mardi 17 octobre 2023

Décathlon, Mulliez, un mort au travail à Paris-Madeleine

Qu’importe la formation et les conditions de travail si le profit rentre

 

Actu.fr

En déchargeant un camion pour le magasin Décathlon du quartier de La Madeleine à Paris, un travailleur intérimaire a trouvé la mort. Depuis des jours, les syndicats avaient alerté sur les dangers encourus par les travailleurs au moment du réassortiment du magasin, parce qu’il faut aller vite et que le déchargement se fait au contact de la circulation routière.

         Le Décathlon de la Madeleine, dans un quartier très touristique de la capitale, est celui qui rapporte le plus à la famille Mulliez. Ce travailleur a été tué par un chariot élévateur, mais en fait c’est la course au profit qui est coupable.

 

lundi 16 octobre 2023

La « démocratie » à Argenteuil, de recul en recul… aux habitants d’en juger. À eux de réagir !

Un argumentaire et un prétexte qui donnent presque envie d’en rire

 

Le maire d’Argenteuil, Georges Mothron, vient de prendre un arrêté anti-tracts qui a pris effet vendredi dernier. Il s’agit d’interdire la distribution de tracts non seulement aux alentours du marché Héloïse mais également dans les rues avoisinantes.

         Nous avions cru comprendre que le maire d’Argenteuil avait une phobie du papier, mais cela apparemment se confirme. C’est le second arrêté anti-tracts qu’il prend en moins de trois mois. Pour le premier, il s’agissait d’en interdire la distribution à l’intérieur du dernier Forum des associations. À cette occasion, cela avait permis, en toute contre-production de la décision, un beau succès au Comité visé par cet arrêté, le Comité de Défense de l’espace Jean Vilar.

         Ce dernier arrêté prend prétexte des travaux qui débutent pour agrandir l’espace de la « plataneraie » qui se fait aux dépens des emplacements du marché (voir notre autre brève sur le sujet). Le vendredi, les travaux continueront sans doute, avec le marché. Ce sont les barrières mis en place qui risquent éventuellement de poser problème, pas les tracts ! Qu’à cela ne tienne. Quant au dimanche, à ce que l’on sache, ces travaux s’arrêtent. Par ailleurs, et c’est là l’essentiel, qui a vu les distributions de tracts perturber le marché Héloïse sur un boulevard éponyme privé de circulation ! Quant aux rues adjacentes…

         Cela donne l’impression d’une petite contribution municipale particulière à la force qui compte en Palestine pour les dominants, celle de l’État d’Israël, puisque les distributions notables de tracts au marché Héloïse ont toujours été celles de ceux qui à Argenteuil veulent faire entendre la voix du peuple palestinien. Sans que cela pose un quelconque problème.

          On pense également aux futures prises de position et informations du Comité Jean Vilar alors que la municipalité continue son affaire Fiminco, à travers la nouvelle étape "plataneraie" et des ennuis qui lui sont liés pour les commerçants et les clients modestes du marché dont l'avenir n'est plus sûr.

         Tout cela a un petit air de 1939 lorsqu’il ne faisait pas bon vouloir exprimer certaines convictions.

         À suivre donc au vue en particulier des futures réactions des Argenteuillais. Cela dit, si cela ne relevait pas d’une affaire si sérieuse, avec cette peur du "tract", il y aurait tellement de quoi rire ! Dominique MARIETTE, Lutte ouvrière-Argenteuil

 


 

L’État d’Israël, instrument de l’impérialisme. Retour sur le passé.

L’État d’Israël, instrument de l’impérialisme

11 Octobre 2023

Les États impérialistes qui dominent le monde soutiennent Israël dans sa guerre contre Gaza. Non seulement les moyens de l’armée israélienne sont sans commune mesure avec ceux des quelques milliers de combattants du Hamas, en particulier grâce à l’aide américaine, mais les États-Unis ont envoyé leur porte-avions le plus moderne, un croiseur, quatre destroyers et quelques sous-marins au plus près du conflit.

Il ne s’agit pas là de défendre la démocratie contre le terrorisme, ni le droit à l’existence du peuple juif, mais bien de défendre l’ordre impérialiste dont Israël est devenu le bras armé dans cette partie du monde.

Cela ne s’est pas fait en un jour. Le Moyen-Orient, auparavant sous domination ottomane, a échu après la Première Guerre mondiale à la France et à la Grande- Bretagne. Elles y tracèrent des frontières à leur convenance, réprimant férocement les sentiments nationaux des populations. Parallèlement, à partir de 1917, l’impérialisme anglais favorisa l’immigration juive en Palestine, y voyant un contrepoids possible à l’influence croissante des nationalistes arabes.

