Gaza :
massacre sous les yeux du monde
Après
avoir visité Le Caire en compagnie de son ami le dictateur al-Sissi,
Macron a téléphoné le 14 avril au président de l’Autorité palestinienne,
Mahmoud Abbas, puis le 15 à Netanyahou.
Publié
le 16/04/2025
Le
président français, se glissant dans les pas de Chirac, a joint sa voix au
concert des puissances occidentales qui, du bout des lèvres, dénoncent la guerre
sans fin menée par l’État israélien à Gaza.
Tout
cela n’est qu’hypocrisie. Sans aller jusqu’aux révoltantes provocations
trumpistes appelant les Gazaouis à accepter son plan de reconstruction d’une
riviera orientale où « ils seraient heureux », les chefs d’État
européens renvoient dos-à-dos le pouvoir israélien et les miliciens du Hamas,
alors que le cessez- le-feu a été délibérément rompu par l’état-major israélien
et que, depuis le 18 mars, les bombardements et les raids terrestres ont
repris, terrorisant une population de deux millions de Palestiniens sans le
moindre refuge, privés de tout.
En
coulisse, des officiels européens avouent leur impuissance. Alors qu’une
nouvelle proposition de trêve était évoquée par l’État hébreu, son armée
bombardait le 15 avril un des derniers hôpitaux encore un peu
fonctionnels, à l’ouest de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Les
attaques aériennes ont encore fait 40 morts en deux jours, portant le
bilan de Gazaouis tués depuis le début de la guerre à plus de 53 000.
Macron
s’est livré à une comédie diplomatique en évoquant une possible reconnaissance
d’un État palestinien en juin, mais à la condition que l’Iran reconnaisse de
son côté Israël. Autant dire qu’il ne s’agit que d’une déclaration sans
engagement ! Pendant ce temps, l’armée israélienne continue de prendre le
contrôle de 20 % de l’enclave de Gaza, et d’en expulser ses habitants. Gaza,
déjà réduit à un champ de ruines, est de plus en plus transformé en camp de
concentration, avec le soutien ouvert ou hypocrite des grandes puissances
occidentales.
Viviane Lafont (Lutte ouvrière
n°2959)