samedi 4 novembre 2023

Derrière Netanyahou, l’armée. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière

Derrière Netanyahou, l’armée

01 Novembre 2023

Malgré la pression à l’union sacrée, la cote de popularité de Netanyahou, le chef du gouvernement israélien, a dégringolé. Un institut de sondage, qui la mesurait à 43 % au mois de juin, la situe aujourd’hui à 18 %.

Mais Netanyahou pourrait aussi bien être remplacé par un autre dirigeant ayant plus de crédit dans la population, qui mènera fondamentalement la même politique guerrière, car au bout du compte c’est l’armée, c’est-à-dire l’appareil d’État qui décide.

Avant l’attaque du Hamas et le déluge de bombes déversées sur les Gazaouis, il y avait depuis le mois de janvier en Israël des manifestations importantes. Chaque samedi, des dizaines voire des centaines de milliers de personnes se rassemblaient pour dénoncer la réforme judiciaire qui aurait davantage laissé les mains libres à Netanyahou. Mais après les attaques du Hamas, du jour au lendemain, la contestation a été remise à plus tard. Le leader d’un collectif national d’étudiants contre la politique du gouvernement, qui rassemblait 15 000 membres, a expliqué que son organisation, qui participait à la mobilisation contre Netanyahou, a « changé de nature », devenant une organisation de mobilisation pour la guerre. Car au même moment, le gouvernement annonçait la mobilisation de 350 000 réservistes.

Mais Netanyahou n’a pas vraiment profité de ce revirement de l’état d’esprit. En effet, c’est lui qui, aux yeux de la population, a dû porter la responsabilité du fait que l’armée, et au-dessus d’elle le gouvernement, n’ont ni prévu ni empêché l’attaque du Hamas. Pour l’instant, unité nationale oblige, la plupart des dirigeants politiques de l’opposition n’ont pas pour autant demandé la démission de Netanyahou. Ils disent qu’il faudra « lui régler son compte » plus tard, « après la guerre ». Mais, que Netanyahou saute ou qu’il reste chef du gouvernement, avec la guerre enclenchée à Gaza, le pouvoir va de plus en plus glisser dans les mains des généraux. La semaine qui a précédé l’offensive militaire terrestre contre Gaza, le porte-parole de l’armée a déclaré que celle-ci était prête à l’action, sous-­entendant que c’était le gouvernement qui l’empêchait d’agir.

Or, même si en Israël l’armée est presque intouchable car pour beaucoup elle représente « le peuple en armes », fondamentalement, elle est au service des classes riches et des intérêts des grandes puissances qui soutiennent Israël, à commencer évidemment par les États-Unis.

Et de fait, si les jeunes réservistes d’à peine 20 ans montrés dans les médias sont fiers d’aller se battre, ils vont être entraînés dans une guerre qui n’est pas la leur. Beaucoup pensent sûrement aller défendre « leur patrie » qu’ils identifient presque à leur famille, mais ils devront obéir aux ordres de leurs généraux qui, eux, obéiront à ceux de l’impérialisme.

À Gaza, ces jeunes recrues vont aller risquer leur vie. Beaucoup n’en reviendront pas. Les autres seront détruits de l’intérieur par le sale boulot qu’ils auront été obligés d’accomplir. Et pour quelle perspective, si ce n’est un éternel recommencement guerrier ? Car c’est bien à cela que se résume l’histoire de l’État d’Israël et donc, qu’elle l’ait voulu ou non, de sa population. C’est l’impérialisme qui a profité de toutes les guerres passées entre Israël et les Palestiniens et les États arabes. Car, en dressant les peuples les uns contre les autres, il a jusqu’à présent maintenu intacte sa domination sur la région.

                                      Pierre ROYAN (Lutte ouvrière n°2883)

 

Bangladesh : vive la lutte et la grève des travailleurs

 

Prolétaires de tous les pays, unissons-nous !

 

 

Des milliers d’ouvriers du textile du Bangladesh sont en grève et ont érigé des barricades à Dacca. Ils exigent un salaire minimum équivalents à 190 euros alors que les leurs plafonnent actuellement à 70 euros. Leur colère a été relancée avec la mort de deux ouvriers dues à la répression contre eux.

         Alors que le fruit de leur travail fait les profits des grandes marques occidentales qui ont largement les moyens de payer des salaires décents, ces travailleurs ont mille fois raison de se battre.

Chasse aux pauvres à l’occasion des JO de Paris

 

Cachez ces pauvres qu’ils ne sauraient voir

 

 

Plusieurs associations, dont Médecins du Monde et Emmaüs, ont manifesté devant le siège du comité d'organisation de Paris 2024. Elles dénoncent le « nettoyage social » engagé en Ile-de-France dans le cadre de la préparation des Jeux Olympiques. Outre la réquisition de logements étudiants, cette véritable chasse aux pauvres se traduit par l'évacuation de squats et de foyers de travailleurs immigrés, le démantèlement de campements informels et le déplacement forcé de sans-abri sans que soient proposées des solutions de remplacement.

         Il ne faudrait pas que leur présence gâche l’explosion de bénéfice espérée par tout un patronat, des hôteliers aux grands du BTP en passant par les multinationales sponsors des JO...