lundi 26 février 2024

Groupes de niveau au collège : des parents et professeurs vent debout contre les groupes de niveau

 

« Monsieur, pourquoi en rajouter à la ségrégation sociale ? »

 

 

Au collège Doisneau de Dammarie-Les-Lys, (77), le 6 février, une quinzaine de professeurs et d’AESH ont fait grève contre cette mesure discriminante et sans intérêt pédagogique. Dans cet établissement d’éducation prioritaire, les postes manquent et les élèves s’entassent dans un bâti trop vieux et trop étroit. Les enseignants refusent d’aggraver ces conditions en triant les collégiens. Drapeaux, pancartes et tracts à la main, ils ont bloqué l’entrée du collège et convié les parents, car la seule façon d’aider les élèves en difficulté c'est d’obtenir des moyens supplémentaires.

                   Le chef d’établissement s’est empressé d’appeler la police et une dizaine d'entre eux est venue tenter d'intimider personnel et parents, mais la détermination est restée intacte.

Dans cette société injuste, le seul moyen d’inverser les choses est de réagir ensemble. Une salle a été réservée à la rentrée pour parler de la suite.

dimanche 25 février 2024

Salon de l’Agriculture : Les petits agriculteurs ne peuvent se reposer sur l’espoir d’être protégés par l’État. Un article d’un des derniers numéros de notre hebdomadaire Lutte ouvrière

 Agriculteurs : la ruine des uns, les profits des autres

07 Février 2024

Après que le Premier ministre Attal a annoncé, jeudi 1er février, une série de nouvelles mesures pour répondre à la colère des agriculteurs, leurs deux principaux syndicats, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs, ont appelé à la levée des barrages.

 

 

Attal a promis 400 millions d’euros pour financer des aides d’urgence au profit des éleveurs dont le cheptel a été touché par une épidémie, pour les agriculteurs bretons victimes de la tempête, pour soutenir les viticulteurs… Cette somme couvre aussi le coût de l’abandon de la hausse de la taxe sur le gazole non routier (GNR). Cela suffira-t-il pour assurer un répit aux agriculteurs aux abois ? Ce n’est même pas certain. Car, comme toujours, l’essentiel ira aux plus gros, et finira en dernier ressort dans les coffres des secteurs de l’industrie capitaliste impliqués dans l’agriculture ou dans les coffres des banques du fait des dettes paysannes. Ainsi, les petits agriculteurs mobilisés auront une fois de plus tiré les marrons du feu pour d’autres.

Attal a aussi annoncé une loi sur la souveraineté alimentaire. Cette annonce est destinée à tenter de rassurer les petits agriculteurs confrontés à la concurrence qu’ils jugent déloyale de produits moins chers venus d’Ukraine, de pays d’Amérique latine ou de l’Union européenne. Mais cette « souveraineté » n’aura pas plus de réalité dans l’agriculture que dans le reste de l’économie. Les plus petits des paysans ont du mal à suivre la course à la compétitivité imposée par le fonctionnement du capitalisme, que la concurrence soit étrangère ou française, et une partie sont menacés de disparaître. Par contre, d’autres, dans les secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire, peuvent prospérer car ils sont en situation de force sur le marché, qu’il soit national ou international. Des céréaliers et des viticulteurs peuvent exporter avec profit leur production. Le groupe LDC, premier volailler en France, transforme et vend en Europe la production de 8 300 éleveurs de volaille. Et ces capitalistes de l’agriculture peuvent eux aussi mener une « concurrence déloyale » quand ils perçoivent des subventions versées par l’État français et l’Union européenne.

Les petits agriculteurs ne peuvent se reposer sur l’espoir d’être protégés par l’État. Quand Attal et ses semblables discourent sur la souveraineté nationale, ils agitent un hochet pour masquer qu’ils se préoccupent exclusivement des intérêts des plus puissants des capitalistes. Au contraire, certains de ces petits agriculteurs s’en prennent aux grandes surfaces et dénoncent les profits qu’elles réalisent à leurs dépens ; d’autres ont bloqué des usines du groupe Lactalis, qui achète leur lait à un tarif qui ne leur permet pas de vivre. En menant de telles actions, les petits producteurs montrent que leurs véritables ennemis, ceux qui profitent de leur travail et les acculent à la ruine, sont bien de ce côté-là.

                                                            Boris SAVIN (Lutte ouvrière n°2897)

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

- Aujourd’hui dimanche 25 février, de 9 h.30 à 10 h15 devant l’Intermarché du Centre ;

-Lundi 26 février : de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien ;

-Mardi 27 février, de 17 h30 à 18 h.30, centre Cl de Joliot-Curie ;

-Mercredi 28 février : de 11 h.30 à midi, marché des Champioux.

 

 

Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.

