lundi 18 mars 2024

Mode : la « Mode éphémère » : le capitalisme dans un de ses atours

 

Un gigantesque gâchis, mais si cela rapporte…

 

 

L'Assemblée nationale a voté à l'unanimité une loi visant à freiner la « fast fashion », avec notamment une interdiction de la publicité pour la vente de vêtements à prix cassés et un « malus » environnemental renforcé.

         L'industrie textile est en effet responsable à elle seule de 10 % des émissions de gaz à effet de serre. Les marques proposent sans arrêt de nouveaux modèles pour essayer d'accroître artificiellement le marché, jusqu'à 7 200 par jour pour l'une d'elles, bien au-delà des besoins de la population.

         C'est absurde mais c'est la loi du profit, bien plus forte que celle de députés protectionnistes qui prétendent réguler le capitalisme.

Éducation populaire : partout attaquée (Nous le savons bien à Argenteuil avec la situation de la MJC)

 Saint-Étienne : l’éducation populaire attaquée

13 Mars 2024

À Saint-Étienne, et plus largement dans le département de la Loire, des structures d’éducation populaire, telles que les centres sociaux, Amicales laïques ou MJC, sont menacées de disparition.

Les Amicales laïques ont été fondées à la fin du 19e siècle, souvent par des militants socialistes ou syndicaux, en concurrence avec les cercles paroissiaux des curés. Avec le « sou des écoles », elles servaient à financer les écoles publiques laïques, à permettre aux petits et grands de se retrouver, de faire des activités sportives comme les boules ou la gymnastique, et culturelles comme la bibliothèque, le cinéma. Aujourd’hui encore, elles organisent des activités périscolaires pour les enfants, des bals pour les anciens, des entraînements sportifs pour tous, à bas prix.

Certaines ont déjà mis la clé sous la porte, une dizaine en dix ans dans des quartiers populaires de la ville, et la liste risque de s’allonger, une douzaine étant en grande difficulté. Les bénévoles qui gèrent ces structures ont beau se démener pour trouver des solutions, ils ne peuvent s’en sortir du fait des baisses de subventions, des besoins qui augmentent, de l’inflation qui fait exploser les factures d’électricité, de la nécessaire augmentation des salaires des employés...

Les structures d’éducation populaire ne sont la priorité ni de la CAF, ni de l’État, ni de la région, qui tous se désengagent, et les communes ne veulent pas ou ne peuvent pas compenser. Alors, lorsqu’une Amicale laïque ou un centre social ferme, ce sont des licenciements et la fin de services indispensables qui étaient rendus à la population : des enfants se retrouvent à la rue après l’école, des cours de français à destination des étrangers ne sont plus assurés, etc.

Les salariés, les bénévoles, et au-delà la population, se mobilisent face à cette situation : fin janvier, une manifestation a rassemblé plusieurs milliers de personnes, et des pétitions circulent, bien signées. Tous sont conscients que, par ce biais, de nouvelles attaques s’opèrent contre le niveau de vie de la population laborieuse.

                            Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2902)

dimanche 17 mars 2024

Haïti : guerre des gangs et manœuvres américaines

Haïti : guerre des gangs et manœuvres américaines

13 Mars 2024

Le 11 mars, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken s’est déplacé à la Jamaïque pour une réunion consacrée à Haïti. Le lendemain, Ariel Henry, Premier ministre dont le départ était exigé par le principal chef des gangs haïtiens, démissionnait.

La démission « encouragée » d’Ariel Henry, chef d’État de fait depuis l’assassinat de Jovenel Moïse en 2021, fait partie des manœuvres américaines pour tenter de restaurer un pouvoir central à la tête d’Haïti, livré à une violente guerre des gangs pour le contrôle du pays.

Mois après mois, ces bandes armées ont étendu leur emprise et affermi leur pouvoir. Non contentes de couper les routes pour rançonner les travailleurs contraints d’aller gagner leur pain, de taxer les entreprises petites ou grandes, de kidnapper ou d’abattre n’importe qui dans la rue, elles ont attaqué des commissariats, puis vidé les prisons. Le 29 février, au prix de destructions considérables, les gangs ont pris pour cible l’aéroport de Port-au-Prince, les derniers bâtiments officiels, ceux des ONG et les ambassades occidentales.

