dimanche 5 octobre 2025

Gaza : après deux ans de massacre, le plan Trump

Gaza : après deux ans de massacre, le plan Trump

Deux ans après le début de l’impitoyable guerre de destruction déclenchée par l’armée israélienne contre les Gazaouis, Trump a proposé le 29 septembre un plan de paix en vingt points.

Publié le 01/10/2025

 


Le plan Trump a été annoncé en présence du Premier ministre israélien Netanyahou qui, devant son parrain et principal fournisseur d’armes, n’a pu que l’approuver. Un plan de paix, quel qu’il soit, apparaît comme une lueur d’espoir pour les familles d’otages et les opposants à la guerre en Israël. Il pourrait offrir un répit provisoire à la population gazaouie affamée, contrainte de fuir sans cesse les bombes et privée de tout.

Ce plan équivaut à une reddition complète du Hamas, dont les dirigeants, au lendemain de l’annonce, ne s’étaient pas exprimés. Trump leur a laissé 72 heures pour donner leur réponse. En cas de refus de leur part, le président américain appuierait l’effort militaire israélien « pour finir le travail », selon les termes de Netanyahou. Comme si ce soutien avait jamais fait défaut un seul jour depuis le début de la guerre !

La première étape du plan de Trump propose l’arrêt immédiat des bombardements par l’armée israélienne suivi du retour de l’acheminement de l’aide humanitaire, sous le contrôle de l’ONU et du Croissant rouge, vers l’enclave soumise à une famine organisée. Dans la foulée, les derniers otages israéliens, vivants ou morts, devraient être libérés, avant que 250 prisonniers palestiniens condamnés à perpétuité par Israël ne le soient à leur tour, ainsi que 1 700 Gazaouis arrêtés depuis le 7 octobre, qui sont eux aussi des otages en quelque sorte.

À l’issue de cette première phase, les combattants du Hamas devraient choisir entre l’exil forcé vers un pays non défini, ou leur désarmement complet et leur soumission à l’autorité d’un « comité palestinien technocratique et apolitique » lui-même chapeauté par un « Comité de la Paix » présidé par Trump lui-même, flanqué de l’ancien Premier ministre travailliste britannique Tony Blair. Cela reviendrait ainsi à transformer le territoire de Gaza en protectorat dirigé par les grandes puissances occidentales et dans lequel les Palestiniens n’auraient pas leur mot à dire.

Au fur et à mesure du déroulement de ce plan, avec destruction des derniers tunnels et démilitarisation des ruines de Gaza, l’armée israélienne est supposée reculer de quelques kilomètres. En attendant qu’une très hypothétique Force internationale de stabilisation (ISF), qui reste à constituer, se déploie à Gaza, l’armée israélienne continuerait d’occuper une large partie du territoire pour un long moment : « notre armée restera dans la majeure partie de Gaza » a réaffirmé Netanyahou.

Le plan Trump ne reprend pas les exigences des plus extrémistes des dirigeants israéliens. Il rejette explicitement la déportation forcée des Gazaouis, un moment envisagé pour bâtir la « Riviera du Moyen-Orient » mais qui se heurtait à une dure réalité : les Gazaouis refusent obstinément de partir malgré les bombes tandis qu’aucun État, arabe ou pas, ne veut accueillir ces damnés de la terre qui risquent d’apporter avec eux le ferment de la révolte. Trump a également rejeté toute annexion par Israël, tant de la Cisjordanie occupée que de Gaza détruite. Pour obtenir le soutien des États arabes, son plan mentionne même l’hypothèse d’un futur État qui correspond à « l’aspiration du peuple palestinien ». Mais ces mots n’auront, pas plus que depuis 80 ans, le moindre effet sur la vie des Palestiniens réfugiés, enfermés ou colonisés.

Netanyahou a d’autant plus facilement approuvé ce plan que, même s’il était accepté par le Hamas, il lui laisse les mains libres. Depuis deux ans, il y a eu plusieurs cessez-le-feu effectifs et plusieurs plans de paix envisagés, sans que Netanyahou n’arrête ni sa fuite en avant guerrière ni le massacre à Gaza. Certes, pour ménager le Qatar, pays allié des États-Unis et qui sert de médiateur pour négocier avec le Hamas, Netanyahou a dû s’excuser d’avoir bombardé un immeuble de Doha qui abritait des chefs du Hamas. Quant à la ligne rouge fixée par Trump, ni annexion de la Cisjordanie ni colonisation de Gaza par des Israéliens, des objectifs difficiles à mettre en œuvre sans exterminer ou déporter les Palestiniens, elle permet à Netanyahou de tenter de calmer ses alliés d’extrême droite en s’abritant derrière le veto américain.

En attendant, pendant que Trump et Netanyahou se livraient à leur mise en scène devant les caméras de télévision, la guerre continuait à Gaza, avec des dizaines de morts chaque jour.

                                                     Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2983)

 

État d’esprit des travailleurs : des coups de colère qui pourraient se multiplier

 Stellantis – Rennes : coup de colère chez les caristes

À l’usine Stellantis de Rennes, le tri et le chargement des contenants vides dans les camions qui retournent chez les fournisseurs de pièces est sous-traité à GSF.

Publié le 01/10/2025

Depuis le début de l’année, Stellantis a réduit de moitié la surface de travail pour effectuer ces opérations qui se font avec des cars à fourche. Pour autant, le nombre de contenants n’a pas du tout diminué, bien au contraire. Avant, le chargement des camions se faisait dans une zone abritée par un auvent, maintenant c’est dehors, quelles que soient les conditions météorologiques ! Cette nouvelle zone de travail, trop petite et en partie non protégée, a considérablement dégradé les conditions de travail des caristes GSF. Les risques d’accidents, collisions, glissades sur le sol mouillé sont permanents.

