Gaza :
Biden parle de paix, Netanyahou fait la guerre
Publié
le 05/06/2024
Joe
Biden a annoncé le 31 mai « une feuille de route pour un cessez-le-feu
durable » à Gaza. Au même moment, l’armée israélienne poursuivait la guerre
à Rafah, prenait le contrôle de la zone tampon avec l’Égypte et menait des
raids aériens sur la Syrie.
Ce plan
en trois phases reprend un calendrier discuté depuis des mois sous l’égide des
États-Unis et des États arabes de la région, entre les émissaires israéliens et
ceux du Hamas. La première étape serait un cessez-le feu de six semaines pour
échanger les otages civils israéliens aux mains du Hamas contre une fraction
des prisonniers palestiniens, eux aussi des otages, détenus en Israël. La
seconde étape verrait la libération des otages militaires israéliens
détenus à Gaza en échange du retrait de l’armée israélienne de ce territoire.
La troisième phase, plus qu’hypothétique, engagerait la reconstruction de Gaza.
Le
principal obstacle à ce plan, présenté comme une initiative israélienne, vient
en fait de Netanyahou, qui s’appuie sur l’extrême droite israélienne et les
sionistes les plus ultras pour se maintenir au pouvoir. Tout en poursuivant les
négociations pour gagner du temps et donner des gages au parrain américain, une
fraction de l’appareil d’État et des généraux israéliens refuse tout retrait
militaire de Gaza. Incapables d’éliminer le Hamas et refusant de le
reconnaître, ils sont prêts à poursuivre la guerre jusqu’à ce que règne la paix
des cimetières.
De
leurs côtés, les dirigeants américains disent souhaiter « que la guerre
s’arrête et que le jour d’après commence ». Biden a pour cela des raisons
de politique intérieure car son soutien à Israël provoque des remous dans son
électorat. Mais sur le fond, même si, pour assurer leur domination sur le
Moyen-Orient, les États-Unis ont semé partout des bombes à retardement, ils
veulent garder le contrôle de ces conflits. Ils sont donc disposés à un accord
avec les dirigeants palestiniens, y compris ceux du Hamas car ils ont besoin
d’un appareil politico-militaire capable d’encadrer la population palestinienne.
C’est précisément ce que refuse d’admettre un Netanyahou, enfermé dans sa
logique de guerre à outrance et qui risque sa place.
En même
temps, et ils l’ont montré moult fois depuis le 7 octobre, les dirigeants
américains ne veulent pas contraindre Israël, leur plus fidèle allié dans la
région. Netanyahou a pu vérifier que ses parrains continuent de livrer armes et
munitions malgré les critiques, les votes de défiance à l’ONU ou les mises en
accusation. Il a pu vérifier que les dirigeants européens s’alignent. Il use et
abuse de cette situation, comme il use et abuse du choc provoqué dans la
population israélienne par le 7 octobre pour poursuivre la guerre à Gaza,
encourager le vol des terres palestiniennes en Cisjordanie par les colons
juifs, bombarder les pays voisins, le Liban ou la Syrie. Netanyahou sait aussi
que l’Iran ne veut pas engager une guerre, et encore moins l’Égypte, qui laisse
l’armée israélienne occuper la zone tampon démilitarisée au sud de Gaza sans
broncher alors que cela piétine les accords de paix signés en 1978. Ainsi, ce
ne sont pas les dirigeants américains qui tiennent Netanyahou. C’est encore lui
qui peut leur imposer sa politique, même quand ils essayent de proposer une
sortie de crise.
Les
Palestiniens, à Gaza et en Cisjordanie, paient au prix fort le
jusqu’au-boutisme de Netanyahou et le cynisme des dirigeants impérialistes qui
l’arment. Mais en réalité, tous les peuples du Moyen-Orient le paient, y
compris les classes populaires et la jeunesse israélienne soumises à un régime
de plus en plus militarisé et gangrené par des partis fascisants. Aucune paix
durable ne viendra des tractations en cours entre brigands petits et grands.
Tôt ou tard, les opprimés de la région devront trouver ensemble le moyen
d’abattre le système de domination impérialiste qui enfonce celle-ci dans des
guerres sans fin.
Xavier Lachau (Lutte ouvrièren°2914)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région
:
-Aujourd’hui jeudi 6 juin : 10 h.30 à 12 h.30, entrée de la mairie
d’Argenteuil ;
-15 à 17 heures, entrée de la mairie ;
-Vendredi 7 juin : de 10 h.30 à midi, marché Héloïse ;
-de 15 h.40 à 16 h.40 marché du Val-Nord ;
-de 17 h.15 à 18 h.15 au carrefour « Babou »
-Samedi 8 juin, de 10 h.15 à 10 h.55, devant Monoprix ;
Et de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 9 juin, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché,
Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse.
-Lundi 10 juin, de 18 à 19 heures dans le centre commercial de
Saint-Gratien…