mercredi 25 juin 2025

Argenteuil, Bezons, la crise du bailleur AB-Habitat continue aux dépens des locataires.

 

La seule voie : la réorganisation de l’union des locataires

 

Tract de la CGT-Indécosa, section « consommateurs » de la CGT, UL d’Argenteuil, Espace Nelson Mandela

Le bailleur dit « social » historique d’Argenteuil-Bezons, AB-Habitat, est en difficulté financière. Plusieurs millions de déficit l’an passé. Pourtant le montant des loyers a augmenté de plus de 3% en début d’année. Pourtant, les locataires qui ont supporté des hausses successives importantes se plaignent du peu d’entretien des cités du parc de ce bailleur, et encore moins de l’intérêt du bailleur à leur égard.

         Certes ce dernier pourra toujours trouver des raisons à la situation du côté du désengagement de l’État à l’encontre du logement social. Mais bien des éléments de la crise d’AB-Habitat relèvent de son propre fonctionnement. Depuis des années, ce bailleur de plus de 12000 logements connaît une situation de crise au niveau de sa « gouvernance » comme on dit maintenant. Une suite de membres de la direction qui arrivent et qui s’en vont vite. Des rapports très conflictuels au sein du conseil d’administration. Un rôle des maires successifs concernés très discutable pour le moins Des problèmes divers pesant sur la trésorerie tel celui de la cité du Château qui n’avance toujours pas, la lenteur des attributions, des opérations hasardeuses tel cet immeuble ancien de l’angle de la rue Paul-Vaillant Couturier et de l’abbé Fleury à Argenteuil s’enfonçant et risquant de s’effondrer, toujours vidé… après plusieurs années. Etc.

         Et pendant ce temps, les locataires des milieux populaires d’ABH paient et voient leurs cités se dégrader. Mais c’est de ce côté-là, par leur mobilisation qu’est le seul espoir de la solution. DM

mardi 24 juin 2025

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 23 juin 2025

À bas la guerre impérialiste contre l’Iran !

23/06/2025

 

Il y a de quoi être inquiet et révolté par la guerre qui s’étend au Moyen-Orient. Inquiet et révolté pour le sort des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, pour celui des Libanais, des Syriens, des Iraniens…

Et il faut s’inquiéter, aussi, pour notre propre avenir. Car l’entrée en guerre des États-Unis contre l’Iran, derrière et au côté d’Israël, est une nouvelle étape vers la guerre généralisée. En bombardant les sites nucléaires iraniens et en étalant une puissance de feu inédite, Trump a accéléré l’engrenage qui mène à la guerre mondiale.

Le but affiché de la guerre contre l’Iran est de l’empêcher de se doter de la bombe atomique. Aux dires des dirigeants occidentaux, cela constituerait une menace existentielle pour Israël, le Moyen-Orient et le monde entier. Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage !

Avec leur propre armement nucléaire, États-Unis, France et Grande-Bretagne ont de quoi faire sauter toute la planète. La seule puissance ayant jamais fait usage de la bombe atomique, ce sont les États-Unis, en août1945, contre le Japon prêt à capituler. Israël, dont les dirigeants actuels procèdent à un génocide à Gaza, dispose de larme nucléaire, sans avoir jamais adhéré au traité de non-prolifération. Et c’est de l’Iran dont il faudrait avoir peur ?

Qui s’est retiré de l’accord de Vienne signé par Obama en 2015 par lequel Téhéran s’engageait à réduire ses activités nucléaires en échange d’une levée progressive des sanctions internationales ? Trump, en 2018 !

En réalité, Trump profite de la situation créée par la politique guerrière de Netanyahou pour faire plier un des derniers régimes qui lui résistent dans la région. Ce n’est pas la dictature théocratique qu’il exerce sur son peuple qui gêne les États-Unis. Voyez comment ils sont amis de l’Arabie saoudite, ce régime féodal qui vient d’exécuter un journaliste !

La république islamique est la bête noire des États-Unis parce qu’elle s’est imposée en renversant le régime du shah pro-américain et que les mollahs n’ont jamais accepté de se soumettre entièrement à leurs ordres.