Le mouvement sioniste, qui prônait l’installation juive en Palestine, au départ très minoritaire, prit une autre résonance avec la Deuxième Guerre mondiale et l’extermination des Juifs. Le départ pour la Palestine, la construction d’un État juif semblaient alors l’unique solution à des survivants dont toute la famille, tout le passé, toutes les attaches avaient disparu. Des centaines de milliers d’entre eux partirent pour le Moyen-Orient, sans aucune aide des grandes puissances et même contre leur volonté, particulièrement contre celle de la Grande-Bretagne qui contrôlait encore la Palestine.

Du mouvement sioniste à la création d'Israël

Pour gagner un pays et un État, les militants sionistes créèrent des groupes armés, usèrent de la diplomatie et des attentats. En fin de compte, la Grande-Bretagne remit son mandat à l’ONU en février 1947. Puis, en novembre, l’ONU vota, en accord avec toutes les grandes puissances y compris l’URSS de Staline, le partage de la Palestine entre un État juif et un État arabe. Les deux parties refusèrent ce partage et une première guerre commença entre les milices sionistes et les États arabes voisins, au cours de laquelle, le 14 mai 1948, la création de l’État d’Israël fut proclamée. La guerre s’acheva, en novembre, par l’agrandissement du territoire israélien et sa reconnaissance de fait par les grandes puissances. Quant à l’État arabe palestinien envisagé, il n’allait pas voir le jour, la partie restante de la Cisjordanie et Gaza étant occupées par la Jordanie et l’Égypte.

Dans de nombreux villages palestiniens, la population fut expulsée, forcée de quitter les lieux pour s’installer dans des camps où ses descendants vivent toujours, au Liban, en Jordanie ou dans la bande de Gaza. Quelles qu’aient été les prétentions socialistes de nombre de jeunes pionniers d’Israël, leur enthousiasme et leur foi, les dirigeants sionistes de l’époque construisirent un État pour les seuls Juifs, contre les Palestiniens. Ils le firent même contre la volonté de l’ensemble des peuples de la région et sautèrent sur la première occasion de le démontrer aux yeux du monde. Après que, le 26 juillet 1956, l’Égypte de Nasser nationalisa le canal de Suez, la France et la Grande-Bretagne envoyèrent des troupes pour s’y opposer. Israël participa à l’opération militaire, gagnant ses galons de défenseur de l’ordre impérialiste dans la région.

Bras armé de l'impérialisme

Depuis cette époque, au cours de multiples guerres contre ses voisins et en brimant systématiquement la population palestinienne, les gouvernements d’Israël ont volontairement mis leur pays en situation de camp assiégé, même victorieux. C’est ce qui fait sa valeur aux yeux des dirigeants impérialistes et son utilité pour les aider à dominer cette région pleine d’importance stratégique et économique. Les dictatures des pays arabes, même acquises à l’impérialisme, sont fragiles et toujours à la merci d’une explosion venant de leur population pauvre, voire d’une révolution. L’État d’Israël en revanche s’appuie sur une population convaincue de devoir se placer par nécessité vitale dans le camp occidental et prête à se battre pour cela. L’État israélien, supposé appartenir par nature à ce camp, a toujours bénéficié d’une abondante aide financière et militaire de l’impérialisme et a soutenu toutes ses exactions.

En contrepartie, les dirigeants de l’impérialisme laissent les mains libres aux gouvernements israéliens et racontent l’histoire à leur façon. En France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis, contrées où l’antisémitisme eut longtemps pignon sur rue, la découverte de l’horreur des camps ne troubla guère la société pendant 25 ans. Mais, à mesure que la sécurité des exploitations pétrolières devenait cruciale, les régimes arabes instables, et que l’armée d’Israël se révélait apte à faire planer sa menace sur tout le Moyen Orient, les puissances impérialistes se découvrirent de grands protecteurs du droit à l’existence du peuple juif. L’extermination dans les camps nazis fut rebaptisée du terme religieux d’holocauste pour effacer les véritables raisons du massacre, produit d’une société capitaliste en crise. Le soutien sans faille à Israël, quoi que fasse son gouvernement, devint une constante de la politique des dirigeants occidentaux, comme le démontre encore une fois le déferlement pro-israélien actuel.

Les dirigeants de l’impérialisme et leurs porte-voix ne défendent pas les Juifs en armant Israël. Ils défendent leur ordre, au prix non seulement de la vie des Palestiniens, mais aussi de celle des Israéliens.

                                               Paul GALOIS (Lutte ouvrière n°2880)

 

Achetez lisez ce numéro 2880 de Lutte ouvrière. Il contient de nombreux articles sur la situation au Proche-Orient. On peut l’acheter auprès des camarades, lors de nos permanences sur Argenteuil, ou à la librairie Le Presse-papier avenue Gabriel Péri. Vous pouvez le commander auprès de moi-même. DM

 

 

Les prochaines permanences prévues :

-Aujourd’hui lundi 16 octobre, de 18 h. à 19 h. centre commercial des Raguenets à Saint-Gratien ;

-Mardi 17 octobre, de 18 à 19 heures devant l’Intermarché de la cité Joliot-Curie.

Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.