mercredi 16 avril 2025

Argenteuil, une Vallée aux fleurs attaquée par des choix fort discutables

 

Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il s’agissait d’une vallée de larmes, mais…

 

 

Elle avait grise mine cette année. Placée après le marché, il fallait être au courant qu’elle avait lieu. Au point, qu’un commerçant de fleurs s’est senti obligé dimanche matin d’aller en embuscade au début du grand marché pour informer.

         De son côté, elle qui dispose de réels moyens en la matière, quel travail d’information la municipalité a-t-elle fait pour que cet évènement obtienne le succès d’antan ?

         On ne peut vraiment pas être à la foire aux lys monarchiques et au moulin à eau bénite, et à la réalisation de ce bel évènement.

         On espère que la municipalité va vite aller se confesser pour cet échec. Elle doit disposer actuellement tout de même d’une priorité au confessionnal. DM

Argenteuil, circulation et transit. Un retour en arrière nécessaire.

 

Élémentaire, mon cher édile !

 

Sinon, embouteiller un peu plus l’A15, y compris pour des Argenteuillais ?

La municipalité d’Argenteuil combat le transit de la ville par le Centre venant des quartiers périphériques mais également des communes du Val d’Oise par la Côte du Fort et la route de Cormeilles. Mais elle s’est faite il y a plusieurs années elle-même un mauvais coup sur ce plan en rendant payant les grands parkings de la gare du Val d’Argenteuil, sans doute pour ne pas faire de la concurrence facile avec le parking couvert Indigo de cette gare, du côté du quartier du Val-Sud cette fois. Cette gratuité permettait que des automobilistes s’y garent, et prendre le train pour rejoindre le travail, et réduisent ainsi le nombre de voitures transitant par le Centre.

         Il reste donc simplement à la municipalité d’Argenteuil de revenir en arrière, en rendant à nouveau gratuit ce parking. DM

mardi 15 avril 2025

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 14 avril 2025

 Notre seule protection : l’expropriation des capitalistes !

 Publié le 14/04/2025

 

 

La chute des Bourses américaines a forcé Trump à décréter une pause dans sa guerre commerciale tous azimuts. Les taxes imposées aux entreprises européennes n’augmenteront, pour l’instant, que de 10 %. Cela a soulagé les dirigeants européens. Mais l’escalade douanière est lancée. 

L’acier, l’aluminium et les voitures importés aux États-Unis restent taxés à 25 %. L’affrontement entre les États-Unis et la Chine continue de faire rage, et les dirigeants européens craignent que, faute de débouchés, les marchandises chinoises se déversent sur le marché européen. Et alors que l’UE taxe déjà les voitures chinoises à 35 %, nombre de gouvernements demandent un relèvement des autres droits de douane. 

En France, presque toutes les écuries politiques mettent en avant le protectionnisme, promettant une réindustrialisation du pays et le souverainisme. Y compris le Rassemblement national et la France insoumise ou le PCF, alors qu’ils sont censés s’opposer sur l’échiquier politique. 

Et sur qui comptent-ils pour « protéger » le pays ? Sur les capitalistes ! Sur Michelin, Sanofi, Stellantis qui suppriment des emplois et ferment des usines aussi facilement que l’on jette un kleenex à la poubelle ! Car il n’est évidemment pas au programme du RN d’enlever le pouvoir économique des mains de la bourgeoisie. Et il ne l’est pas davantage à celui de LFI ou du PCF.  

Alors que la guerre économique s’intensifie, les politiciens proposent donc aux travailleurs de s’en remettre à ceux qui les exploitent et propagent la misère dans le pays. Et il en va de même de toutes les confédérations syndicales. Eh bien, on peut être sûr que cette politique accouchera de nouveaux coups contre les travailleurs !  

Derrière le mot protectionnisme, les travailleurs et les capitalistes ne mettent pas du tout la même chose. Les travailleurs voudraient protéger leur emploi et leur salaire. Les capitalistes veulent protéger leurs débouchés, leurs profits, leurs sinécures et leurs privilèges, toujours faits sur le dos des travailleurs.  

Nombre de patrons sont à l’abri de la concurrence internationale. C’est le cas de la grande distribution ou du bâtiment. Mais y-a-t-il moins d’exploitation chez Carrefour, Auchan ou Bouygues ? Est-ce que les travailleurs y sont plus à l’abri des licenciements, de la précarité et des bas salaires ? Est-ce que les besoins de la population en logements sont satisfaits ? Certainement pas. 

Quant aux grands groupes capitalistes confrontés à la concurrence internationale, ils sont bien hypocrites quand ils demandent plus de protectionnisme ! Celui-ci doit toujours aller à sens unique, c’est-à-dire dans le sens de leurs intérêts.

Ils critiquent le protectionnisme de Trump mais en réclament pour l’Europe. Ils veulent que l’État protège leur marché national, mais veulent aussi avoir le droit « de manger dans la gamelle du voisin », comme l’avait dit l’ex PDG de Stellantis. 

Le protectionnisme n’est pas la fin de la guerre commerciale, c’est son accentuation. Pour les travailleurs, il entraînera des prix plus élevés, une pression toujours plus grande pour être plus compétitifs. Pour le grand patronat, ce sera de nouveaux cadeaux fiscaux et de nouvelles subventions au prétexte d’aider les entreprises françaises.   