 

 

Réservez votre billet d’entrée pour notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24 mars prochain. Le prix du repas : 17 euros pour les adultes, 8 pour les enfants jusqu’à 14 ans.

Dépassements d’honoraires : quand l’accès à la médecine est interdit aux pauvres

Face aux obstacles : le renoncement des pauvres à se soigner

 

 

Selon l’UFC Que choisir, plus d’un médecin spécialiste sur deux pratique des dépassements d’honoraires. Alors que la consultation est censée être de 35 euros, certaines peuvent atteindre les 80 euros. Ces tarifs importants sont favorisés par le manque cruel de médecins permettant à certains de gonfler leurs honoraires.

         Les plus pauvres renoncent ainsi à se soigner, soit par manque de médecins, soit par manque de moyens financiers, particulièrement les femmes car les spécialistes qui pratiquent le plus les dépassements d’honoraires sont les gynécologues.

 

Logements sociaux : baisse programmée en Île-de-France de la construction de logements sociaux

 

Comment l’État fabrique le mal-logement

 

Démolir, mais construire !

La demande de logements sociaux est de plus de 800 000 en Île-de-France (5000 à Argenteuil), alors que la construction n’a jamais été aussi faible : 18 500 logements sociaux seulement agréés en 2023. C’est le niveau le plus bas depuis seize ans.

         C’est la conséquence des baisses de financement des organismes HLM, qui doivent de plus compenser en partie la baisse des APL. L’État a diminué de 20 % ses objectifs de logements sociaux, abandonnant les familles populaires au marché privé et à ses loyers inabordables. Il ne combat pas le mal-logement, il le fabrique.

De Frontex au RN : faire carrière sur les noyés. Une histoire banale de serviteur de la bourgeoisie

 De Frontex au RN : faire carrière sur les noyés

21 Février 2024

Un certain Fabrice Leggeri, directeur de Frontex, l’agence des gardes-frontières européens, entre 2015 et 2022, figurera en troisième position sur la liste du Rassemblement national de Bardella et Le Pen aux élections européennes du 9 juin. La carrière et les positions de ce monsieur méritent qu’on s’y arrête.

Leggeri est entré au ministère de l’Intérieur en 1996, sous Jean-Louis Debré, ministre et grand ami de Chirac. Il s’y occupait, déjà, des questions de frontières. L’arrivée de la gauche au pouvoir l’année suivante, avec Jospin Premier ministre, Chevènement à l’Intérieur, la participation du PCF et l’accession de Mélenchon aux responsabilités, ne l’a pas déstabilisé. Il est même monté en grade, puis a été recommandé comme expert auprès de la Commission européenne. Il a ensuite exercé diverses responsabilités, de celles qui peaufinent le haut serviteur de l’État. Et c’est encore un gouvernement de gauche, avec Hollande président et Cazeneuve à l’Intérieur, qui en 2015 l’a propulsé à la direction de Frontex, où Macron, élu en 2017, l’a évidemment maintenu.

À la tête de cette agence chargée de surveiller les frontières de l’Union européenne, Leggeri a pu donner sa pleine mesure. Sous son autorité et quasiment sous les yeux de ses hommes, les malheureux affamés qui tentaient d’arriver en Europe sur des bateaux de fortune se sont noyés par milliers, voire par dizaines de milliers. Les autorités européennes, qui pourtant lui fournissaient crédits, équipements et directives, ont fini par lui demander de bien vouloir respecter un minimum de formes et de se conformer au droit en vigueur. Des ONG ont révélé suffisamment d’épisodes où Frontex a envoyé sciemment des migrants à la mort pour que Leggeri, qui couvrait ces agissements, soit contraint de démissionner en 2022. Mais, dans le climat politique actuel, fait d’hystérie anti-migrants et de concurrence xénophobe entre le gouvernement, la droite et le RN, une carrière politique s’offrait à lui.

L’homme a d’abord pris langue avec la liste de la droite LR mais, si celle-ci est suffisamment réactionnaire pour convenir à un ex-chasseur de migrants, elle a peu de places éligibles à offrir. Leggeri, qui en plus d’une ambition doit sans doute nourrir une famille, a donc cherché la sécurité du côté du RN, de ses 30 % dans les sondages et de l’espoir, sait-on jamais, d’un ministère une fois Le Pen présidente. Trop content d’avoir un garde-chiourme aussi diplômé sur sa liste, le RN s’est empressé de lui faire une place.

Le voilà donc, l’arc républicain dont les commentateurs politiques cherchent la définition : ce haut fonctionnaire sans états d’âme, qui a fait carrière sur la mort de milliers d’hommes, peut l’incarner, avec son itinéraire allant de la gauche de gouvernement au RN, en passant par Macron et la droite.

                                                      Paul GALOIS (Lutte ouvrière n°2899)