Contrairement à ce que martèlent les médias, cette guerre ne rendra pas le monde plus sûr ni plus juste, et elle ne garantit en aucun cas un monde de paix. Pour le comprendre, il suffit de voir comment l’Irak a été détruit par la guerre des États-Unis et le chaos qui y règne, tout comme en Libye. 

Ces bombardements et ce nouvel élargissement de la guerre impérialiste sont criminels. Solidarité avec les populations iranienne, palestinienne, libanaise, mais aussi israélienne, qui sont prises sous un déluge de feu et comptent leurs morts !

Le plus révoltant est de présenter Israël et les États-Unis comme les libérateurs des Iraniens. Comme si un peuple pouvait être libéré par les bombes qui lui tombent sur la tête !

La population iranienne, les femmes, mais aussi les travailleurs confrontés à des conditions de vie de plus en plus dures, ont montré depuis des années une combativité extraordinaire. Beaucoup rêvent de faire tomber ce régime, l’un des plus dictatoriaux au monde. Mais depuis une semaine, ils sont accaparés par leur propre survie, réduits au silence, et plus que jamais livrés à la répression.

Le monde « libre » et « démocratique » vanté par Trump et Netanyahou est un monde dans lequel les peuples n’ont pas leur mot à dire. Trump s’est fait élire pour faire la paix, et voilà qu’il jette son pays dans la guerre ! Les Israéliens, eux, se sont réveillés, le 13 juin, en découvrant que leur gouvernement avait décidé de frapper l’Iran et qu’ils allaient le payer.     

Croire qu’un Netanyahou ou un Trump peuvent stopper l’engrenage guerrier en écrasant militairement leur ennemi serait une erreur. Les Israéliens sont victimes des tirs de riposte iraniens. Des Américains le seront peut-être demain. Et qui peut dire que nous ne serons pas, nous-mêmes ici, les victimes collatérales de cette guerre impérialiste, soutenue par Macron ?

D’étape en étape, on se rapproche de la guerre mondiale. Poutine, Trump et Netanyahou ont fait parler les armes pour assurer leur domination. En étalant leur force militaire, leurs bombardiers et leurs sous-marins ultrasophistiqués, les États-Unis ont lancé un avertissement à la Chine.

Mais la supériorité militaire affichée par Israël et les États-Unis ne met pas fin aux rivalités entre puissances. Tôt ou tard, leurs concurrents chercheront à remettre en cause ce nouveau rapport de forces, par les armes aussi.

Toutes ces sales guerres sont menées contre nous tous. Il faut combattre les pyromanes qui les provoquent, à commencer par nos propres dirigeants et leur système.

                                                                           Nathalie Arthaud

 

Dassault : quand la CGT soutient la production d’armement

 

Dassault : quand la CGT soutient la production d’armement

Au nom de la défense de l’emploi, la CGT comme le PCF ont toujours soutenu la production d’armement dans le cadre de l’économie capitaliste.

Publié le 18/06/2025 


Un exemple parmi d’autres : la défense du Rafale. Déjà, un numéro de la revue de la CGT, La Vie ouvrière spéciale impôts, largement diffusée, avait comporté une double page centrale vantant les mérites de cet avion. Chacun sait en effet qu’il s’agit d’un achat habituel dans les familles ouvrières ! Dans les années 1970/80, les militants PCF et CGT s’employaient à faire la promotion du Rafale « franco-français » dans toutes les usines Dassault, pétition illustrée d’un avion tricolore à la main. Et dans un tract distribué fin janvier à l’usine de Cergy, la CGT se vantait d’avoir eu une influence sur les choix de l’avionneur : « Acheter un Rafale, c’est garder sa souveraineté. »

On assiste actuellement à une campagne similaire avec le futur avion de combat « SCAF ». Bien que Dassault en soit le maître d’œuvre, la CGT redoute, comme le PDG Trappier, que les gouvernements allemand et espagnol ne soient pas aussi bien disposés à financer le projet que ne l’est l’État français.

Bien sûr, ces arguments pèsent dans la conscience des travailleurs de l’entreprise. Mais ce qu’ils défendent avant tout, c’est leur emploi et pas nécessairement ce qu’ils produisent !

