jeudi 17 novembre 2022

Espagne : marée humaine pour défendre la santé. Une belle réussite et un exemple à suivre

Espagne : marée humaine pour défendre la santé

16 Novembre 2022

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté à Madrid dimanche 13 novembre contre la dégradation du système de santé, qui est continue depuis des années.

La colère des manifestants pointait tout droit contre Isabel Diaz Ayuso, figure en vue du Parti Populaire (le parti de droite) et actuelle dirigeante de la région de Madrid. En effet, c’est à l’échelle régionale que se gère la santé en Espagne. Ayuso incarne à elle seule cette droite rance, méprisante, réactionnaire jusqu’à la lie et habituée aux arrangements entre riches amis. Au moment du Covid, quand les morts s’accumulaient dans les maisons de retraite, Ayuso avait mis son frère sur le coup d’un contrat public pour fournir à la région des masques à prix d’or.

Comme ailleurs, le Covid a mis en relief un système de santé endommagé par des années de coupes budgétaires et de privatisations, et cela n’a fait qu’empirer avec Ayuso. Les rendez-vous pour voir un spécialiste ou pour avoir une opération sont repoussés aux calendes. Les Urgences sont débordées et les centres de santé et d’urgence des quartiers ferment. Quand ils rouvrent, comme ça a été le cas cet automne, c’est sans médecin ! La solution d’Ayuso est de recourir à des infirmières, équipées de tablettes afin de prendre en charge tous les patients par téléconsultation, et à toujours plus de centres privés.

Depuis des mois déjà, la colère s’exprimait de plus en plus. On l’a vu en premier lieu dans les quartiers, comme à Getafe en banlieue de Madrid où dès le printemps les rassemblements pour empêcher la fermeture du plus vieux centre de santé de la ville rassemblaient plus de 10 000 personnes. Face à la situation qui a continué de dégénérer pendant l’été et à la rentrée, les manifestations et les grèves se sont multipliées, rassemblant toujours plus de personnes. La manifestation du 13 novembre a été massive, débordant de loin les milieux traditionnellement mobilisés. Les familles, les patients, le personnel de santé, le personnel embauché au moment du Covid, dit « contrats Covid » licenciés il y a six mois, tous étaient là pour dire stop.

Le gouvernement espagnol, dirigé par le socialiste Pedro Sanchez allié à Podemos et au PC, n’est pas mécontent que la colère se concentre sur une question de compétence régionale, la santé, qui, à Madrid, est aux mains d’une des principales figures de la droite. Pourtant, le gouvernement est aussi responsable que celle-ci de la dégradation de la situation sociale. Ces dernières années, il a abreuvé les patrons de tout poil de subventions et a accompagné l’augmentation des prix de l’énergie. Face à la situation de crise, il est à espérer que la colère déborde le seul domaine de la santé afin de faire payer la crise à ses responsables capitalistes.

                                                            Adrien Baye (Lutte ouvrière n°2833)

Les prochaines permanences prévues.

-aujourd’hui jeudi 17 novembre,

De 10 h.40 à 11 h.25, dans le centre commercial de la cité Joliot-Curie

Et de 18 h. à 18 h.30, centre commercial du Val-Nord (Sous réserve) ;

-vendredi 18 novembre, de 17 h.15 à 18 h.15 au carrefour Babou ;

-de 15 heures 30 à 16 h.45 au marché du Val-Nord ;

-samedi 19 novembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;

-et de 11 h. à midi centre commercial Joliot-Curie ;

-dimanche 20 novembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse 

-lundi 21 novembre, de 18 à 19 heures, centre commercial des Raguenets à Saint-Gratien.

-mercredi 22 novembre, de 11 h. à 11 h.30 au marché des Champioux.

 

 

La guerre en Ukraine fait peser de sombres menaces sur l’Humanité. Chacun a besoin de comprendre. Le prochain Cercle Léon Trotsky tenu à Paris sera une contribution à la réflexion :

Cercle Léon Trotsky - L’Ukraine : terrain d’affrontement entre l’impérialisme et la Russie

Samedi 19 novembre à 15 heures

Grande salle de la Mutualité

24, rue Saint-Victor, Paris 5e

Métro Maubert-Mutualité, entrée : 3 euros

Rendez-vous : 13 h.30 devant le Café des 2 gares.

