vendredi 27 octobre 2023

Prime pouvoir d’achat : loin du compte

 

Et les agents des collectivités territoriales ?

 



Les fonctionnaires employés dans les fonctions publiques d’État et hospitalière vont toucher fin octobre une prime dite « pouvoir d’achat » pouvant aller de 300 à 800 euros. Les agents des collectivités territoriales en sont exclus si les maires et autres responsables de ces collectivités ne le veulent pas.

Dans tous les cas, face à la flambée des prix constatée depuis des mois, c’est moins qu’un sparadrap sur une jambe de bois.

Les travailleurs ne peuvent se contenter de telles mesurettes. Ils ont besoin de salaires mensuels qui ne soient pas inférieurs à 2 000 euros pour vivre dignement.

Kéolis, bravo aux grévistes de Montesson (78). Ils ont démontré que l’on ne peut subir des attaques sans réagir

                                                    Une grève déterminée

25 Octobre 2023

Après six semaines de grève, les machinistes de Kéolis Montesson ont repris le travail. Ils n’ont pas récupéré les primes supprimées, mais une partie des jours de grève est payée. Ils ont montré qu’ils ne se laissent pas faire. Cela vaut pour l’avenir et pour tous les travailleurs du transport, visés par les appels d’offres, dans le but de revoir à la baisse les rémunérations et les conditions de travail.

Que les patrons et l’État sachent que les travailleurs résistent et se défendent. On serait encore plus forts en se battant tous ensemble.

                                             Écho des bulletins Lutte ouvrière RATP-Bus

Dassault – Argenteuil : la santé des profits d’abord

         Dassault – Argenteuil : la santé des profits d’abord

25 Octobre 2023

À la suite du dépôt de la déclaration d’un danger grave et imminent (DGI) par le syndicat CGT, l’usine d’Argenteuil de Dassault Aviation vient d’être passée en revue par l’inspection du travail.

Le point de départ était le ponçage, parfois au beau milieu de l’atelier, de revêtements d’avions, alors que cette opération nécessite un équipement et une isolation spécifiques. La direction fait aussi souvent appel à des travailleurs intérimaires pour l’effectuer. Après ce signalement, l’inspection du travail a fait le tour de l’usine et a pu ainsi découvrir, bien cachés dans un recoin, des dépôts d’amiante venant de travaux datant de plusieurs mois. S’il est difficile aujourd’hui de savoir si ces travaux ont été faits sous un confinement pourtant indispensable, les travailleurs se souviennent que leurs camarades de l’entreprise responsable du déconfinement partageaient les mêmes vestiaires qu’eux et y venaient avec leurs vêtements de travail souillés, notamment pour s’y doucher. Question confinement, c’est non seulement raté, mais lourd de menaces pour tous.

Par ailleurs, la direction est incapable de fournie les dates de révision réglementaire des équipements de sécurité des machines.Elle a depuis des années réduit l’effectif du service d’entretien au point que ce service, le MIG, est aujourd’hui une coquille vide sans effectifs ni ressources. Pour mémoire, Dassault Aviation affichait une trésorerie record de près de 10 milliards en 2022 et 250 millions de dividendes versés aux actionnaires, soit largement de quoi payer les salariés qui seraient indispensables !

Les travailleurs viennent à l’usine pour gagner leur vie, pas pour s’y bousiller la santé, alors ce DGI n’aura donc pas été inutile. Si la direction de l’usine est évidemment bien plus au service des actionnaires qu’à l’écoute de l’inspection du travail, ce DGI aura permis de mettre en lumière le je-m’en-foutisme de Dassault quant à la santé des salariés et la nécessité d’imposer de véritables conditions de sécurité pour tous.

                                                    Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2882))

Cuivre du Panama : pour quelques dollars de plus...

 

Des paroles et des broutilles

 

 


Au Panama, sous la pression de manifestations massives, la société canadienne First Quantum Minerals, qui y exploite la plus grande mine de cuivre d’Amérique centrale ainsi que 8 000 mineurs, a accepté de multiplier par dix sa contribution au budget de l’État.

Mais que pèsent ces 375 millions de dollars annuels pour des actionnaires qui pillent les richesses de ce pays depuis 1997 ? Et que vaut leur promesse d’investir des millions pour améliorer la vie des communautés proches de la mine ?

jeudi 26 octobre 2023

Pour une Fédération socialiste des peuples du Moyen-Orient ! Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître

Pour une Fédération socialiste des peuples du 

Moyen-Orient !

25 Octobre 2023

Quelle perspective aujourd’hui peut avoir le peuple palestinien qui enrage de l’oppression et des massacres qu’il subit de la part de l’armée israélienne, et de la misère dans laquelle sont plongées les couches populaires, ouvriers et petits paysans dépouillés de leur terre ? Quelle perspective peut avoir le peuple d’Israël, et ceux qui dans le pays ne vivent que de leur travail, transformés en soldats permanents pour maintenir un ordre injuste ?

 


La population des pays du Moyen-Orient vit sous le joug de régimes dictatoriaux qui protègent les exploiteurs et la petite minorité des classes riches. Elle est victime d’un ordre impérialiste, dominé aujourd’hui par les États-Unis, qui a créé le chaos dans la région en multipliant des divisions artificielles.

Les bourgeoisies locales, attachées à l’ordre capitaliste, essayent d’y trouver leur place, sur le dos de leur propre peuple.

Mais, contrairement à ce que peuvent dire des « spécialistes », promoteurs de l’ordre impérialiste, les divisions des peuples du Moyen-Orient ne viennent pas d’une opposition séculaire, de haines religieuses et culturelles. Elles sont la conséquence d’une politique délibérée de division imposée par les puissances impérialistes, d’abord française et anglaise, suivies par l’impérialisme américain lorsqu’il a pris le dessus sur ses concurrents.

