samedi 24 février 2024

Rino Della Negra et la municipalité d’Argenteuil : quand en 2024, elle veut commémorer un engagement qu’elle a ignoré pendant des années

En 2024, des militants qui pourraient être en centre de rétention, selon les critères et les vents d’extrême-droite actuels

 

 

La municipalité appelle sur le site de la Ville à participer à cette cérémonie. Une cérémonie qu’elle a allègrement boycottée pendant des années. Certes, un élu de droite, Philippe Métézeau, d’une autre tendance que LR y assistait si ma mémoire est bonne. Je crois également que le premier adjoint y a montré le bout de son nez ces dernières années. Quant à la municipalité elle-même, ce sont les initiatives hypocrites de Macron qui l’ont apparemment réveillée de sa torpeur sur le sujet, torpeur est ici très gentil.

         Pour conclure, on peut reprendre à propos de ces palinodies ce que nous écrivions il y a quelques jours : « Aujourd’hui Macron, qui stigmatise les migrants et promulgue des lois pour les refouler, utilise l’héroïsme de l’arménien Manouchian et de ses camarades immigrés pour redorer son piteux blason ». On peut l’appliquer tout autant, à une autre échelle, à la municipalité d’Argenteuil. DM

 

La mort d’Adama Traoré le 19 juillet 2016, aujourd’hui un espoir au milieu de la loi du silence

Qu’est-ce qu’un « lien de causalité » sinon une responsabilité ?

 

 

Adama Traoré, un jeune de 24 ans, trouvait la mort le 19 juillet 2016 dans les locaux de la gendarmerie de Persan. Depuis cette date, sa famille et ses proches réclament justice et que la responsabilité, totale ou partielle, de la gendarmerie soit reconnue dans ce drame.

         Les gendarmes impliqués ont bénéficié d’un non-lieu l’été dernier. La famille a fait appel. Le jugement devrait être rendu en mai prochain. Les magistrats instructeurs ne demandent pas d’infirmer le premier jugement de non-lieu. Mais ils reconnaissent dans leur réquisitoire qu’un « "lien de causalité entre les manœuvres réalisées par les militaires de la gendarmerie » ce jour là, « et le décès de monsieur Traoré ».

         Cette reconnaissance est une première et une grande avancée pour la famille Traoré. Leur combat pour la vérité et la justice continue plus que jamais. DM

 

Élèves de seconde : stage pour les uns, SNU pour les autres ?

 

Manœuvre militariste contre les jeunes des quartiers populaires

 

 

Gabriel Attal, avant de céder son ministère, a affirmé vouloir que chaque élève de Seconde fasse un stage d'observation obligatoire de deux semaines en juin, tout cela dans le cadre d'un projet de "reconquête" de ce même mois, le jargon militaire s'imposant désormais partout. Après le stage de troisième, ce stage devrait selon lui permettre de familiariser les élèves avec le monde du travail. Dans les faits, très peu d'entreprises sont prêtes à accueillir un jeune en stage d'observation pendant deux semaines complètes. Les places seront donc chères, et ceux qui ont des relations parmi leurs proches pourront probablement en profiter, les autres non.       C'est d'ailleurs déjà le cas : des jeunes ont déjà commencé à chercher, et ils essuient refus sur refus. En témoigne un exemple à Argenteuil, où un jeune du lycée Daubié qui se destine plus tard à des études de médecine a affirmé s'être rendu dans près de 15 pharmacies, toutes ayant déjà réservé une place pour un jeune ou refusant tout bonnement les stagiaires, et ce alors même que nous ne sommes qu'en février!

         Pas de panique nous dit le sergent Attal : les élèves n'ayant rien trouvé pourront faire à la place... le fameux SNU ! Ce Service National Universel censé mettre la jeunesse au pas en lui apprenant la Marseillaise et la montée du drapeau n'attire guère pour l'instant. Qu'à cela ne tienne, Attal a trouvé un moyen de le rendre obligatoire en l'imposant à tous ceux qui ne trouveront pas de stage en juin, c'est-à-dire de fait aux jeunes des quartiers populaires.  P. et DM