Tant que les meurtres, les viols, la famine touchaient la majorité pauvre du pays, ceux qui ne peuvent ni s’exiler ni se barricader derrière des barbelés, les bourgeois haïtiens comme les dirigeants occidentaux ont toléré ces gangs. Beaucoup parmi les chefs de gang sont leurs anciens hommes de main qui réprimaient les grèves ou les manifestations d’ouvriers, faisaient le coup de poing contre des étudiants ou des opposants, au service de tel ou tel responsable politique. D’autres, comme Jimmy Chérizier dit Barbecue ou Guy Philippe, en rivalité pour le pouvoir, sont d’anciens gradés de la police ayant basculé dans le trafic de drogue. Nommées selon les périodes Macoutes, Chimères ou d’autres noms poétiques, ces bandes armées ont permis à la bourgeoisie, locale ou plus lointaine, de tirer pendant des décennies du profit de l’exploitation des travailleurs haïtiens sous-payés.

Aujourd’hui, ces chiens de guerre mordent leurs maîtres et exigent tout le pouvoir. Le dénommé Barbecue a réussi à s’imposer comme le chef du G9, un regroupement de gangs qui contrôle presque toute la capitale. Il est en rivalité pour le pouvoir avec Guy Philippe, ex-membre des forces spéciales formées en Équateur, ex-commissaire de police, ex-sénateur, ex-détenu aux États-Unis pour trafic de drogue, libéré et rentré récemment en Haïti. Ces deux gangsters, qui se proclament désormais « combattants de la liberté », ont formé un « Conseil révolutionnaire » présidé par Guy Philippe. L’enjeu de leurs dernières attaques est de faire reconnaître par les dirigeants américains leur « Conseil » comme le pouvoir de transition officiel.

La démission d’Ariel  Henry valide cette possibilité. Sans rire, le chef d’État du Guyana, qui préside la Communauté des Caraïbes, a déclaré que cette démission « ouvrait la voie à une transition pacifique (!) du pouvoir, à un plan d’action à court terme en matière de sécurité et à des élections libres et équitables ». Les conseillers américains réussiront-ils à travestir le « Conseil révolutionnaire » de Guy Philippe et Barbecue en un « Conseil de transition comprenant un vaste panel de la société civile haïtienne », comme annoncé à la sortie de la réunion en Jamaïque ? Les 133 millions de dollars que Blinken vient de promettre pour « résoudre la crise » satisferont-ils ces candidats au pouvoir ? Dans le chaos d’Haïti, il s’agirait de plaquer un semblant de façade démocratique sur une situation qui est de fait une dictature des gangs.

Quelle que soit la suite de ces manœuvres sordides, les travailleurs et les classes pauvres d’Haïti savent, pour l’avoir vécu bien des fois, qu’elles n’ont rien à en attendre.

                                                      Xavier LACHAU (Lutte ouvrière n°2902)

 

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-Aujourd’hui dimanche 17 mars, de 10 h15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi marché Héloïse ;

-Lundi 18 mars : de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien ;

-Mercredi 20 mars : de 11 h.30 à midi, marché des Champioux.

 

 

Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.

 


 

Réservez votre billet d’entrée pour notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24 mars prochain. Le prix du repas : 17 euros pour les adultes, 8 pour les enfants jusqu’à 14 ans.

 

Tik Tok : une proie pour les loups

Des bagarres entre voyous pour le marché, c'est ça, le capitalisme.

 

La Chambre des représentants des États-Unis vient de voter une loi protectionniste sommant l'entreprise chinoise ByteDance, propriétaire de l'application de courtes vidéos très populaire Tik Tok, de la revendre à un non-Chinois dans les six mois. Faute de quoi Tik Tok sera bannie des systèmes Android et Apple, donc des 170 millions de téléphones qui l'ont téléchargée aux États-Unis.

         Le libéralisme économique et les bienfaits de la concurrence, ça fait beau dans les manuels d'économie. Mais l'État américain utilise sa puissance avant tout pour protéger les capitalistes américains de la concurrence. Les officiels chinois, eux, dénoncent « des méthodes de voyous ».

         Des bagarres entre voyous pour le marché, c'est ça, le capitalisme.