Cette guerre économique n’est pas la nôtre, car ce système n’est pas le nôtre. Dans le cadre du capitalisme, la bourgeoisie oriente toutes les politiques économiques pour ses intérêts exclusifs qui sont à l’opposé de ceux des travailleurs. 

Croire que les capitalistes français pourraient s’intéresser à l’intérêt collectif et à l’avenir de la planète est ridicule. Ils investiront là où ils espèrent le plus de profits, comme ils l’ont toujours fait. Ils ne sont patriotes que de leur coffre-fort, qu’ils préfèrent placer dans des paradis fiscaux. 

Brandir le souverainisme et agiter le nationalisme pour faire croire qu’en se barricadant derrière des frontières, les travailleurs auraient leur mot à dire sur l’avenir de la société est une tromperie. Tant que les capitaux c’est-à-dire le pouvoir économique et politique seront concentrés entre les mains de la classe capitaliste, les seuls souverains seront les Mulliez, Arnault, Bolloré, Saadé… 

Pour réorganiser l’économie sur des bases rationnelles et faire en sorte qu’elle réponde aux besoins des hommes et prenne soin de la planète, il faut détrôner ces rois modernes, c’est-à-dire les exproprier et leur prendre le pouvoir politique. 

Cette révolution ne pourra se faire qu’au travers des luttes de travailleurs qui se propagent à l’échelle internationale. Alors, à l’opposé du nationalisme et de la politique de division patronale, à l’opposé de tous ces dirigeants capables de nous embarquer dans une nouvelle guerre mondiale, faisons nôtre l’appel de Karl Marx : « Prolétaires de tous les pays unissons-nous ! »

                                                                    Nathalie Arthaud

États-Unis Canada : la guerre commerciale et ses conséquences pour la classe ouvrière

États-Unis Canada : la guerre commerciale et ses conséquences pour la classe ouvrière

La guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada commence à avoir des conséquences concrètes pour les travailleurs des deux pays. Stellantis a mis au chômage technique les 4 500 salariés de son usine d’assemblage de Windsor, au Canada, à quelques kilomètres de la ville américaine de Detroit.

Publié le 09/04/2025

La même firme a mis à l’arrêt sa production à Toluca, au Mexique, pour un mois, et elle licencie 900 travailleurs aux États-Unis. Les travailleurs de l’usine Ford de Windsor s’attendent également à ce que leur usine soit mise à l’arrêt.

Depuis trente ans, le Canada participait à une zone de libre- échange avec les États-Unis et le Mexique, et un accord commercial sur l’automobile avec les États-Unis était en vigueur depuis 1965. Ce secteur est donc très intégré entre les deux pays, les pièces et les véhicules franchissant la frontière plusieurs fois. Par exemple, certains Ford F-150 sont équipés de moteurs construits au Canada, avec des pièces fabriquées au Mexique, pour des véhicules ensuite assemblés dans le Michigan ou le Missouri. Or, des droits de douane de 25 % sur les véhicules, sur l’acier et sur l’aluminium importés sont entrés en vigueur aux États-Unis. Le Canada y vend 1,6million de véhicules, soit 93 % de sa production, et il en importe 2millions. Au Canada, lautomobile emploie directement 125 000 salariés et indirectement 500 000 autres. Et le pays sattend à des droits supplémentaires sur les médicaments, le bois et les semi-conducteurs.

Le nouveau Premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé une riposte avec des droits de douane équivalents. Face à cette guerre commerciale et aux revendications annexionnistes de Trump, le pays connaît une poussée nationaliste antiaméricaine. Les deux pays partagent la plus longue frontière au monde, sur près de 9 000 kilomètres, une frontière traversée tous les jours par quelque 400 000 personnes et des dizaines de milliers de camions. Mais un boycott canadien des marchandises et des voyages aux États-Unis a été lancé et, lors des événements sportifs, l’hymne américain est sifflé. L’effet drapeau joue à plein et Carney, ancien banquier de Goldman Sachs, ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre, bénéfice d’un soutien accru dans l’opinion. Le Parti libéral qu’il dirige était largement donné perdant aux élections fédérales du 28avril prochain, mais il est maintenant favori après une remontée spectaculaire.

Les syndicats participent, à leur manière, à cette flambée nationaliste. Aux États-Unis, le syndicat de l’automobile UAW, dirigé depuis deux ans par l’équipe supposée combative du secrétaire Shawn Fain, approuve les droits de douane de Trump sur les véhicules et les pièces étrangères. Quant au syndicat canadien de l’automobile, historiquement issu de l’UAW, il s’oppose aux droits de douane américains et soutient les mesures de représailles de son Premier ministre.

Au nom de la « défense de l’emploi », les travailleurs des deux pays sont appelés par leurs organisations à se solidariser de leurs ennemis de classe et de leurs gouvernements respectifs. Au contraire, il leur faudra trouver la voie d’une lutte commune ignorant les frontières pour préserver leurs emplois et leurs salaires.

                                                          Michel Bondelet (Lutte ouvrière n°2958)