 

Achetez notre hebdomadaire Lutte ouvrière (1,5 euro), et Lutte de classe (2,5 euros) n° 227 en vente :

           -au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac du Val-Nord (le journal seulement) et à la librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri (On y trouve aussi la LDC) 

 

Laboratoires : en « grève » pour défendre leurs profits

Résultats d’analyses : des grands groupes très gourmands

 


À 95 %, les patrons des laboratoires d’analyses médicales se sont mis « en grève » contre la baisse des tarifs des actes que le gouvernement veut leur imposer, de l’ordre de 250 millions d’euros. En fait, ils ont ordonné à leurs employés de fermer leurs laboratoires.

         Les bénéfices des laboratoires d’analyse, dont beaucoup sont passés sous le contrôle de grands groupes, sont peu de choses comparés aux milliards des trusts pharmaceutiques auxquels le gouvernement n’impose rien. Mais tout de même ils ont vu leur chiffre d’affaires progresser de 85 % grâce à l’épidémie de Covid, pour atteindre neuf milliards d’euros.

         Et dans les laboratoires d’analyses comme ailleurs, les profits se font d’abord sur les bas salaires et l’aggravation des conditions de travail.

 

Lycées professionnels attaqués. Grève aujourd’hui dans les lycées professionnels

 

 

Contre la réforme des lycées professionnels : grève le 17 novembre !

09 Novembre 2022

Depuis plusieurs semaines les enseignants, les parents, tout comme les premiers concernés qui sont les jeunes scolarisés dans les lycées professionnels, s’organisent contre la réforme de cette filière.

Le 18 octobre déjà, les grévistes et les manifestants étaient nombreux. Une nouvelle journée de grève est prévue le 17 novembre.

Il y a en effet toutes les raisons de se mobiliser. Cette réforme prévoit l’augmentation de près de 50 % des périodes où les élèves seraient en stage, avec comme conséquence la diminution des heures d’enseignement. En ce qui concerne celles consacrées à l’enseignement général, seuls les mathématiques et le français seraient considérés comme des « savoirs fondamentaux ». Quid des langues vivantes, de l’économie-droit, des arts appliqués, ou encore de l’histoire-géographie ?

L’objectif de l’enseignement professionnel dans cette société capitaliste n’a jamais été autre chose que de former une main-d’œuvre correspondant aux besoins du moment du « marché du travail », c’est-à-dire des patrons. Mais jusque-là, il permettait malgré tout aux jeunes des classes populaires, majoritairement scolarisés dans ces lycées professionnels, d’avoir accès à une certaine culture et à une certaine ouverture sur le monde.

« On laisse vivre trop de filières où il n’y a quasiment pas de débouchés » explique Macron, une justification aussi hypocrite que cynique dans cette période d’aggravation de la crise où personne ne peut dire s’il y aura même de quelconques « débouchés » autres qu’à Pôle emploi. Cet argument avancé pour supprimer des filières n’est pas nouveau. Ainsi celles de comptabilité et secrétariat ont disparu au profit d’une filière gestion-administration, aujourd’hui fermée, quelques années seulement après sa création. Et tel est bien l’objectif du gouvernement : fermer des filières, diminuer le nombre d’heures d’enseignement et confier aux patrons la formation en développant l’apprentissage.

Cette politique s’inscrit dans la continuité d’une politique d’économies sur le budget de l’Éducation nationale poursuivie depuis des années. Pour les jeunes des classes populaires, l’enseignement s’est toujours fait a minima. Mais c’est encore plus le cas aujourd’hui où le gouvernement cherche tous les moyens pour tailler dans le budget de l’Éducation nationale, comme dans celui d’autres services publics, pour continuer à augmenter le budget militaire ou payer les aides au patronat. Autant de bonnes raisons de se battre contre cette réforme et de réussir la journée du 17 novembre.

                                                       Aline RETESSE (Lutte ouvrière n°2832)