Paroles, paroles : les travailleurs ne se nourrissent pas de
promesses
1968-2024,
permanences
Lisez
ci-dessous un article de notre hebdomadaire de cette semaine. Mais depuis sa
parution, le volume des promesses électorales venant de tous les bords des
grandes écuries électorales a explosé. Si on les croyait, le sort des
travailleurs irait dès le soir du 7 juillet vers l’avenir radieux. Non, ils le
savent, ce sont des bobards électoraux, des produits d’appel d’illusions. Pour
améliorer leur sort, leur vie, salaires, services publics qui leur sont utiles,
rejet des dangers guerriers qui s’accumulent, les travailleurs
ne peuvent compter que sur eux-mêmes. DM
Paroles,
paroles : les travailleurs ne se nourrissent pas de promesses
Publié le 12/06/2024
À la veille du 30 juin, les
promesses électorales fleurissent.
Le Rassemblement national et les
partis du Front populaire, nouvelle mouture de l’union de la gauche, prétendent
tous se préoccuper du sort des salariés qui ont de petits revenus ou de petites
retraites, et se disent prêts à combattre la hausse des prix.
Ainsi le RN affirme qu’il
baissera la TVA sur le gaz, l’électricité, le fioul et qu’il rétablira le «
prix français de l’énergie ». La gauche affirme qu’elle imposera un nouveau
calcul du prix des énergies et augmentera le smic.
Mais les dirigeants des plus
grandes entreprises du pays restent tout de même sereins. L’un d’eux l’a
exprimé ainsi : « Tout le monde veut renverser la table mais, une fois au
pouvoir, les responsabilités, ça responsabilise. ».
Effectivement, les promesses
n’engagent que ceux qui les croient. Si le monde du travail, si tous ceux dont
les revenus sont épuisés dès le 10 du mois veulent obtenir une augmentation des
pensions de retraite, des salaires ou des allocations pour réussir à assumer
leurs dépenses de base, ils doivent se préparer à l’imposer. Quel que soit le
futur gouvernement, même les petites réformes ou coups de pouce attendus par
les salariés et les plus pauvres seront sacrifiés à la défense des profits. Le
grand patronat a bien des moyens de dicter les réformes qu’il souhaite, et qui
consistent à faire les poches des classes populaires pour grossir ou maintenir
ses fortunes.
Sans rien attendre du résultat
des élections, il y a nécessité à ce que les travailleurs s’organisent autour
de revendications indispensables, en particulier l’augmentation – et
l’indexation sur les prix – des pensions de retraite, des salaires, des allocations
de chômage, la répartition du travail entre tous, l’interdiction des
licenciements, et contre la précarité et l’exploitation qui se durcissent dans
les entreprises.
Le seul moyen pour les
travailleurs de défendre leur niveau de vie et leurs conditions d’existence est
de s’organiser pour imposer à la bourgeoisie leurs exigences, celles de la
classe qui produit tout et sans laquelle rien ne fonctionne.
Inès Rabah (Lutte ouvrière n°2915)