Palestiniens,
les damnés de la Terre
01 Novembre 2023
Fin octobre, les bombardements
israéliens avaient déjà fait officiellement plus de 8 000 morts dans la bande
de Gaza. Tous ces morts sont invisibles, sans visage dans les médias, comme si
la vie d’un Palestinien ne comptait pas aux yeux des grandes puissances. Les
Palestiniens meurent comme ils vivent, dans la misère et l’oppression.
À Gaza, ils sont plus de deux
millions à étouffer dans cette prison à ciel ouvert, avant qu’elle ne se
transforme en gigantesque cimetière. Sans infrastructure, ni industrie, sans
emplois, les habitants dépendent depuis longtemps de l’aide humanitaire. L’eau
et l’électricité sont rationnées en permanence.
En Cisjordanie, la pauvreté est
tout aussi importante. Bien des Palestiniens n’y connaissent que la vie dans les
camps de réfugiés. Ils sont désormais encerclés par un mur immense. La
colonisation israélienne se traduit par des spoliations de terres, par des
routes séparées, des blocages de circulation pour laisser passer les colons.
Les Palestiniens qui s’approchent trop du mur ou des colonies risquent la mort.
Sans parler des incursions militaires dans les zones encore laissées aux
Palestiniens, des maisons détruites par l’armée d’occupation. Leurs terres,
leurs villages, leurs maisons, jusqu’à l’insouciance de leurs enfants leur ont
été volés.
Avant 2000, un tiers des
travailleurs palestiniens de l’ensemble des Territoires occupés allaient
travailler en Israël. Il ne restait que 33 000 Palestiniens avec un permis
de travail avant octobre 2023. C’est bien souvent le seul moyen de faire manger
sa famille, mais il signifie subir toutes sortes d’humiliations, les attentes
aux postes de contrôle, les milliers de shekels à payer pour obtenir un permis
de travail censé être gratuit, les salaires inférieurs de 20 à 30 % à ceux
des travailleurs israéliens, les emplois insalubres et les injustices, car les
patrons, israéliens ou palestiniens, profitent sans vergogne de cette
situation.
Après l’attaque du Hamas, des
milliers de travailleurs gazaouis ont été expulsés du jour au lendemain
d’Israël vers la Cisjordanie, et beaucoup de patrons en ont profité pour ne pas
payer les salaires dus.
Enfin, plus d’un million de
Palestiniens sont citoyens israéliens, leur famille étant restée après 1948.
Mais ils sont des citoyens de seconde zone. Les salaires, les prestations
sociales sont différents. Et, bien entendu, les infrastructures, le nombre
d’écoles, de centres de soins, diffèrent selon que l’on vit dans un quartier
juif ou arabe.
Où qu’il vive, un Palestinien
doit subir des humiliations et se taire pour ne pas risquer la prison, la
destruction de sa maison, la perte de son emploi. Pour toutes ces raisons,
chaque génération a fourni des combattants. Ce n’est ni la révolte ni la
détermination qui leur ont manqué.
Si le Hamas peut aujourd’hui
prétendre les représenter, la responsabilité en revient à bien d’autres :
aux dirigeants nationalistes de l’OLP, qui sont devenus les chefs d’une
Autorité palestinienne corrompue et s’accommodant de la colonisation
israélienne ; aux dirigeants des pays arabes, qui se servent de la cause
palestinienne comme d’un drapeau, mais laissent moisir dans la misère leur
propre peuple tout comme les réfugiés palestiniens sur leur territoire ;
et enfin, au mouvement ouvrier israélien, qui a accepté cette oppression
infâme.
Cette oppression des Palestiniens
parle aux pauvres du monde arabe. Elle finira par parler aussi aux exploités en
Israël, car ils payent les conséquences de cette politique coloniale. Pour
sortir de cette situation, il faudra des militants capables de proposer l’union
indispensable des prolétaires palestiniens, arabes et israéliens, afin
d’abattre toutes les oppressions.
Marion AJAR (Lutte ouvrièren°2883)
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la situation au Proche-Orient. Ce sont des articles dont la lecture est
particulièrement nécessaire actuellement.
Les prochaines
permanences prévues :
-Vendredi 3
novembre, de 10 h. à 10 h.30 devant Intermarché du Centre ;
-de 15 h.40 à
16 h.40 au marché du Val-Nord ;
-et de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour
« Babou » ;
-Samedi matin 4
novembre, de 10 h.15 à 10 h.55 Monoprix ;
-de 11 h. à
midi au marché de la Colonie ;
-et de 11 h. à
midi, devant Auchan, Val-Sud ;
-Lundi 6
novembre, de 18 h. à 19 h. centre commercial des Raguenets ;
-Mercredi 8
novembre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux ;
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quartier du Val-Nord que nous remercions.
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vos agendas, le rendez-vous lointain de notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24 mars prochain. Dès à présents, parlez-en autour de vous
et réservez. Le prix du repas est désormais fixé. Comme l’an dernier, 17 euros
pour les adultes, 8 pour les enfants jusqu’à 14 ans.