milliers de kilomètres de leur famille. Cela ne met pas un terme aux arrestations d’immigrés, mais cela rend les rafles massives bien plus difficiles.

Pour nous ici, c’est la démonstration de ce que peuvent faire des femmes et des hommes ordinaires à partir de leurs propres moyens. Oui, face à l’arbitraire de l’État, à l’autoritarisme grandissant et aux coups patronaux, bien des choses sont en notre pouvoir, à condition de ne pas rester isolés et de nous organiser !

Il y a dans la société, bien plus de solidarité et de conscience que ce que l’on veut nous faire croire.

Aux États-Unis, mais ici aussi, de nombreux travailleurs ont compris que le racisme et les discours contre les étrangers et les musulmans n’ont qu’un but : diviser et affaiblir le monde du travail dans son ensemble. Les violences exercées contre les travailleurs immigrés servent à intimider tout le monde, à commencer par ceux qui auraient envie de revendiquer et protester contre toutes sortes d’injustices et contre l’exploitation.

C’est cette conscience d’être tous visés et de devoir réagir de façon unie qui peut nous protéger de l’évolution réactionnaire de la société. Car nous avons aussi ici, avec Retailleau, Le Pen et Bardella, nos propres petits Trump.

N’attendons rien de la justice ou des dirigeants politiques. Tout dépend de notre capacité d’agir.

Alors, partout dans le monde, mais aussi dans nos entreprises et nos quartiers populaires : vive la solidarité et le courage de ceux qui résistent à l’autoritarisme, au racisme, à l’exploitation !

                                                                     Nathalie Arthaud