vendredi 26 janvier 2024

21 janvier 1924 : la mort de Lénine, dirigeant de la révolution russe

 21 janvier 1924 : la mort de Lénine, dirigeant de la révolution russe

24 Janvier 2024

Le 21 janvier 1924, Lénine mourait. La classe ouvrière russe perdait le principal dirigeant de la révolution et de l’État qui en était issu. Ce décès allait avoir des conséquences catastrophiques.

Lénine a été l’exact contemporain de l’extraordinaire montée ouvrière de la fin du 19e siècle au début des années 1920. Elle a culminé avec la révolution d’Octobre en Russie, la construction du premier et, jusqu’à ce jour, unique État ouvrier, la vague révolutionnaire de 1917-1923, la fondation de l’Internationale communiste, qui voulait être le parti mondial de la révolution prolétarienne. Lénine fut, avec Trotsky, le dirigeant révolutionnaire le plus éminent de cette période. Toute sa vie, tous ses choix politiques et son génie particulier l’y avaient préparé.

De son vrai nom Vladimir Ilitch Oulianov, il était né en 1870 dans la famille d’un fonctionnaire russe, responsable des écoles de la région de Simbirsk. L’Empire des tsars se caractérisait alors par son arriération économique, sociale et morale, le poids de la dictature et de l’Église. Chaque génération de la jeunesse intellectuelle fournissait son contingent de révolutionnaires prêts à tout sacrifier pour renverser ce régime. Le frère aîné de Lénine, Alexandre, fut ainsi condamné et exécuté en 1887 pour avoir fabriqué des bombes destinées au tsar. Vladimir ainsi que son frère cadet et deux de ses sœurs voulurent continuer son combat révolutionnaire.

Alors que le futur Lénine achevait ses études secondaires et cherchait sa voie politique, le mouvement ouvrier était en plein essor. En Europe de l’Ouest, et particulièrement en Allemagne, les travailleurs se dotaient de grands partis socialistes, armés du programme marxiste, réunis dans l’Internationale ouvrière en 1889. Dans l’Empire russe, une classe ouvrière moderne naissait, autour des industries extractives à capitaux européens, du textile, du chemin de fer indispensable à cet immense pays, des industries de guerre. Elle fut tout de suite très concentrée et combative. Du fait même de la dictature et de la férocité des rapports sociaux, les grèves spontanées débouchaient immanquablement sur des affrontements avec l’État.

Toute une génération de révolutionnaires, dont Lénine, reconnut alors dans le prolétariat la seule classe sociale capable de renverser vraiment l’ordre existant, non seulement dans l’Occident développé mais aussi dans la Russie arriérée. Le combat de ces militants était entrecoupé de périodes de prison et de déportation, mais continuait dans trois directions : il fallait militer parmi les travailleurs et participer à tous leurs combats ; approfondir les idées et se délimiter des autres courants politiques ; nouer des liens avec les autres groupes militant sur la base du marxisme, en particulier avec la génération précédente, désormais dans l’émigration et dont le capital politique était indispensable.

Cette activité, dans laquelle Lénine prenait une part de plus en plus importante, se concrétisa à partir de 1901 par la publication de l’Iskra, journal politique clandestin, diffusé dans tous les centres ouvriers de Russie. Elle déboucha sur la constitution du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), en 1903.

À l’occasion de ce congrès constitutif, puis dans la période qui suivit et jusqu’à la révolution de 1905 en Russie, Lénine développa deux idées-forces. Il insistait sur la nécessité de construire une organisation de révolutionnaires professionnels qui puisse assurer la continuité politique et matérielle de l’activité. Il militait aussi pour que, dans la révolution à venir, la classe ouvrière soit préparée à prendre la tête du mouvement contre le tsarisme, avec ses méthodes, en avançant ses revendications et des perspectives en lien avec le prolétariat européen. C’est sur cette base politique et sur celle d’une patiente activité d’organisation que se construisit le Parti bolchevique.

En août 1914, la grande majorité des partis de l’Internationale ouvrière trahirent leur programme et leurs engagements, chacun se rangeant derrière sa bourgeoisie dans la guerre qui commençait. Lénine et une grande partie des bolcheviks, eux, restèrent internationalistes, affirmant qu’il fallait transformer la guerre impérialiste en guerre civile. C’était dire, de la façon la plus directe et la plus complète, qu’on ne peut sortir de la boucherie impérialiste que par la révolution prolétarienne.

À partir de 1917, les travailleurs des pays en guerre commencèrent à relever la tête et le programme de Lénine devint, progressivement, celui de millions de prolétaires, en Russie, en Allemagne, en Italie, etc. En Russie, maillon le plus faible de la chaîne impérialiste, les ouvriers de Petrograd chassèrent le tsar en février 1917. L’activité passée de Lénine, incarnée dans le Parti bolchevique, l’orientation qu’il sut donner à celui-ci rendirent possible la prise de pouvoir par la classe ouvrière en octobre 1917. C’est son autorité, acquise par tout son passé, qui convainquit ses camarades que le prolétariat pouvait prendre et garder le pouvoir, dans un pays en crise, ravagé par la guerre, arriéré, à majorité paysanne.

Lénine fut le principal dirigeant de cet État ouvrier qui dut faire face à de multiples difficultés : les interventions étrangères et la résistance des anciennes classes possédantes, la désorganisation générale, la famine et le typhus. Il fut aussi le principal dirigeant de l’Internationale communiste, proclamée en 1919 pour que les travailleurs du monde entier se donnent l’outil de leur libération. C’était deux aspects d’un même combat, car ni Lénine ni aucun bolchevik n’imaginait à l’époque que la Russie des soviets pût se maintenir sans le renfort des travailleurs des autres pays d’Europe ni ne doutait que l’objectif à atteindre fût la révolution mondiale.

