Programme
du RN : au service des riches et du
patronat
Publié le 26/06/2024
Reculade sur les promesses aux
classes populaires,
cadeaux fiscaux pour les riches et le patronat,
démagogie réactionnaire contre les étrangers
et les binationaux : voilà le programme du RN,
présenté le 24 juin par Jordan Bardella.
Ceux des travailleurs qui
espèrent chasser Macron et sa politique en votant pour le RN sont
prévenus : « Le programme économique du RN s’inspire de plus en plus
de celui de Macron », comme l’écrivait le journal Le Monde. La baisse
promise de la TVA sur les produits de première nécessité est reportée à la
Saint-Glinglin, tout comme l’annulation de la loi sur la retraite à 64 ans. Au
mieux, quelques dizaines de milliers de salariés qui ont commencé à travailler
avant 20 ans, et à condition qu’ils aient acquis leurs 43 annuités de
cotisations, pourraient partir à 60 ans ! Même la promesse de réduire à
5,5 % la TVA sur l’énergie est en train de s’envoler : Bardella prétend
qu’il doit avoir l’aval de l’Union européenne et prévient que, selon les
exigences patronales, il ne quittera pas le marché européen de l’électricité.
Il annonce au mieux une baisse de la TVA de 20 à 15 %.
Par contre, pour les riches et le
grand patronat, les promesses sont confirmées. Sous prétexte de
réindustrialiser le pays, le RN va continuer à baisser les impôts dits de
production payés par les entreprises. Il ne reviendra pas sur la baisse de
33 % à 25 % des impôts sur les bénéfices des sociétés, décidée par
Macron en 2022. À la trappe, la proposition de « taxer les
super-profits » émise en 2023 par Marine Le Pen ! Bardella
maintiendra la « Flat tax » instaurée par Macron pour plafonner à
30 % la taxation des revenus du capital. Sous prétexte de permettre aux
employeurs d’augmenter les salaires, le RN veut supprimer toutes les
cotisations patronales sur d’éventuelles augmentations de salaire de 10 %.
Le Medef demande, le RN obtempère !
Depuis l’annonce de la
dissolution, et pour démontrer à la bourgeoisie que le RN est un parti de
gouvernement, responsable et docile, à qui elle peut confier les clés de son
appareil d’État, Bardella multiplie les gestes de soumission en direction des
milieux d’affaires. Et il n’a pas besoin de se forcer tant l’histoire de son
parti, son idéologie et le CV de ses cadres et candidats montrent qu’il est un
parti bourgeois, viscéralement antiouvrier.
Pour faire oublier ses reniements
sur le terrain social à ses électeurs des classes populaires, Bardella déverse
sa démagogie contre les étrangers, leurs enfants et les binationaux. Tant
qu’elles n’empêchent pas les patrons du BTP, de la restauration ou de
l’agriculture de disposer de travailleurs étrangers, avec ou sans papiers,
qu’ils exploitent sans vergogne, les déclarations xénophobes du RN ne les dérangent
pas. Alors Bardella promet de réformer l’Aide médicale d’État (AME),
d’accélérer les expulsions d’étrangers, de remettre en cause le droit du sol et
de conditionner les aides sociales à cinq ans de présence en France.
Presque toutes ces mesures iniques
étaient déjà dans la loi Asile et Immigration de Darmanin, votée par les
députés macronistes qui usent depuis sept ans des mêmes ficelles que le RN,
avant d’être retoquée par le Conseil constitutionnel. Pour avoir l’air d’en
faire un peu plus sur ce terrain nauséabond, Bardella annonce vouloir interdire
l’accès de certains emplois publics, dits sensibles, aux binationaux, soit 3,3
millions de personnes.
Qu’elles soient ou pas suivies
d’effet, ces annonces ne peuvent que susciter l’inquiétude des travailleurs
d’origine étrangère et elles alimentent une division mortelle dans la classe
ouvrière. Tous ceux qui ont à cœur de défendre les intérêts des travailleurs ne
peuvent que combattre le poison du racisme et de la xénophobie, en lui opposant
l’unité nécessaire dans la lutte contre les exploiteurs.
Xavier Lachau (Lutte ouvrière
n°2917)