Cela a commencé dès la fin de la Première Guerre mondiale en 1917-1918, par le dépeçage de l’Empire ottoman, allié de l’Allemagne, dans lequel, pendant des siècles, musulmans, juifs et chrétiens avaient coexisté sans trop de problèmes.

Les tendances à l’unité ont été combattues par les armées française et anglaise. Et, en vue d’exercer leur mainmise, les deux puissances ont créé des États en traçant des lignes sur les cartes. Ainsi l’impérialisme français a détaché le Liban de la Syrie et y a instauré un régime basé sur les divisions confessionnelles.

De même en Palestine, pour combattre toute poussée anticoloniale, la Grande-­Bretagne a ouvert la voie à la fin de la Première Guerre mondiale à l’implantation de colons juifs, au nom du sionisme, pourtant ultra-­minoritaire dans les communautés juives à travers le monde.

C’est la Deuxième Guerre mondiale, et le massacre de la moitié de la communauté juive d’Europe par les nazis, six millions d’hommes, de femmes et d’enfants, qui a entraîné l’arrivée en Palestine de centaines de milliers de survivants cherchant un asile protecteur sur cette terre deux fois promise.

En effet, le courant religieux du sionisme s’appuyait sur la Bible hébraïque, la Torah, pour désigner ainsi la bande de terre située entre le Jourdain et le Mont Liban. L’impérialisme anglais avait promis en 1917 d’y protéger les implantations juives... en même temps qu’il promettait de permettre la création d’un grand royaume arabe.

Après la création de l’État d’Israël en 1948, ses dirigeants allaient entraîner sa population dans une politique de spoliation des terres occupées par des Palestiniens arabes.

L’impérialisme américain prit définitivement les rênes après 1956 et l’intervention franco-anglaise pour tenter de reprendre le contrôle du canal de Suez, nationalisé par le président égyptien Nasser, dans une intervention soutenue par l’armée israélienne. Le Moyen-Orient, avec son pétrole, était devenu une région stratégique pour l’impérialisme.

Les peuples du Moyen-Orient ont vécu la faillite de toutes les politiques nationalistes bourgeoises. L’impérialisme s’est servi de l’existence d’États et de nationalismes concurrents pour imposer sa domination, au besoin en les jetant dans des guerres les uns contre les autres. Les peuples de la région ont ainsi connu une succession de conflits, agressions directes ou indirectes des armées impérialistes.

Et pourtant l’énergie de ces masses les plus déshéritées, de la jeunesse, toutes avides de changement, a pu se manifester à de multiples reprises au cours des dernières décennies, de la Palestine au Liban, ou lors des printemps arabes pour ne parler que d’eux. Les impasses, passées et présentes, sont liées à la bourgeoisie elle-même, au mythe de l’unité nationale derrière les exploiteurs locaux, qui ne valent guère mieux que les géants impérialistes, car ils s’en font toujours les auxiliaires, tôt ou tard.

Pour les masses exploitées de cette région, pour mettre fin à leur exploitation et leur oppression, il est indispensable de briser les appareils d’État concurrents qui permettent aux différentes bourgeoisies de s’approprier un butin et de se dresser les unes contre les autres. C’est ce qui permet à l’impérialisme de les manœuvrer. Les intérêts des classes exploitées n’ont rien de commun en réalité avec ceux de leurs exploiteurs locaux.

Mettre fin à la domination impérialiste sur la région nécessite de réaliser l’unité des travailleurs des différents pays, d’abattre les frontières, les régimes, les États et les bourgeoisies locales qui les défendent.

Cela implique d’instaurer le pouvoir des travailleurs à l’échelle de la région, dans le respect du droit de chaque peuple à avoir son existence nationale sous la forme qu’il choisira. La forme politique de ce pouvoir des travailleurs ne peut être que celle d’une Fédération socialiste des peuples du Moyen-Orient.

                                                   Paul SOREL (Lutte ouvrière n°2882)

 

Achetez, lisez le numéro 2882 à paraître de Lutte ouvrière de cette semaine. Il contient de nombreux articles sur la situation au Proche-Orient. Ce sont des articles dont la lecture est particulièrement nécessaire actuellement.

 

Les prochaines permanences prévues :

-Aujourd’hui mercredi 25 octobre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux ;

-Vendredi 27 octobre, de 15 h.40 à 16 h.40 au marché du Val-Nord ;

 -et de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour « Babou » ;

-Samedi matin 28 octobre, de 10 h. à 10 h.30 marché des Coteaux ;

- et de 11 h. à midi au marché de la Colonie ; 

-Dimanche 29 octobre : -de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché ;

-et de 11 h. à midi, marché Héloïse ;

-Mercredi 1er novembre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux ;

Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.

Manifestation à Paris contre les massacres de l'armée israélienne à Gaza mardi soir : l’intervention de Jean-Pierre Mercier

S’opposer à la politique de l’État israélien, ce n’est pas être antisémite. Comme si ce n’était pas évident.

 

Une imposture

 

 

Les dirigeants d’Israël, et certains dirigeants français, traitent d’antisémites tous ceux qui critiquent la politique d’Israël, autrement dit les accusent d’être racistes envers les juifs.

C’est une imposture, pour faire croire que tous les juifs sont solidaires de la politique coloniale d’Israël, et pour faire taire toute critique. Or ceux qui, en Europe ou ailleurs, sont antiracistes, sont également révoltés par l’antisémitisme. Et ils peuvent être tout autant révoltés par la façon dont Israël se comporte à l’égard des Palestiniens.

Les taxer d’antisémitisme n’est qu’une manœuvre et un chantage pour les réduire au silence.