Hausse
des prix : les ministres s'agitent, les capitalistes décident
02/10/2023
« On ne reviendra pas aux
prix d’avant », a reconnu Bruno Le Maire alors que l’inflation
se maintient officiellement à 5 % par an.
Le carburant frise les 2 euros le
litre. Les prix de l’alimentaire ont pris 20 % en deux ans. Ceux qui se
sont saignés pour acheter leur logement voient leur taxe foncière exploser.
Chaque passage au supermarché, chaque plein à la pompe, chaque facture
deviennent sources d’angoisse.
Mois après mois, de nouvelles
fractions de travailleurs sous-payés, de chômeurs mal indemnisés, de jeunes
sans revenu ou de retraités aux petites pensions, sont poussés vers la
pauvreté. Le cri d’alarme lancé par le président des Restos du cœur vaut mieux
que toutes les statistiques : en France, des millions de personnes ne
pourraient manger à leur faim sans les associations caritatives.
Borne et Le Maire prétendent
combattre l’inflation. Mais, s’ils savent brandir le gros bâton pour obliger
les titulaires du RSA à travailler 15 heures par semaine contre une aumône de
600 euros par mois, ils refusent d’imposer quoi que ce soit aux capitalistes.
La proposition avortée
d’Elisabeth Borne d’autoriser la vente à perte du carburant est une leçon de
choses. La mesure à peine annoncée, les patrons de la grande distribution l’ont
sèchement rejetée. Vendre à prix coûtant pour se faire de la pub, pas de
soucis ; vendre à perte, c’est niet !
Le gouvernement annonce-t-il une
taxe sur les richissimes sociétés d’autoroutes ? En moins d’une
demi-heure, les patrons de Vinci, Eiffage et autres concessionnaires privés
répondent qu’ils la répercuteront sur les automobilistes !
Les ministres s’agitent, mais ce
sont les capitalistes qui décident. Ce sont eux qui fixent leurs prix dans le
secret des affaires.
L’inflation n’est pas un phénomène
mystérieux. Elle résulte de la guerre entre capitalistes pour accaparer la plus
grande part de profits. Les plus puissants, dans l'énergie ou le transport
maritime, ont augmenté leurs prix. Chaque événement, pandémie, guerre,
sécheresse, bouscule les rapports de force entre eux et sert de prétexte pour
augmenter les prix. À chaque étape, industriels, distributeurs ou spéculateurs
répercutent ces hausses en ajoutant leur propre marge. Au bout de la chaîne,
les classes populaires sont saignées.
Le prix du carburant s’envole
parce que les raffineurs ont multiplié leur marge par dix depuis 2021. Et le
gouvernement en est encore à se demander s’ils ne feraient pas des
« super-marges » ! Du côté de l’alimentaire, industriels et
grande distribution s’accusent mutuellement d’avoir augmenté leurs prix. Ils
parlent en connaisseurs car ils l’ont tous fait et sont tous des
profiteurs !
Sous l’Ancien régime, les rois
créaient de nouveaux impôts pour améliorer leur train de vie. Aujourd’hui, les
capitalistes s’octroient de superbes marges que nous payons au quotidien. Ces
rois des temps modernes sont des parasites et des irresponsables. Leur avidité
est en train de détraquer tout le système et de compromettre leurs propres
affaires.
Les prix flambent et les salaires
sont bloqués, ce qui diminue la consommation. La hausse des taux d’intérêts
imposée par les banques centrales renchérit les emprunts, et il devient
impossible d’acheter un logement ou une voiture. Des petites entreprises font
faillite faute de pouvoir renouveler un crédit. L’immobilier plonge dans la
crise et la récession menace.
Mais les rois du pétrole ou du
luxe s’en fichent. La production peut s’effondrer, des millions de travailleurs
dépendre de l’aide alimentaire ou se retrouver à la rue, ces gens-là continueront
de sillonner la planète dans leurs jets privés, de se payer des bouteilles à
3000 euros et de racheter leurs concurrents à coup de milliards.
Comble du cynisme, les
industriels français se réjouissent d’avoir gagné en compétitivité parce que
les salaires ont augmenté moins vite en France que chez leurs concurrents
chinois, américains ou allemands. On ne saurait mieux dire que les profits des
capitalistes sont réalisés en volant les travailleurs !
Aux États-Unis, les travailleurs
de l’automobile font grève pour des augmentations de salaires. Là-bas comme
ici, la seule façon de ne pas tomber dans la pauvreté ou la déchéance, c’est
d’imposer que les salaires rattrapent les 400 ou 500 euros perdus ces dernières
années. Tous les salaires, toutes les pensions et les allocations doivent être
indexés en temps réel sur la hausse des prix !
Ces mesures ne sortiront pas du
dialogue social. Pour les imposer, la seule classe utile dans la société, celle
qui produit tout, celle des travailleurs, doit menacer la machine à profits des
capitalistes.
Nathalie ARTHAUD
Les prochaines
permanences prévues :
-Aujourd’hui
mardi 3 octobre, de 18 à 19 heures devant l’Intermarché de la cité
Joliot-Curie.
Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la
librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du
quartier du Val-Nord que nous remercions.