La Russie des soviets restait isolée, partout la classe ouvrière dut battre en retraite. Les déformations bureaucratiques de l’État ouvrier apparurent, combattues depuis le début par Lénine et Trotsky, mais elles s’étendirent et se cristallisèrent autour de Staline et de son clan. Lénine entama aux côtés de Trotsky le combat contre le stalinisme naissant, jusqu’à son décès, à 54 ans, en 1924. La bureaucratie allait alors pouvoir transformer son cadavre en momie et faire de l’enseignement du léninisme un catéchisme absurde.

Après Lénine, la tradition et l’expérience du marxisme révolutionnaire allaient être défendues et transmises aux générations suivantes par Trotsky et ses compagnons. Aujourd’hui, Lénine reste, et restera, celui qui a osé mener une politique révolutionnaire par laquelle les travailleurs ont pris en main leur propre destinée et celle d’un pays tout entier, faisant de la révolution mondiale une perspective réelle.

                                                         Paul GALOIS (Lutte ouvrière n°2895)

 

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-Aujourd’hui vendredi 26 janvier : de 15h40 à 16 h40 au marché du Val-Nord ;

-et de 17 h.15 à 18 h.15, « Carrefour Babou » ;

-Samedi 27 janvier : de 10 h.15 à 10 h55 devant Monoprix 

-de 10 h30 à midi, centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11 h à midi devant Auchan au Val-Sud ;

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-Dimanche 28 janvier, de 10 h15 à 10 h55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h à midi au marché Héloïse ;

-Lundi 29 janvier : de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien ;

-Mercredi 31 janvier : de 11 h.30 à midi, marché des Champioux.

 

 

Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.

 

 

N’oubliez pas maintenant de réserver votre billet d’entrée pour notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24 mars prochain. Parlez-en autour de vous. Le prix du repas est désormais fixé. Comme l’an dernier, 17 euros pour les adultes, 8 pour les enfants jusqu’à 14 ans.

 

Samedi 27 janvier

Cercle Léon Trotsky

Chaos économique mondial et marche à la guerre : un système capitaliste à renverser

À 15h00

Grande salle de la Mutualité

24 rue Saint-Victor, Paris 5e Métro Maubert-Mutualité

Participation aux frais : 3 euros

                                                        RDV à Argenteuil 13 h30

IVG : un droit pour lequel se battre

Quand les phallocrates se mêlent du droit des femmes

 


 

Gérard Larcher, le président LR du Sénat, vient d’annoncer qu’il s’opposait à l’inscription du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution.

         Cette sanctuarisation ne sera de toute façon pas un rempart protégeant les femmes contre la disparition des centres d’IVG, les déserts médicaux… Le gouvernement s’applique à démolir dans les faits le droit d’avorter, et tâche de le camoufler derrière cette inscription.

         Mais c’est encore trop pour ce phallocrate de Larcher, qui prétend encore disposer du corps des femmes. La lutte pour les droits des femmes ne sera jamais finie dans cette société d’inégalités.

 

Argenteuil, projet Gabriel Péri, la réunion de mercredi soir : posez des questions mais n’attendez pas d’obtenir une réponse (À suivre)

 

Pas de question qui fâche

 

 

Mercredi soir, la municipalité organisait une réunion sur son projet de transformation de l’avenue Gabriel Péri. Celui-inquiète et interroge beaucoup au vue de la participation importante à cette rencontre. L’auditorium de l’hôtel de ville était complètement occupé.

         Sur les deux heures, 40 minutes étaient prévues pour les questions de la salle. Mais des questions importantes, si elles ont pu être posées, n’ont pas pour autant obtenu de réponse.

         Ainsi sur l’absence totale dans le projet présenté d’un lien avec un autre projet d’envergure, contesté, celui de l’espace Jean Vilar. À la question également sur l’idée d’un referendum sur ce projet « Canopée » (en toute modestie), il n’a pas été également répondu.

         J’ai pu poser une vraie question à propos de cette Canopée à près de 18 millions d’euros prévus. Une telle dépense exige de réfléchir s’il peut réussir ou pas, aux obstacles qui peuvent s’opposer ou pas à sa réussite. Des projets annoncés comme devant conduire à des succès à coup sûr, la population d’Argenteuil connaît. Souvenons-nous de la piétonisation d’une fraction de la rue Paul-Vaillant-Couturier dans les années 1990 ou encore à la réalisation du centre commercial Côté Seine inauguré en 2002.

         L’objectif du projet est de dynamiser l’avenue Péri comme cœur de ville non seulement commercial mais aussi social en tant que lieu de partage des habitants. Soit. Ma question portait donc sur un obstacle important pour la réussite du projet. Comment les concepteurs et la municipalité comptaient surmonter un problème majeur de la géographie urbaine et commerciale d’Argenteuil ?  Le fait que le vieux centre concerné est celui d’un milieu populaire, paupérisé aujourd’hui de surcroît, alors que les quartiers périphériques, sont à dominante pavillonnaire et peuplés par les couches supérieures du monde du travail, visés pour qu’ils reviennent vers ce centre. Le problème étant que ces derniers ont organisé leurs achats vers l’extérieur, vers Saint-Gratien, Sannois, et Enghien, voire les 4 Temps de la Défense ou les 4 Fontaines de Cergy, grâce sur ce plan à l’ouverture vers l’A15.

         Un vrai et fondamental problème auquel il n’a pas été répondu, mais qui a permis à l’adjoint au commerce de botter en touche par une remarque déplacée à mon égard.

         Cela donne une idée de la nature du débat engagé. Il est vrai que le projet est déjà ficelé, et que la concertation et les changements ne se produiront qu’à la marge ! DM