mercredi 4 octobre 2023

Prix Nobel de médecine : la science et les affaires

S’il y a du blé en vue, la recherche n’a pas de souci. Sinon…

 

 

Le prix Nobel de médecine est attribué aux chercheurs ayant mis au point la technique de l’ARN messager, ce qui a permis de mettre au point les vaccins contre le Covid en vitesse accélérée.

         Cette technique n’a été industrialisée que parce que des trusts pharmaceutiques ont bien vu qu’ils pouvaient en tirer des dizaines de milliards d’euros et de dollars, en rançonnant les budgets publics, en faisant payer le prix fort aux États, avec leur complicité.

         Par contre, les chercheurs qui travaillent sur les maladies pour lesquelles un marché suffisamment profitable n’existe pas en sont réduits à faire la manche, et les malades à patienter. On n’arrivera à libérer la science du capitalisme qu’en en libérant toute la société.

 

Guerre sous-marine et surprofits, un duo qui se porte bien en Grande-Bretagne comme ailleurs

 

Les surprofits de la militarisation

 

 

Le gouvernement britannique débloque 4 milliards de livres (4,6 milliards d’euros) pour le développement de son futur sous-marin nucléaire. D’ores et déjà les trois entreprises britanniques concernées, BAE Systems, Rolls-Royce et Babcock, vont toucher le pactole. Bien avant que les premiers sous-marins soient fournis en 2030.

         La construction de ces sous-marins s’inscrit dans l’accord Aukus entre la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Australie contre la Chine. Elle s’inscrit aussi dans la course aux armements que se livrent les groupes capitalistes occidentaux, notamment français, pour transformer les budgets militaires en bénéfices de guerre.

mardi 3 octobre 2023

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du 2 octobre 2023

Hausse des prix : les ministres s'agitent, les capitalistes décident

02/10/2023

 

« On ne reviendra pas aux prix d’avant », a reconnu Bruno Le Maire alors que l’inflation se maintient officiellement à 5 % par an.

Le carburant frise les 2 euros le litre. Les prix de l’alimentaire ont pris 20 % en deux ans. Ceux qui se sont saignés pour acheter leur logement voient leur taxe foncière exploser. Chaque passage au supermarché, chaque plein à la pompe, chaque facture deviennent sources d’angoisse.

Mois après mois, de nouvelles fractions de travailleurs sous-payés, de chômeurs mal indemnisés, de jeunes sans revenu ou de retraités aux petites pensions, sont poussés vers la pauvreté. Le cri d’alarme lancé par le président des Restos du cœur vaut mieux que toutes les statistiques : en France, des millions de personnes ne pourraient manger à leur faim sans les associations caritatives.

Borne et Le Maire prétendent combattre l’inflation. Mais, s’ils savent brandir le gros bâton pour obliger les titulaires du RSA à travailler 15 heures par semaine contre une aumône de 600 euros par mois, ils refusent d’imposer quoi que ce soit aux capitalistes.

La proposition avortée d’Elisabeth Borne d’autoriser la vente à perte du carburant est une leçon de choses. La mesure à peine annoncée, les patrons de la grande distribution l’ont sèchement rejetée. Vendre à prix coûtant pour se faire de la pub, pas de soucis ; vendre à perte, c’est niet !

Le gouvernement annonce-t-il une taxe sur les richissimes sociétés d’autoroutes ? En moins d’une demi-heure, les patrons de Vinci, Eiffage et autres concessionnaires privés répondent qu’ils la répercuteront sur les automobilistes !

Les ministres s’agitent, mais ce sont les capitalistes qui décident. Ce sont eux qui fixent leurs prix dans le secret des affaires.

L’inflation n’est pas un phénomène mystérieux. Elle résulte de la guerre entre capitalistes pour accaparer la plus grande part de profits. Les plus puissants, dans l'énergie ou le transport maritime, ont augmenté leurs prix. Chaque événement, pandémie, guerre, sécheresse, bouscule les rapports de force entre eux et sert de prétexte pour augmenter les prix. À chaque étape, industriels, distributeurs ou spéculateurs répercutent ces hausses en ajoutant leur propre marge. Au bout de la chaîne, les classes populaires sont saignées.

Le prix du carburant s’envole parce que les raffineurs ont multiplié leur marge par dix depuis 2021. Et le gouvernement en est encore à se demander s’ils ne feraient pas des « super-marges » ! Du côté de l’alimentaire, industriels et grande distribution s’accusent mutuellement d’avoir augmenté leurs prix. Ils parlent en connaisseurs car ils l’ont tous fait et sont tous des profiteurs !

Sous l’Ancien régime, les rois créaient de nouveaux impôts pour améliorer leur train de vie. Aujourd’hui, les capitalistes s’octroient de superbes marges que nous payons au quotidien. Ces rois des temps modernes sont des parasites et des irresponsables. Leur avidité est en train de détraquer tout le système et de compromettre leurs propres affaires.

Les prix flambent et les salaires sont bloqués, ce qui diminue la consommation. La hausse des taux d’intérêts imposée par les banques centrales renchérit les emprunts, et il devient impossible d’acheter un logement ou une voiture. Des petites entreprises font faillite faute de pouvoir renouveler un crédit. L’immobilier plonge dans la crise et la récession menace.

Mais les rois du pétrole ou du luxe s’en fichent. La production peut s’effondrer, des millions de travailleurs dépendre de l’aide alimentaire ou se retrouver à la rue, ces gens-là continueront de sillonner la planète dans leurs jets privés, de se payer des bouteilles à 3000 euros et de racheter leurs concurrents à coup de milliards.

Comble du cynisme, les industriels français se réjouissent d’avoir gagné en compétitivité parce que les salaires ont augmenté moins vite en France que chez leurs concurrents chinois, américains ou allemands. On ne saurait mieux dire que les profits des capitalistes sont réalisés en volant les travailleurs !

Aux États-Unis, les travailleurs de l’automobile font grève pour des augmentations de salaires. Là-bas comme ici, la seule façon de ne pas tomber dans la pauvreté ou la déchéance, c’est d’imposer que les salaires rattrapent les 400 ou 500 euros perdus ces dernières années. Tous les salaires, toutes les pensions et les allocations doivent être indexés en temps réel sur la hausse des prix !

Ces mesures ne sortiront pas du dialogue social. Pour les imposer, la seule classe utile dans la société, celle qui produit tout, celle des travailleurs, doit menacer la machine à profits des capitalistes. 

                                                                         Nathalie ARTHAUD

 

 

Les prochaines permanences prévues :

-Aujourd’hui mardi 3 octobre, de 18 à 19 heures devant l’Intermarché de la cité Joliot-Curie.

Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.