lundi 2 février 2026

Chômage : fléau social en augmentation

 

Il y a urgence

 

 

Selon les derniers chiffres du chômage publiés par le ministère du Travail, le nombre travailleurs inscrits à France Travail est de 6 500 000, en augmentation de 6,8 % en un an. C’est une conséquence directe des nombreux plans sociaux recensés dans le pays et de la pression constante des patrons sur les emplois. S’y ajoute, pour cette année, l’inscription obligatoire des bénéficiaires du RSA.

         Ce maintien de plusieurs millions de travailleurs au chômage et dans des conditions sans cesse plus difficiles donne au patronat un moyen de pression sur les salaires et les conditions de travail de tous. Le chantage à l’emploi fait partie intégrante de l’arsenal des exploiteurs.

Éducation : des milliers de suppressions de postes

 Éducation : des milliers de suppressions de postes

Voté à coups d’article 49.3, et surtout avec l’assentiment du PS, le budget comporte la suppression de 4 000 postes d’enseignant. Cela n’a pas été mis en lumière alors que cela représente une attaque violente contre l’école.

Publié le 28/01/2026

 

Pour faire passer la pilule bien amère, Sébastien Lecornu prétend qu’en contrepartie il va créer 2 000 postes dans l’Éducation nationale, notamment pour accueillir les enfants en situation de handicap. C’est se moquer du monde ! Pour justifier la nouvelle ponction, le gouvernement invoque une baisse démographique. Mais la réalité est que depuis des années, le nombre d’enseignants face aux élèves diminue. Il s’agit d’une sorte de plan de licenciements qui ne dit pas son nom. Ainsi d’après le SNES, sur les huit précédentes rentrées, 8 865 emplois d’enseignant ont été supprimés dans le second degré public, alors même que 8 029 élèves supplémentaires étaient accueillis dans les collèges et lycées. Il faudrait donc à l’inverse recruter massivement pour retrouver les effectifs de 2017.

Comme dans l’ensemble des services publics, le gouvernement opère une véritable saignée, contribuant à dégrader les conditions d’apprentissage des enfants. C’est particulièrement vrai dans les communes populaires. De nombreux jeunes collégiens accumulent les lacunes en lecture et en mathématiques et les classes surchargées aggravent leur retard.

Le Parti socialiste feint contre toute évidence de voir des avancées dans ce budget ; en fait, il se montre complice de ces attaques. Les prétendus 2 000 postes créés sont un pur artifice comptable. Le précédent budget prévoyait la création de 1 200 postes d’AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap), le nouveau en prévoit 800 supplémentaires. Voilà comment on en obtient 2 000 sur le papier. En réalité, les besoins dans ce domaine sont immenses : neuf enfants en situation de handicap sur dix n’ont à ce jour le soutien d’aucun AESH. De plus, si le gouvernement prévoit d’en recruter davantage cette année, le Sénat vient de refuser de leur donner un statut de fonctionnaire qui leur permettrait d’obtenir une rémunération à plein temps et des perspectives d’augmentations. Aujourd’hui, une AESH gagne en moyenne 900 euros par mois. Pendant que le cirque parlementaire suit son cours la guerre sociale contre les classes populaires se poursuit.

                                                           Aline Urbain (Lutte ouvrière n°3000)

RN et collectivités locales : pour plaire à la bourgeoisie. Que le monde du travail l’ait en tête.

RN : pour plaire à la bourgeoisie

Profitant de la faible présence des députés à l’Assemblée, mercredi 14 janvier, le RN était fier d’avoir réussi à faire passer un amendement qui, au nom de la lutte contre le « mille-feuille territorial », rabote de 4,9 milliards le budget des collectivités.

Publié le 28/01/2026

Cette opération parlementaire est surtout symbolique car le gouvernement a la main sur le budget final. Reste que la remise en cause du « mille-feuille territorial » revient régulièrement sur le tapis et est l’occasion de rogner les dotations aux collectivités, alors que depuis les lois de décentralisation et différentes réformes, leur budget dépend presque pour moitié de l’État.

Cette décentralisation, qui a mis une partie des dépenses de l’État au compte des collectivités, a été une occasion de serrer les budgets, de favoriser la réduction des coûts, et de privatiser. Mais ce n’est jamais suffisant aux yeux des démagogues prompts à s’attaquer aux fonctionnaires et aux services publics.

Si l’amendement du Rassemblement national était finalement adopté, il entraînerait une vague de licenciements de travailleurs précaires embauchés par les collectivités ou de leurs salariés en CDI et une dégradation des services à la population alors que, déjà, des réductions d’effectifs sont annoncées dans les collectivités pour faire face aux difficultés budgétaires. Ce vote dénonçant notamment le nombre de travailleurs dans les services publics, quelles qu’en soient des conséquences pour la population, est bien dans l’esprit du RN qui, sous couvert de s’en prendre aux dépenses dites inutiles, veut démontrer à la bourgeoisie qu’il ne s’attaquera surtout pas aux cadeaux dont elle bénéficie de la part de l’État.

                                                   Inès Rabah (Lutte ouvrière n°3000)

 

Argenteuil, journal de campagne, lorsque des militants ont perdu de vue la classe ouvrière…

 

Des prolétaires sans lesquels la société s’arrête

 

Des Colis, mais combien de travailleurs pour les manipuler ?
 

Le cœur d’une discussion samedi avec une militante d’une des deux listes de gauche qui seront présentes lors des prochaines élections municipales à Argenteuil était éloquent pour comprendre les terrains bien différents sur lesquels, les uns et les autres, nous menons campagne.

         Pour notre part, nous considérons que dans cette société qui se trouve dans un profond cul-de-sac, ce sont les producteurs, le monde du travail, les travailleurs, qui offrent la seule issue. Ils font fonctionner la société, ils devraient la diriger en le faisant de façon rationnelle, et en la débarrassant de la loi du profit.

         Cette partisane m’a répondu : « Mais il n’y a plus de classe ouvrière ! ». Cela démontre comment la mémoire du terme lui-même s’est perdue dans les sables. Les ouvriers, ce ne sont pas uniquement ceux qui travaillent dans l’industrie, mais l’ensemble de ceux qui « œuvrent », la classe ouvrière.

         Quant à la classe ouvrière industrielle, elle n’a jamais été aussi nombreuse. Pour le voir, il suffit de regarder plus loin qu’avec ses lunettes nationales. L’on découvre alors qu’à la mondialisation capitaliste répond l’existence d’un gigantesque prolétariat mondial qui demain, uni autour du projet révolutionnaire, aura les moyens d’abattre le capitalisme. Certes si l’on en reste à une vision nationaliste, on ne voit rien et l’on ne comprend rien.

         Quant à ceux qui œuvrent ici, il suffit de passe deux heures à la gare d’Argenteuil dans le petit matin pour voir toutes les catégories de travailleuses et de travailleurs aller dans toutes les directions, là où l’activité les appelle pour faire fonctionner la société.

         Cette réalité du « camp des travailleurs », nous voulons la faire exister et entendre lors des élections municipales qui viennent. DM