lundi 10 février 2025

Gaza : Trump veut déporter les Palestiniens

Gaza : Trump veut déporter les Palestiniens

Publié le 05/02/2025

À l’occasion d’une conférence de presse commune, à Washington mardi 4 février, Trump a annoncé ses projets pour la bande de Gaza, accompagné des sourires satisfaits de son complice, ami et partenaire en affaires, Netanyahou.

 

 

Le président américain propose d’évacuer les deux millions de Palestiniens de la bande de Gaza, de mettre le territoire sous contrôle des États-Unis et de le transformer en nouvelle Côte d’Azur, capable d’accueillir des touristes fortunés dans des hôtels de luxe et des casinos. Trump n’a évidemment pas demandé leur avis aux Palestiniens, ni aux populations du Moyen-Orient supposées les accueillir. Il n’a même rien demandé aux gouvernements des pays en question, qu’il se fait fort de convaincre, ni aux institutions internationales dont manifestement il se contrefiche, à la surprise de ses collègues, y compris des autres puissances impérialistes.

Le nouveau président du pays le plus puissant du monde actualise donc ainsi, en direct, sans fioritures ni enrobage moral ou démocratique, les grandes traditions du capitalisme sauvage. Il considère que les Palestiniens peuvent être traités comme les Indiens d’Amérique, massacrés, méprisés, refoulés, enfermés dans des réserves de plus en plus loin de leur terre. Le summum du développement économique à Gaza selon Trump est la construction de casinos, d’hôtels et de bordels là où les bombardements ont fait table rase, à l’instar de la mafia newyorkaise blanchissant l’argent du crime en construisant Las Vegas. Dans la lignée des barons voleurs américains du 19e siècle, les politiciens qui décident des investissements sont aussi ceux qui en encaissent les profits. Trump est lui-même un investisseur immobilier, spécialisé dans le loisir de luxe et on suppose qu’il prévoit une Trump Tower et un golf à Gaza. Il est aussi, comme son complice Netanyahou, poursuivi par la justice pour ses malversations financières. Dans le monde de Trump, la loi du plus fort commande, à chaque instant. Il n’y a plus à perdre une seconde ou un dollar en couvrant les exactions du voile pudique du prétendu droit international.

Mercredi 5 février au matin, les institutions internationales et les gouvernements des autres grandes puissances, qui sont théoriquement favorables aux droits du peuple palestinien et au moins à son existence, n’avaient pas encore réagi à la nouvelle provocation venue de Washington. Le peuple palestinien, en revanche, a montré depuis des dizaines d’années, qu’il ne se laissait pas rayer de la carte. Depuis le cessez-le-feu, les familles se déplacent dans la bande de Gaza dévastée pour revenir sur leur lieu de résidence et reconstruire ce qui peut l’être. De même, en Cisjordanie occupée, malgré la pression militaire israélienne, exercée par l’armée et les colons en armes, les Palestiniens résistent aux arrestations, aux assassinats et, désormais, aux bombardements.

Les déclarations de Trump à propos de Gaza suivent celles sur le canal de Panama, le Groenland, le Canada et son chantage permanent sur les droits de douane. Tout cela est pour l’instant surtout verbal, mais l’intention est claire : les dirigeants de la première puissance mondiale veulent accaparer une part de plus en plus importante de la richesse, des territoires, des ressources, des brevets. Trump est là pour affirmer, d’une façon claire et nette, la loi de l’impérialisme, mettre en coupe réglée la planète, au mépris total des peuples qui l’habitent.

                                                            Paul Galois (Lutte ouvrière n°2949)

 

CPI : pas de justice sous l’impérialisme

 

C’est le système impérialiste du droit du plus fort qui est à renverser

 

 

Trump a décrété des sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI) en rétorsion de la poursuite pour crime contre l’humanité entamée à l’encontre de Netanyahou pour le massacre des Palestiniens. Toutes les personnes collaborant de près ou de loin avec la CPI sur ce dossier sont visées par Trump, qui dit crûment que le droit international est le droit du plus fort.

         De leur côté, les gouvernements de 79 pays, dont ceux d’Europe occidentale, se sont indignés de ces sanctions qui, selon eux, décrédibiliserait le droit international. Quelle hypocrisie ! La CPI n’a jamais poursuivi les dirigeants pour les crimes perpétrés par l’armée britannique en Irak ou Afghanistan, ni par l’armée française en Afrique. Et pour cause : la CPI est l’émanation de ces donneurs d’ordre.

         C’est le système impérialiste, inséparable de son cortège d’exploitation et de guerres, qui est à renverser. Sans cela, pas de véritable justice.

Auto-entrepreneurs : en sursis

 

Suspendue pour combien de temps ?

 

 

Dans le budget concocté par Bayrou, pour gagner 400 millions d’euros, le gouvernement avait baissé de 37 500 à 25 000 euros le seuil au-dessus duquel les activités des auto-entrepreneurs devaient être soumises à la TVA. Des centaines de milliers de chauffeurs Uber ou autres coiffeurs à domicile allaient devoir soit augmenter leurs tarifs de 20 % et risquer de perdre des clients, soit diminuer leur propre revenu.

         Cette mesure était soutenue par les syndicats des artisans et des PME au nom de « l’équilibre concurrentiel ». Mais face au tollé du côté des auto-entrepreneurs, le ministre de l’Économie a suspendu la mesure. Pour combien de temps ?