Après les
élections européennes du 9 juin 2024
Publié le 09/06/2024
À l’heure où nous écrivons, nous
ne connaissons pas encore les résultats de notre liste Lutte ouvrière – le camp
des travailleurs. Mais nous tenons à remercier toutes celles et ceux qui ont
fait le choix de voter pour notre liste.
Même s’ils constituent,
aujourd'hui, un courant minoritaire, ce sont eux qui avaient raison. Ils ont
refusé de jouer le jeu de cette énième comédie électorale et se sont placés sur
le terrain des intérêts des travailleurs de tous les pays ; celui de leur lutte
contre la grande bourgeoisie pour renverser le capitalisme.
Car il n’y a pas le choix. Le
capitalisme n’est plus capable de faire progresser l’humanité. Il donne à
admirer ses milliardaires et leurs caprices de riches quand la population
mondiale s’enfonce dans la faim et la misère. Au lieu de construire des
hôpitaux et des écoles, il fabrique des missiles et des avions de chasse. Pour
imposer sa suprématie et son pillage, la grande bourgeoisie et ses politiciens
aux ordres dressent les peuples les uns contre les autres et les plongent dans
des guerres atroces, comme à Gaza et en Ukraine. Au lieu de chercher à réparer
le climat, ils sont en train de nous conduire vers une troisième guerre
mondiale.
Ce concours entre les écuries
politiques pour passer l’une devant l’autre est dérisoire. Elles aspirent
toutes à gouverner ce système complètement fou et de plus en plus barbare. La
seule chose qui compte est de faire exister et de renforcer, dans le monde du
travail, un courant communiste révolutionnaire et internationaliste.
Les commentateurs n’en finissent
pas de gloser sur le duel qui opposerait la majorité au Rassemblement national.
Mais tout comme Macron, Le Pen et Bardella sont des ennemis de la classe
ouvrière. Ils soutiennent l’ordre bourgeois, le pouvoir patronal et la
propriété privée capitaliste.
Sans être au pouvoir, le Rassemblement
national dresse déjà les travailleurs et les pauvres les uns contre les autres.
En faisant passer les immigrés, des femmes et des hommes qui font souvent les
métiers les plus durs et les plus mal payés, pour des fardeaux ou des menaces,
le RN divise et affaiblit les exploités face à la grande bourgeoisie. Tout
cela, pendant que celle-ci accumule des fortunes au travers de l’exploitation
et du pillage du monde.
Le Pen et Bardella font mine de
s’opposer à la politique va-t-en guerre de Macron, mais ils attisent le
nationalisme, le patriotisme et le militarisme. Comme leurs ancêtres d’extrême
droite l’ont fait en leur temps, si les intérêts des capitalistes français
l’exigent, ils gouverneront en s’appuyant sur des régimes autoritaires et
fascistes. Ils feront marcher la population au pas, y compris dans des guerres
meurtrières. Les travailleurs qui soutiennent le RN se fourvoient donc
gravement.
Mais si le RN incarne à leurs
yeux la capacité de changer leur vie, on le doit aux renoncements et aux
trahisons des partis de gauche quand ils ont gouverné. On le doit au fait que
ceux-ci ont abandonné la perspective révolutionnaire depuis longtemps et se
sont intégrés à l’ordre bourgeois.
Aujourd'hui, cette même gauche
gouvernementale - le PS, La France insoumise, les Ecologistes et le PCF-
divisée ou unie, continue de tromper les travailleurs avec des promesses
électorales aussi dérisoires que mensongères. Ces partis parlent de capitalisme
à visage humain, mais le capitalisme a de plus en plus l’odeur du sang et des
destructions.
Voter pour les uns ou pour les
autres, c’était voter pour l’ordre bourgeois. Alors, tous ceux qui ne se sont
pas laissés duper par le petit jeu politicien peuvent en être fiers.
Ils ont affirmé la nécessité que
les travailleurs prennent la direction de la société parce qu’eux seuls peuvent
la réorganiser sur des bases collectives, de façon à mettre en commun les
richesses et les moyens de les produire pour répondre aux besoins de tous.
Ils représentent des femmes et
des hommes qui ne se découragent pas et continuent de placer leur confiance
dans la capacité de révolte du monde du travail pour renverser l’ordre
capitaliste. En cela, ils ont fait entendre les idées qui représentent le seul
avenir pour l’humanité.
Si le capitalisme nous conduit
aux pires horreurs et à la barbarie, il fabrique aussi des révoltés, des
révoltes et des insurrections. C’est dans ces moments de révolte que la
minorité de travailleurs conscients peut grandir, devenir la majorité et
transformer la société en s’attaquant au véritable pouvoir qui s’impose à toute
la société : celui de la grande bourgeoisie, des grands actionnaires, du grand
capital. C’est en s’appuyant sur ce programme et l’idéal révolutionnaires que
ces révoltes peuvent déboucher sur de nouvelles révolutions et changer la face
du monde.