Israël : l’impasse d’une politique
18
Octobre 2023
Dans
la foulée de l’attaque du Hamas le 7 octobre, le Premier ministre, Benjamin
Netanyahou, a constitué un cabinet d’union nationale, composé notamment de
militaires ou d’anciens militaires. Y siègent l’ancien chef d’état-major Benny
Gantz ou le ministre de la Défense, Yoav Gallant, qui a récemment expliqué que
les Gazaouis étaient des « animaux humains ».
Le
gouvernement constitué avec l’extrême droite nationaliste et religieuse en
décembre 2022 existe toujours. Mais, tant que durent les opérations militaires,
c’est ce cabinet de guerre qui dirige le pays. Pour rallier l’opposition,
l’extrême droite en a été écartée. Ce n’est peut-être pas pour déplaire à
Netanyahou, qui retrouve ainsi une certaine indépendance vis-à-vis de ses
alliés qui entendaient lui dicter sa politique.
Dans
la population, le sentiment qui semble prévaloir est qu’il faut serrer les
rangs et cesser la contestation de Netanyahou le temps de faire la guerre au Hamas.
Mais c’est précisément cet état de guerre, dans lequel la population
israélienne se retrouve plongée régulièrement, qui a favorisé le développement
de l’extrême droite.
À
ses origines, au début du 20e siècle, le mouvement sioniste présentait la
création d’un État juif comme un moyen d’échapper aux persécutions subies en
Europe centrale. Après la Deuxième Guerre mondiale et l’extermination de
quelque six millions de Juifs d’Europe par les nazis, des centaines de milliers
de rescapés affluèrent pour fonder, en 1948, l’État d’Israël. Pour imposer
cette création à la Grande-Bretagne qui contrôlait alors la Palestine, les
groupes sionistes ne reculèrent d’ailleurs pas devant une violence armée
terroriste, y compris pour expulser les populations arabes.
Lors
d’une première guerre contre les États arabes, en 1948-1949, l’armée du jeune
État chassa de leurs terres plus de 700 000 Palestiniens. Ceux qui vivent
aujourd’hui à Gaza sont pour beaucoup les descendants des victimes de ce qui
fut une véritable politique de purification ethnique.
Une
partie des fondateurs d’Israël étaient issus du mouvement socialiste. Une
mythologie a été créée autour des kibboutz, des exploitations agricoles
collectives, dont le véritable objet a cependant été de favoriser la conquête des
terres, aux dépens des paysans arabes qui y vivaient. Au fil des années, les
partis de la gauche dite socialiste ont soutenu toutes les guerres menées
contre les Palestiniens, car le socialisme qu’ils prétendaient fonder ne leur
était pas destiné. Longtemps dominante dans la vie politique israélienne, la
gauche n’a cessé de s’affaiblir au profit des courants ultranationalistes et
religieux. Lors des élections législatives de novembre 2022, elle a connu une
véritable débâcle, tandis que les partis ultranationalistes progressaient.
Ainsi le parti Sionisme religieux est devenu la troisième force politique avec
10 % des voix. La colonisation de la Cisjordanie s’est accélérée, avec le
soutien de l’État et de l’armée.
De
nouveau aux affaires depuis ce scrutin, Netanyahou a certes été confronté à une
importante mobilisation contre sa réforme du système judiciaire, qui voulait
réduire les pouvoirs de la Cour suprême, souvent apparue comme un
contre-pouvoir face à l’extrême droite. Mais cette opposition n’a pas remis en
cause la politique de l’État vis-à-vis des Palestiniens.
Sortir
de cet enchaînement sans fin d’affrontements et de guerres nécessitera de
rompre avec la logique nationaliste qui a prévalu depuis la fondation d’Israël.
Croire qu’il suffit d’avoir l’armée la plus forte est une illusion funeste. Les
deux peuples peuvent et devraient vivre en paix en partageant le même
territoire. Mais cela n’est possible qu’en reconnaissant les droits nationaux
de tous, à commencer par ceux des Palestiniens, et en mettant fin à la
politique de spoliation dont ils sont victimes.
Cette
perspective est en rupture totale avec celles des gouvernements qui se sont
succédé depuis 1948 et qui, en se faisant les instruments de l’impérialisme,
ont condamné les populations palestinienne et israélienne à vivre en guerre
permanente.
Michel BONDELET (Lutte ouvrière
n°2881)
Les prochaines
permanences prévues :
- Mercredi 25
octobre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux ;
-Vendredi 27
octobre, de 15 h.40 à 16 h.40 au marché du Val-Nord ;
-et de 17 h.15
à 18 h.15 au carrefour Babou.
Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la
librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du
quartier du Val-Nord que nous remercions.
N’oubliez pas de noter sur
vos agendas, le rendez-vous plus lointain de notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24 mars prochain. Dès à présents, parlez-en autour de vous
et réservez. Le prix du repas est désormais fixé. Comme l’an dernier, 17 euros
pour les adultes, 8 pour les enfants jusqu’à 14 ans.