La
guerre économique qu’ils veulent nous faire payer
21/04/2025
Après avoir annoncé des hausses
astronomiques des droits de douane pour la planète entière, Trump a décidé une
pause de trois mois… sauf pour la Chine. Les commentateurs de tous les pays essayent
de deviner quelle est sa stratégie, mais Trump sait-il lui-même ce qu’il veut
faire ?
La guerre commerciale n’a jamais
cessé. Elle est inséparable du capitalisme. Et la plus grande puissance
économique mondiale a pris l’initiative de faire monter d’un cran les tensions
commerciales.
Les yo-yo des cours des Bourses
du monde illustrent à quel point l’économie est dans le marasme. Christine
Lagarde, la dirigeante de la Banque centrale européenne, reconnaît elle-même
que le brouillard économique est presque total. Et il n’y a pas que la finance
qui est touchée. Depuis les annonces de Trump, 70 % des exportations
chinoises vers les États-Unis ont été stoppées ou annulées. Et les grands
armateurs mondiaux se demandent s’ils doivent supprimer ou non des escales de
leurs navires en Chine. La guerre commerciale menace de se transformer en crise
économique et en recul de la production.
Tous les gouvernements du monde
tentent de réagir aux mesures américaines, chacun pour le compte de ses
capitalistes, et tous participent à cette aggravation de la guerre commerciale
dont ils savent qu’elle peut dégénérer en affrontement armé. Et tous ont comme
premier réflexe de faire payer leur propre population !
Le gouvernement français veut
trouver 40 milliards d’euros. Les travailleurs sont les premiers visés. Il va
prendre dans leur poche par de nouveaux impôts ou de nouvelles taxes, et
s’attaquer de nouveau aux budgets des services publics utiles à la population.
C’est ce qu’il faut comprendre quand il dit qu’il va s’en prendre aux
« niches fiscales » ou quand la ministre des Comptes publics, Amélie
de Montchalin, dit vouloir « supprimer ce qui est inutile ».
Ce ne sont pas le petit boulanger
ou le petit artisan qui profiteront des milliards récoltés par l’État. Eux
aussi sont étranglés par les impôts et les banques, et le nombre de faillites
de petites entreprises augmente chaque mois.
Les 40 milliards que l’État veut
récupérer en étranglant les classes populaires serviront à soutenir les groupes
industriels de l’armement, comme Thales et Dassault, de l’automobile comme
Stellantis et Renault, du luxe comme LVMH et Hermès,… et les grandes banques.
Si les marchés à l’international se réduisent, l’État passera lui-même des
commandes à ces grandes firmes ou subventionnera leurs exportations pour
compenser les droits de douane à payer. Et dans les entreprises, ces grands
groupes trouveront le moyen de baisser encore les salaires et d’intensifier
l’exploitation, au nom de la compétitivité.
La « défense de l’industrie
française » dont parle le gouvernement n’est pas la défense des emplois
des travailleurs, mais celle des profits du grand patronat. Et tous les partis,
du Rassemblement national à la gauche, sont complices de ce mensonge.
Le ministre de l’Économie en a
appelé au « patriotisme des patrons ». C’est une manœuvre pour
laisser croire aux travailleurs qu’ils ne sont pas les seuls à payer. En
réalité, le grand patronat fera comme il le décidera et investira où bon lui
semble. Bernard Arnault, le milliardaire du luxe, patron de LVMH, a dit que si
les accords économiques entre l’Union européenne et les États-Unis ne le
satisfont pas, il investira aux États-Unis. Les patrons des groupes
pharmaceutiques européens, dont le français Sanofi, ont menacé d’en faire
autant si les services de santé publique n’achètent pas plus cher leurs
médicaments.
Pour défendre leur droit au
travail et à un salaire décent, les travailleurs ne peuvent compter que sur
eux-mêmes, c’est-à-dire sur leurs luttes collectives, sur la lutte de classe
contre la grande bourgeoisie. Et ce combat ne pourra leur garantir une vie
digne que s’il est mené jusqu’au bout, jusqu’au renversement de la classe
capitaliste.
La science et les techniques ne
cessent de progresser. Les moyens de produire se sont encore accrus. Jamais l’humanité
n’a eu autant de moyens techniques qui permettraient de satisfaire les besoins
de tous. Mais il n’y a plus rien à attendre de la classe capitaliste qui les
possède.
Les méthodes de Trump, sa
politique imprévisible et ses retournements montrent à quel point cette classe
sociale est incapable de maîtriser sa propre économie. Seuls les travailleurs
de tous les pays peuvent ouvrir une perspective, s’ils renversent le pouvoir de
leurs exploiteurs, les exproprient et organisent l’économie en planifiant la
production en fonction des besoins de tous.
Nathalie
Arthaud