                                             Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2968)

Irlande du Nord : l’extrême droite derrière les émeutes racistes

 Irlande du Nord : l’extrême droite derrière les émeutes racistes

Lundi 9 juin à Ballymena, en Irlande du Nord, après l’inculpation de deux adolescents d’origine roumaine pour tentative de viol, une marche blanche a dégénéré en attaques violentes contre les domiciles de travailleurs immigrés.

Publié le 18/06/2025

Les violences se sont étendues les nuits suivantes à plusieurs autres villes, dont Belfast, la capitale. Sous prétexte de solidarité avec une victime d’agression sexiste, les émeutiers ont jeté des pierres et des cocktails Molotov sur des maisons habitées non seulement par des Roms récemment installés mais aussi par des travailleurs européens et asiatiques embauchés depuis des années comme « premiers de corvée » à l’abattoir ou à l’usine, en supermarché ou en Ehpad. La police, après avoir laissé faire, a fini par procéder à des arrestations, une fois devenue elle-même la cible des hooligans. Dans l’espoir de sauver leur peau, des familles ont affiché sur leur porte un drapeau britannique, d’autres ont fui précipitamment, tandis que des voitures et des commerces étaient également incendiés.

L’Irlande du Nord, province la plus pauvre du Royaume-Uni, est une poudrière. Travail précaire, délabrement des services publics : les problèmes sociaux y sont décuplés. Et si les étrangers n’y représentent pas plus de 4 % de la population, ils sont les boucs émissaires d’une extrême droite qui surfe sur la colère sociale en la détournant du véritable responsable de la misère, à savoir la bourgeoisie. Prenant une pose outragée, la ministre travailliste de l’Irlande du Nord a dénoncé des « violences insensées ». Mais le gouvernement Starmer qui, à l’instar de son prédécesseur conservateur, traite chaque migrant comme un criminel en puissance, est coupable lui aussi de ces exactions.

Ces émeutes visant à terroriser les travailleurs d’origine étrangère font écho à celles qui, en août 2024, avaient éclaté à Belfast – et dans une trentaine de villes anglaises – suite au meurtre au couteau de trois fillettes près de Liverpool par un jeune déséquilibré d’origine rwandaise. Elles rappellent aussi les attaques anti-migrants qui ont touché Dublin, capitale de la République d’Irlande, à plusieurs reprises depuis l’été 2023. À chaque fois, les rumeurs les plus folles au sujet des migrants, accusés de tous les maux à partir de tel ou tel drame monté en épingle, ont été répandues par la « fachosphère » via les réseaux sociaux. La mobilisation sur le terrain de militants d’extrême droite a fait le reste, les nombreux jeunes désœuvrés et prêts à en découdre constituant une masse de manœuvre hautement inflammable.

En Irlande du Nord, outre la main de l’agitateur britannique d’extrême droite Tommy Robinson, récemment sorti de prison, il est aisé de deviner celle des gangs unionistes, ces protestants fanatiques et mafieux, champions du maintien de la province au sein du Royaume-Uni : ils n’ont eu qu’à ressusciter les méthodes abjectes utilisées maintes fois entre 1968 et 1998 pour terroriser la population catholique. Liés plus ou moins discrètement à eux, les politiciens unionistes qui propagent la haine xénophobe en continu sont évidemment eux aussi responsables du récent déchaînement de violence. Il a suffi d’un post de l’un d’eux (le ministre chargé des questions sociales au sein du gouvernement de la province) pour révéler aux pogromistes l’adresse du centre de loisirs où s’étaient réfugiées les victimes des premières attaques, et offrir ainsi une nouvelle cible à leur rage.

Des rassemblements ont eu lieu pour dénoncer les agressions contre les travailleurs immigrés et leur famille. Reste que le terreau sur lequel prospèrent les apprentis fascistes est celui du capitalisme pourrissant, de plus en plus fertile. Les jeunes révoltés doivent trouver une issue et elle ne peut être que dans la révolution sociale.

                                                    Thierry Hervé (Lutte ouvrière n°2968)