L’occasion
d’une mise en condition
11 Octobre 2023
Dès l’annonce de l’attaque du
Hamas sur le territoire israélien, les dirigeants des grandes puissances, de
Biden à Macron, suivis en France de la majorité des responsables politiques et
des journalistes, ont fait bloc derrière le gouvernement israélien.
Alors qu’avec Netanyahou les
relations étaient plutôt froides, Biden a immédiatement apporté son « soutien
inébranlable » à Israël, son plus fidèle gendarme au Moyen-Orient.
Nombre de dirigeants politiques français, LR, PS, EELV, plusieurs ministres ou
encore la présidente de l’Assemblée nationale, ont participé à la manifestation
organisée le 9 octobre par le Conseil représentatif des institutions juives de
France (CRIF), en « solidarité avec Israël contre le terrorisme ».
Au même moment, plusieurs préfets interdisaient des manifestations de soutien à
la population palestinienne.
Quant aux chaînes de télévision,
qui ignorent toute l’année le sort des Palestiniens enfermés dans la prison à
ciel ouvert qu’est Gaza ou expulsés de leurs terres ou de leurs maisons en
Cisjordanie, elles ont abondamment rapporté les témoignages, forcément
bouleversants, d’habitants israéliens victimes de l’assaut meurtrier du Hamas.
Les événements sont dramatiques,
tant pour la population israélienne que pour la population gazaouie qui en
subit les conséquences. Mais, pour tous ces dirigeants politiques, journalistes
et autres experts autoproclamés, l’affaire est simple : puisque le Hamas a
attaqué, en tuant des civils et en prenant des otages, il s’agit d’une attaque
terroriste qu’il faut punir. Que la punition « terrible »
annoncée par Netanyahou soit subie par la population de Gaza, enfermée, prise
sous un déluge de bombes, privée d’eau, d’électricité, de nourriture, n’a pour
eux aucune importance. De son côté, l’Union européenne, après d’autres pays, a
immédiatement annoncé la suspension, puis seulement la « révision »
des aides versées aux Territoires palestiniens.
Comme lors de l’invasion de
l’Ukraine par l’armée de Poutine, comme lors des attentats de 2015 à Paris, les
populations sont ainsi sommées de serrer les rangs derrière un prétendu camp
des démocraties, aujourd’hui incarné par Israël, qui en tant que démocratie –
mais pour qui ?– serait menacé par un camp des terroristes.
Tous ceux qui osent rappeler les
responsabilités écrasantes des dirigeants israéliens, ceux d’hier et ceux
d’aujourd’hui, dans l’oppression des Palestiniens et l’engrenage qui a conduit
à cette nouvelle guerre sont mis en accusation, assimilés à des antisémites ou
à des apologistes du terrorisme. En France comme dans les autres pays
occidentaux, les gouvernements et leurs soutiens saisissent ainsi l’occasion
offerte par l’attaque du Hamas pour appeler à une sorte d’unité politique
derrière eux, leurs généraux et leurs armées, au nom de « valeurs »
qui sont en fait celles du maintien de leur domination sur le monde. C’est une
intimidation à laquelle il ne faut pas céder.
La solidarité avec le peuple
palestinien opprimé, l’hostilité aux méfaits de l’impérialisme ne peuvent pas
non plus amener à approuver l’attaque menée par le Hamas avec ses méthodes et à
voir dans cette organisation et son action les vengeurs du peuple palestinien.
Sa politique n’est que l’autre face du piège dans lequel sont enfermés les deux
peuples. Le seul camp qu’il faut défendre est celui des travailleurs et de
leurs intérêts communs par-delà les frontières, avec l’idée qu’ils ne pourront
compter que sur eux-mêmes pour s’émanciper. C’est le seul qui peut offrir une
issue.
Xavier
LACHAU (Lutte ouvrière n°2880)
Achetez
lisez ce numéro 2880 de Lutte ouvrière. Il contient de nombreux articles sur la
situation au Proche-Orient. On peut l’acheter auprès des camarades, lors de nos
permanences sur Argenteuil, ou à la librairie Le Presse-papier avenue Gabriel
Péri. Vous pouvez le commander auprès de moi-même. DM
Les prochaines
permanences prévues :
-Aujourd’hui samedi
matin 14 octobre, de 10 h. à 10 h.30 marché des Coteaux ;
-de 11 h. à
midi, centre commercial Joliot-Curie ;
- et de 11 h. à
midi au marché de la Colonie ;
-Lundi 16
octobre, de 18 h. à 19 h. centre commercial des Raguenets à
Saint-Gratien ;
-Mardi 17
octobre, de 18 à 19 heures devant l’Intermarché de la cité Joliot-Curie.
Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la
librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du
quartier du Val-Nord que nous remercions.