lundi 25 septembre 2023

États-Unis : antidouleurs, dealers et capitalistes

Le profit, la drogue, l’État

 

 

L'addiction et les overdoses dues aux opiacés antidouleurs, débutées dans les années 1990, continuent de s'étendre. Aux États-Unis, les épidémiologistes s'attendent à ce que 120 000 personnes perdent la vie en 2023 sous l'effet de ces « médicaments » contenant une forte dose d'héroïne, ce qui contribuera fortement à la baisse de l'espérance de vie aux États-Unis.

         Les laboratoires pharmaceutiques qui ont mis sur le marché ces poisons, les géants Johnson&Johnson ou Purdue Pharma, savaient pertinemment ce qu'ils faisaient. Leur addiction aux profits en fait des criminels. Les pouvoirs publics qui les ont laissé faire sont tout autant responsables.

 

La psychiatrie : livrée aux appétits privés

Psychiatrie : livrée aux appétits privés

21 Septembre 2023

D’après le service statistique du ministère de la Santé, 5 000 lits d’hospitalisation à temps complet ont disparu dans le secteur public de la psychiatrie entre fin 2008 et fin 2019 (-11 %). Depuis, la situation ne cesse d’empirer : rien qu’en juin 2023, des unités de soins psychiatriques ont fermé à Rennes, à Tourcoing, à Allonnes dans la Sarthe…

Les autorités prétendent vouloir privilégier des soins ne conduisant pas à enfermer les patients, mais le nombre de places en hospitalisation à temps partiel dans le public diminue aussi du fait de l’effondrement des capacités d’hospitalisation de nuit.

En revanche, l’activité des cliniques privées à but lucratif a explosé, augmentant de 23,5 % à temps complet et quadruplant en hospitalisation à temps partiel. Des groupes capitalistes investissent le secteur psychiatrique, après celui des Ehpad et des crèches, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer sur la prise en charge des patients… du moins de ceux dont les familles ont les moyens de payer les soins, car les autres sont livrés à eux-mêmes.

La croissance de la psychiatrie privée à but lucratif s’est accompagnée d’une forte concentration du secteur, avec un rachat de petites cliniques par de grands groupes dont trois concentrent désormais l’essentiel de l’activité : RamsaySanté, qui revendique plus de trente cliniques et 20 % du marché privé, Inicea, filiale du groupe Korian avec un nombre équivalent de cliniques, et les plus de cinquante établissements de Clinea, propriété du tristement célèbre groupe Orpea, dont la rapacité dans le secteur des Ehpad avait été dénoncée dans un livre au nom évocateur : Les Fossoyeurs.

Cet intérêt croissant des capitalistes pour la psychiatrie ne tombe pas du ciel : d’après le ministère de la Santé, celle-ci constituait en 2019 le secteur le plus profitable de tous ceux investis par les cliniques privées, avec une rentabilité nette qui a augmenté de près de moitié entre 2008 et 2020, passant de 5,4 % à 7,8 %... Les gouvernements, de droite comme de gauche, qui se sont succédé au cours des quinze dernières années ont tous contribué à cette évolution en réalisant des économies sur tout ce qui peut être utile à la population et en ouvrant au patronat de nouveaux secteurs où il peut rentabiliser ses capitaux.

                                                            Sacha Kami (Lutte ouvrière n°2877)

 

dimanche 24 septembre 2023

Violences policières : tout un ordre social à détruire

Violences policières : tout un ordre social à détruire

21 Septembre 2023

La France insoumise et d’autres organisations de gauche appellent à une manifestation, samedi 23 septembre, contre les violences policières et pour une réforme de la police.

Ces organisations s’appuient sur le sentiment de colère ressenti à juste titre par bien des jeunes et des familles populaires après l’assassinat de Nahel par un policier en juin dernier. Que les exactions policières et le racisme de bien des policiers révoltent ceux qui les subissent et au-delà une fraction de la jeunesse, est plus que justifié. Dans les banlieues, les jeunes savent qu’ils sont à la merci de contrôles au faciès ou d’injures si ce n’est de coups de la part de policiers qui en général n’ont pas de comptes à rendre sur leurs faits et gestes.

Les travailleurs, quand ils se mobilisent, lors des manifestations, trouvent face à eux la police, ses matraqueurs et ses tireurs de LBD. Cette violence a été massivement employée contre les gilets jaunes. Dénoncer ces exactions est légitime mais laisser entendre qu’il pourrait exister une « police républicaine » respectueuse des droits des individus est une tromperie. Les violences commises lors de manifestations ou de descentes dans les quartiers populaires ne sont pas le fruit de décisions personnelles des policiers. Pas plus lorsque les CRS vont bousculer et frapper les travailleuses du piquet de grève de Verbaudet ou vont protéger des entreprises contre les travailleurs en colère, que lorsque les militants ou les travailleurs qui protestent sont arrêtés chez eux, comme ceux d’Air France il y a quelques années, ou ceux d’EDF dernièrement.

La police est le bras armé de l’État. Elle est formée à obéir et à agir dans le sens des intérêts de « l’ordre établi » c’est-à-dire de la défense des intérêts des plus riches et des capitalistes. Et dans une société pourrie d’inégalités, elle est inévitablement gangrenée par le racisme, le mépris social et antipauvre.

La gauche qui aujour­d’hui dans l’opposition appelle à une réforme de la police, évite de rappeler que lorsqu’elle était au pouvoir elle n’a jamais tenté de la mettre en œuvre. Au contraire, elle s’est servie de sa police comme chaque gouvernement contre les travailleurs en lutte. Elle a même joué un rôle déterminant dans la mise en place des forces de répression actuelles. Quand, à la sortie de la guerre, de Gaulle fit dissoudre les compagnies mobiles issues du régime de Pétain pour créer les compagnies de CRS, Maurice Thorez, ministre et dirigeant du PCF, a utilisé son influence et son poids pour faire accepter aux militants communistes et aux travailleurs « une seule armée, une seule police » au service du seul État en place, celui de la bourgeoisie. Et en 1947, quand les grèves ouvrières se multiplièrent, Jules Moch, un ministre socialiste, envoya les CRS contre les mineurs en grève. De même, plus près de nous, Hollande, président socialiste, les envoya matraquer les manifestants opposés à sa loi Travail...

C’est en s’attaquant à l’ordre social qu’on pourra en finir avec ces méthodes de la police. En 1871, la Commune de Paris a vu la plus radicale des réformes de ce corps : sa disparition et son remplacement par le peuple en armes. Jamais alors la ville de Paris n’a connu aussi peu de crimes et de délits. Jamais alors, la population n’a eu si peu à craindre. La seule façon de « réformer » la police, c’est bien de la détruire en détruisant l’État bourgeois et en lui substituant une organisation de la population elle-même, se donnant les moyens de régler démocratiquement tous les aspects de la vie sociale.

                                               Marion AJAR (Lutte ouvrière n°2877)

 

Les prochaines permanences prévues :

-Aujourd’hui dimanche 24 septembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

- et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-Lundi 25 septembre, de 18 h. à 19 h. centre commercial des Raguenets à Saint-Gratien ;

-Mardi 26 septembre, de 18 à 19 heures devant l’Intermarché de la cité Joliot-Curie.

Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.