Industrie
verte : par l’odeur du fromage alléchée…
15/05/2023
Depuis des mois, Macron étale son
mépris des travailleurs en rejetant leurs principales revendications, l’abandon
de la retraite à 64 ans et l’indexation des salaires sur les prix. Le voilà
maintenant à se faire mousser avec une prétendue réindustrialisation !
Vendredi, à Dunkerque, il a dit
son amour des ouvriers et de l’industrie. Lundi, à Versailles, il a déroulé le
tapis rouge aux PDG étrangers pour qu’ils investissent en France. Un des symboles
de cette industrie verte et pourvoyeuse d’emplois serait la voiture électrique
et l’implantation d’un « hub de batteries »
dans les Hauts-de-France.
On est loin du compte ! Vu
l’énergie et les minerais nécessaires pour les batteries, il n’est pas sûr que
la voiture électrique soit meilleure pour l’environnement. Quant aux emplois, le
patronat compte bien en supprimer, estimant pouvoir fabriquer cette voiture avec
moins de main-d’œuvre.
La seule chose sûre, c’est que la
voiture électrique est une aubaine pour les investisseurs. C’est un marché avec
une croissance garantie puisque l’Union européenne veut interdire la vente de
voitures neuves équipées d’un moteur thermique en 2035. Et c’est un marché avec
subventions et aides étatiques garanties !
Tous les États, à commencer par
les États-Unis, ont décidé d’y consacrer des milliards. C’est à qui, au
prétexte de la souveraineté et de l’écologie, sera le plus offrant !
Le groupe Northfolk, fabricant
suédois de batteries, pourrait toucher 8 milliards de dollars s’il s’installait
aux États-Unis plutôt qu’en Allemagne. Volkswagen vient de négocier avec le
Canada l’installation d’une usine de batteries, avec 8 à 13 milliards de
dollars à la clé.
Pour installer son usine à
Dunkerque, le fabricant de batteries taïwanais Prologium s’est vu, lui, offrir
1,5 milliard d'aides directes de l'État, mais aussi des aides pour la recherche
et développement, et la garantie de salariés formés et en nombre.
Alors oui, cela déchaîne une
concurrence féroce entre les États et, évidemment, les États-Unis n’ont aucun
mal à faire la course en tête. Mais les véritables vainqueurs de cette guerre
économique sont les capitalistes. Il y a de l’argent, beaucoup d’argent à se faire
dans la voiture électrique ! Et non seulement ils sont arrosés de cadeaux,
mais les États leur garantissent les profits en leur livrant des travailleurs
aux salaires rognés et aux conditions de travail toujours plus dures.
Lundi, à Versailles, au sommet
Choose France, Macron a énuméré les raisons que les capitalistes auraient d’exploiter
les travailleurs ici plutôt qu’ailleurs : « Un cadre simplifié pour
le licenciement économique », « de la flexibilité », « un coût du travail et des impôts patronaux en baisse »…
Quoi de mieux pour un capitaliste ?
Mais pour nous, travailleurs,
cela n’annonce que des sacrifices. Parce que nous aurons à payer la note des
cadeaux faits à ce grand patronat pour qu’il daigne nous exploiter. Parce que
nous continuerons à être mis en concurrence avec les travailleurs des autres
pays et pressés comme des citrons. Et enfin, parce que nous subirons encore et
toujours les méfaits d’une économie anarchique et incapable de répondre à nos
besoins.
Oh, la France ne manquera pas de
batteries pour équiper les futures voitures électriques ! Dans dix ans,
nous en aurons peut-être même trop fabriqué car, évidemment, les capitalistes
ne se concertent pas pour calculer le volume nécessaire. Mais, surtout, est-ce
qu’il y aura bien de l’électricité pour charger les batteries ? Est-ce
qu’il y aura des bornes ? Que fera-t-on des batteries usagées ?
Personne ne le sait.
Rien de tout cela n’est organisé
car le capitalisme est le règne du marché, de la concurrence et de la propriété
privée. C’est l’exact opposé de l’organisation et de la planification.
Aujourd'hui, tous les capitaux se
ruent sur la voiture électrique et il en manque pour construire des logements.
La même pénurie règne du côté des médicaments et les familles de malades
doivent courir les pharmacies pour trouver du paracétamol, des antiépileptiques
ou de l’amoxicilline. C’est toute la stupidité et le gâchis d’un système qui
n’est pas conçu pour répondre aux besoins de la population, mais pour réaliser
du profit.
Macron peut cirer les bottes des
magnats capitalistes. Mais tant que ce sont eux qui ont le pouvoir sur les
capitaux et les grandes entreprises, l’économie sera gérée en dépit du bon
sens.
Alors, nous travailleurs, nous
n’avons sûrement pas à applaudir à leur dernière idée en date pour faire du
profit. Nous avons à nous battre pour préserver ce qui nous est
essentiel : notre salaire, notre emploi, notre logement, nos conditions de
vie, avec la conscience que la domination de ces parasites n’a aucune
légitimité.
Nathalie Arthaud
Les prochaines
permanences prévues.
-mercredi 17
mai, de 11 h.30 à midi au marché des Champioux.
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