Des
travailleurs traités comme des criminels
08 Novembre 2023
Des centaines de travailleurs
gazaouis, arbitrairement emprisonnés par le gouvernement israélien depuis le 7
octobre, viennent d’être renvoyés à Gaza, sous les bombes.
Jusqu’alors, ils étaient
18 500 à détenir un titre de séjour qui leur permettait de travailler sur
le sol israélien. Même si les salaires y sont bas, que le travail est pénible
et précaire, pour nombre d’habitants de Gaza, où le taux de chômage est énorme,
travailler en Israël est le seul moyen d’avoir un revenu.
Mais, dès le 10 octobre, en
réaction à l’attaque du Hamas, le gouvernement israélien a supprimé les titres
de séjour, transformant ces travailleurs en sans-papiers. Environ 5 000
d’entre eux ont été expédiés en Cisjordanie, vivant une existence très
difficile, suspendus aux nouvelles de Gaza et comptant quotidiennement les
morts. Certains ont ainsi perdu tous les membres de leur famille et ne peuvent
même pas aller les enterrer. Ils désirent rentrer à Gaza mais l’État israélien
refuse leur transfert.
Ceux qui n’ont pas eu le temps de
rejoindre la Cisjordanie, eux, ont connu un sort encore plus terrible. Ce sont
eux que le gouvernement israélien a commencé à expulser. Dans un premier temps,
ils ont été au mieux parqués dans des gymnases ou des camps. Beaucoup
témoignent ne pas avoir été nourris régulièrement ou avoir été privés d’eau.
Mais d’autres ont été arbitrairement arrêtés, envoyés en prison ou dans des
bases militaires. Là, ils ont subi des tortures et des humiliations de la part
de soldats et de policiers. La Knesset (le Parlement israélien) a même voté en
urgence une loi permettant de doubler la capacité d’occupation d’une cellule de
prison.
Vendredi 3 novembre, les premiers
de ces Palestiniens ont été sortis de prison et déposés au point de passage de
Karem Abou Salem aux portes de Gaza. Ils ont témoigné des mauvais traitements
et montré les traces des sévices subis. Ils n’ont rien pu emporter de ce qu’ils
avaient laissé en Israël et la plupart, épuisés et terrifiés, n’ont plus qu’à
parcourir tout le territoire dans l’espoir de retrouver des survivants de leur
famille, après avoir éprouvé jusque dans leur chair le mépris des dirigeants
israéliens vis-à-vis des Palestiniens en général, et des travailleurs en particulier.
Aline
URBAIN (Lutte ouvrière n°2884)
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Proche-Orient. Ce sont des articles dont la lecture est particulièrement
nécessaire actuellement.
Les prochaines
permanences prévues :
-Aujourd’hui dimanche
12 novembre : de 10 h.15 à 10 h.55
devant Intermarché du Centre ;
-et de 11
heures à midi au marché Héloïse ;
-Lundi 13
novembre, de 18 h. à 19 h. centre commercial des Raguenets ;
-Mercredi 15
novembre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux.
Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la
librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier
du Val-Nord que nous remercions.