En plus de cela, en comparant avec les CDI, les caristes en CDD ont découvert que GSF ne tenait pas compte de leur qualification de cariste sur leur fiche de paie. Comme les demandes à leur hiérarchie restaient sans réponse depuis des semaines, la dizaine de caristes GSF de l’équipe du matin ont décidé de se mobiliser jeudi 25 septembre après en avoir discuté avec des militants du syndicat CGT Stellantis qui passaient dans leur secteur. Ils ont refusé de reprendre le travail après leur pause tant qu’un responsable de GSF ne viendrait pas s’expliquer devant eux.

Ce sont d’abord l’ingénieur sécurité, puis le DRH de Stellantis, qui sont venus voir ce qu’il se passait. Devant le refus des caristes de reprendre le travail, le DRH a fait venir les responsables GSF de l’agence de Rennes. Ceux-ci ont dû donner des gages sur l’amélioration de la sécurité et promettre de revoir les fiches de paie des CDD pour que la colère s’apaise.

Ceux qui s’estimaient jusque-là les « bagnards » de l’usine sont fiers d’avoir fait peur à leur patron et à la direction de Stellantis.

                                              Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2983)

Argenteuil, « les trotskystes à l’usine », projection-débat jeudi 9 octobre de la vidéo réalisée sur l’activité et l’engagement du groupe de militants Lutte ouvrière de la Snecma – Gennevilliers, 1971-2019

Pour eux, une classe ouvrière luttant contre l’exploitation

 

 

Ces militants sont aujourd’hui tous à la retraite. À la retraite mettant fin à l’exploitation certes, mais certainement pas pour cesser une activité militante que certains poursuivent dans la région, et d’autres dans des villes de province.

         J’ai côtoyé de l’extérieur de très près cette activité, en distribuant le bulletin Lutte ouvrière de l’entreprise, et pour d’autres tâches, en particulier durant la grève de 1988.

         Entrés jeunes dans l’entreprise ou gagnés à nos idées à l’intérieur de celle-ci, ils formèrent un véritable groupe. Ils furent la hantise des dirigeants de l’usine de Gennevilliers, étant de tous les combats, individuels et collectifs, durant des décennies. Ils s’opposèrent aux façons de faire des bureaucraties syndicales, ils défendirent les perspectives communistes, révolutionnaires, et internationalistes.

         Pour eux, il n’y avait qu’une classe ouvrière, au-delà des statuts, de la qualification, d’appartenance à l’entreprise ou aux entreprises extérieures, quelles que soient les convictions de chacun sur bien des sujets.

         À l’occasion de notre dernière fête de Presles, une vidéo de moins d’une heure a été réalisée sur leur aventure. Venez à sa projection jeudi 9 octobre à 19 heures 30 à l’espace Nelson Mandela, 82 avenue du Gl Leclerc à Argenteuil. Le débat qui suivra sera animé par plusieurs de ces militants. Pour cette soirée-débat très intéressante, nous vous y attendons nombreux. DM

 

Argenteuil, œuvres « sociales » en direction des habitants, semaine bleue et autres, si peu connues de la masse des habitants, ici en l’occurrence des anciens

 

Rappel utile : « Qui trop embrasse mal étreint »

 

 

Semaine bleue, semaine rose, les semaines à thème défilent les unes après les autres à la Ville d’Argenteuil quand elles ne se chevauchent pas. Cela montre l’activité des services, mais cela donne parfois l’impression d’une organisation globale brouillonne, gâcheuse d’énergie, et finalement à la « rentabilité » sociale faible, voire très faible.

         Pour la « Semaine bleue » qui me concerne tout de même - je suis vieux, elle a commencé depuis jeudi dernier. « Ensemble, bien dans son âge, bien dans son territoire. Cette semaine constitue un moment privilégié pour : valoriser la place des aînés dans notre société et l’importance des liens intergénérationnels ; mettre en lumière les contributions de tous les seniors, quels que soient leur âge et leur niveau d’autonomie, à la vie économique, sociale et culturelle de notre pays ; insuffler un nouveau regard sur le vieillissement, renforcer les liens entre les générations et nourrir la solidarité auprès des plus fragiles. » Rien de moins que ces trois objectifs. Ambitieux !

         Cela laisse quelque peu dubitatif. Je pense en particulier à ces milliers d’anciens qui échappent totalement aux mailles des réseaux par lesquels passe cette action fondamentale des collectivités locales en direction des anciens. Pour preuve, le nombre faible d’inscrits au registre des colis de fin d’année dont le nombre ne représente qu’une proportion minoritaire des ayants-droits, c’est-à-dire âgés de plus de 65 ans. Sur un autre plan, pour ce qui est de l’Université Inter Âges, on aimerait connaître les efforts pour y intégrer d’autres tranches d’âge, la jeunesse des lycées en particulier, ce qui serait possible. Etc.

         Au lieu de l’affirmation de grands objectifs qui resteront pour l’essentiel lettre morte, on préfèrerait des données précises sur la situation actuelle à Argenteuil, les problèmes rencontrés, relevant de ces différents objectifs vers lesquels il faudrait aller.

         Pour finir, puisque l’on parle d’être bien dans son « territoire », le rendez-vous pour la projection du film « La promesse de l’aidant » de demain a été déplacé, de l’auditorium de l’hôtel de ville au théâtre Sochon sis aux abords de la cité Irène et Joliot-Curie. C’est mieux certes pour les anciens de cette cité, mais je doute qu’ils soient au courant. Quant aux autres, intéressés, relevant des autres quartiers, on indique bien l’autobus nécessaire pour s’y rendre, mais on peut craindre là que cela décourage totalement les spectateurs potentiels venant d’ailleurs. DM