À droite : surenchère
réactionnaire
La concurrence Darmanin, Wauquiez, Retailleau pour
porter les couleurs de la droite à la prochaine élection présidentielle donne
lieu à un feu d’artifice de propos toujours plus réactionnaires et
provocateurs.
Publié le 16/04/2025
Pour ne parler que de la deuxième semaine d’avril,
lorsque Retailleau propose de donner le droit aux policiers de fouiller les
portables, Darmanin réplique en assurant : « Je construis deux fois moins
cher et trois fois plus vite ». Ce joyeux maçon parle évidemment de
prisons, pas de logement social. Wauquiez, qui avait déjà surpris jusque dans
son camp en proposant de déporter les étrangers en attente d’expulsion à
Saint-Pierre-et-Miquelon, surenchérit et parle de proscrire les associations «
pastèques », vertes à l’extérieur, rouges à l’intérieur, qui sapent l’ordre
social et vivent de subventions publiques. On s’attend à ce que l’un ou l’autre
finisse par proposer la réouverture du bagne de Brest, le rétablissement des
châtiments corporels voire celui de la peine de mort. Et, les trois en chœur,
de demander qu’on durcisse les condamnations des mineurs, de vomir sur
l’Algérie et les Algériens, de proposer de revenir sur le droit du sol, de
délirer sur le voile islamique dans le sport, de garantir la sainteté a priori
des forces de répression etc.
Ce concours, relayé tant et plus par les médias,
en particulier évidemment ceux de Bolloré, parrain et protecteur de tout ce qui
sonne réactionnaire dans ce monde, empuantit l’atmosphère. Ces discours
recèlent des mesures concrètes contre la fraction immigrée, avec ou sans
papiers, de la classe ouvrière. Cette démagogie, censée plaire à une fraction
de l’électorat, contribue à propager des ferments de division entre
travailleurs, suivant la nationalité, la situation, la religion. Cette spirale
réactionnaire dirigée au fond contre la classe ouvrière, ne peut être
réellement combattue que par elle, sur le terrain de la lutte de classe.
Paul Galois (Lutte ouvrière n°2959)