samedi 15 juin 2024

Appels syndicaux : les exigences des travailleurs s’imposeront par la lutte !

Appels syndicaux : les exigences des travailleurs s’imposeront par la lutte !

Publié le 12/06/2024

Après les résultats des élections européennes, le succès du RN et l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, bien des militants, bien des travailleurs, notamment immigrés, souhaitent manifester et dire combien ils sont opposés à l’idée d’une arrivée au gouvernement des amis de Le Pen et Bardella. On ne peut que partager leur légitime émotion.

C’est une des raisons pour lesquelles cinq directions syndicales appellent à « manifester le plus largement possible », notamment le week-end du samedi 15 juin, déclarant : « Notre République et notre démocratie sont en danger ».

L’appel intersyndical, signé par la CGT, la CFDT, l’Unsa, la FSU et Solidaires, affirme qu’« il faut un sursaut démocratique et social », qu’« après le choc des européennes, les exigences sociales doivent être entendues » et donne pour but aux manifestations de « porter la nécessité d’alternatives de progrès pour le monde du travail ». Cet appel à des « alternatives de progrès » est évidemment pour l’intersyndicale une façon de laisser entendre qu’il faut voter le 30 juin pour le rassemblement de gauche, dont les partis appellent d’ailleurs aux manifestations, car ce nouveau Front populaire pourrait tenir compte « des exigences du monde du travail ». Mais peut-on vraiment le croire ?

Bien sûr, le communiqué liste aussi ce que pourraient être lesdites exigences, énumérant l’augmentation des salaires, l’abandon des attaques contre les retraites, et demandant même au gouvernement Macron, ou plutôt à ce qu’il en reste, de renoncer à la réforme de l’Assurance chômage… Ce sont des points sur lesquels le rassemblement électoral de la gauche peut faire des promesses. Mais, faut-il s’en remettre à une telle alternative, fût-elle « de progrès » ?

Bien sûr, on ne peut croire aux promesses que même le RN fait en matière sociale, sur lesquelles il a bâti une partie de son succès électoral. Mais comment croire aujourd’hui que, face au danger du RN, la « République » serait une protection ? Au sein de cette république, tous les partis qui ont gouverné, de gauche comme de droite, se sont comportés en ennemis implacables du monde du travail, dont ils ont fait reculer les conditions de vie et d’emploi. Tous portent une responsabilité dans la situation d’aujourd’hui car, sur les questions des salaires, des licenciements, de la retraite, des services publics, ils ont mené la même politique exigée par les capitalistes contre la classe ouvrière.

Alors, il ne faut surtout pas attendre du gouvernement qui sortira des urnes les 30 juin et 7 juillet, quel qu’il soit, qu’il satisfasse les exigences du monde du travail. Il faut se préparer à les lui imposer par la lutte, par la grève, par la mobilisation des travailleurs dans les entreprises et dans la rue.

Dès maintenant, le week-end du 15 juin et après, il faut bien sûr manifester, et Lutte ouvrière appelle à participer aux cortèges syndicaux, non pas pour appeler à se fier à la République et à la « démocratie » mais pour dire qu’il faut se fier à la lutte des travailleurs et qu’il faut la préparer. Elle seule pourra imposer leurs exigences, s’assurer de leur mise en pratique et faire que tôt ou tard – et le plus tôt sera le mieux – ceux qui produisent toutes les richesses et font fonctionner la société soient aussi ceux qui la dirigent.

                                                         Marion Ajar (Lutte ouvrière n°2914)

 

Communiqué de Lutte ouvrière sur la manifestation du samedi 15 juin

Publié le 12/06/2024

Par solidarité avec une partie importante de la classe ouvrière, notamment de sa composante immigrée, inquiète devant l’éventualité d’associer au pouvoir le Rassemblement national, Lutte ouvrière appelle à participer à la manifestation de samedi 15 juin.

Elle ne participe cependant pas à l’opération intitulée « Front populaire », montée par des partis dits de gauche qui, chaque fois au pouvoir, ont gouverné dans l’intérêt de la grande bourgeoisie contre les classes populaires.

Leur responsabilité est écrasante dans la montée de l’extrême droite, de ses idées et de ses hommes politiques.

En refusant leur confiance dans les politiciens de la bourgeoisie, quelle que soit leur étiquette, Lutte ouvrière appelle à une reprise de conscience de la classe ouvrière dans ses intérêts de classe contre la bourgeoisie, les actionnaires de la grande industrie, de la grande distribution et de la finance.

                                          Pour Lutte ouvrière,

                                                           Nathalie ARTHAUD

 

Retraites : promesses du RN, promesses de menteur

Costume taillé sur mesure de serviteur de la bourgeoisie

 


Bardella est revenu sur sa promesse d’abroger la réforme des retraites imposée par Macron si jamais il devenait Premier ministre. Interrogé le 11 juin sur RTL, il a répondu : « nous verrons ». Puis, sur France 2, le soir même, il a expliqué que la remise en cause viendrait « dans un second temps ». 

         Pour se justifier, il a utilisé les mêmes arguments que tous les autres politiciens qui trahissent leurs promesses : il allait « hériter » d'une situation économique « compliquée », il faudra d'abord conduire un « audit » des finances publiques... Mais lui, il n’attend même pas d’être arrivé au pouvoir pour se livrer à cette volte-face !

         Bardella cherche ainsi à rassurer la grande bourgeoisie et à lui prouver, dès maintenant, que les promesses faites aux travailleurs pour avoir leurs voix, il s’en moque totalement…

 

Un air de famille, Le Pen, Maréchal, Ciotti…

 

Ça grouille dans le marigot politicien

 


Après le psychodrame chez Les Républicains suite à l’appel de Ciotti à faire alliance avec le RN pour les législatives, c’est au tour de Marion Maréchal de briser son idylle avec Zemmour pour retourner au bercail de sa tata et de son papy Le Pen en appelant à une « coalition unique des droites ».

     Il faut dire qu’ils se ressemblent déjà tellement. La plus grande partie de la droite use en effet depuis longtemps de la même démagogie anti-immigrée que l’extrême droite. Quant à celle-ci, elle recrute depuis des années une bonne partie de ses cadres et dirigeants parmi les politiciens de la bonne vieille droite, alléchés par l’odeur de la mangeoire. Une odeur de plus en plus forte ces temps-ci… et ça ne sent pas bon !