Pour
les salaires, il nous faut un plan de combat !
24/10/2022
Les stations-services sont
approvisionnées. Les trains roulent. Les poubelles sont ramassées. Et les
vacanciers de la Toussaint profitent de quelques jours de repos. Cela suffit au
gouvernement pour se féliciter d’un retour à la normale.
Car, pour lui, il est normal que les
fins de mois soient de plus en plus dures à cause des prix qui explosent. Qu’il
y ait de plus en plus de chômeurs pris à la gorge, c’est normal !
Des bus ou des trains sont
supprimés parce qu’il manque du matériel et du personnel ? Normal !
Des urgences pédiatriques sont forcées d’envoyer des bébés à des centaines de
kilomètres pour qu’ils soient soignés ? Il faut s’y faire !
Et il y a tous ceux qui ne
peuvent pas faire trois repas par jour ou qui ne peuvent plus prendre leur
voiture parce que l’essence coûte trop cher, ça aussi le gouvernement le
considère comme normal.
Pendant ce temps, les capitalistes
de l’énergie se gavent en faisant flamber les prix de l’électricité ou du gaz.
Et pour s’enrichir, les spéculateurs n’y vont pas de main morte : les prix
sont multipliés par 10, voire plus. Ces gens-là sont en train de pousser nombre
de commerces et de PME vers la faillite. Ils enfoncent toute l’économie dans
une grave crise, et ce n’est pas le gouvernement qui va les arrêter.
Oh, le ministre de l’Économie,
Bruno Le Maire, n’est pas content ! Il aurait même fait les gros yeux au
PDG de TotalEnergies. Mais il reste totalement dévoué aux capitalistes. Sa
politique n’est pas de réquisitionner les superprofits mais de réquisitionner
les grévistes pour casser la contestation sociale ! Les capitalistes
continueront donc de tout casser.
Pendant des décennies, l’État a
pu atténuer les dégâts engendrés par la rapacité capitaliste en déployant un
filet protecteur pour les plus pauvres. Parce que la France est un pays riche, il
disposait d’une certaine marge de manœuvre. Cette possibilité-là s’amenuise de
crise en crise, avec un endettement toujours plus grand.
La situation est d’autant plus
grave que Macron étale son impuissance face à la guerre et la crise énergétique.
Mais, en bon président antiouvrier, il conserve un réflexe : taper sur les
travailleurs et leur imposer de nouveaux sacrifices. Alors, non, le retour à la
normale n’est pas pour demain !
La société passe d’une zone de
turbulence à une autre. Dans le monde du travail, le mécontentement pousse des
travailleurs à entrer en lutte, à débrayer ou à se mettre en grève, à l’échelle
d’un service, d’un atelier, d’une entreprise ou d’un groupe.
On l’a vu avec la mobilisation
des raffineries, une grève peut aussi très vite mettre le feu aux poudres et
provoquer un mouvement plus général. Car tous les travailleurs le constatent, quel
que soit leur niveau de salaire et qu’ils soient du public ou du privé :
leur pouvoir d’achat recule car les prix flambent sans que les salaires
suivent.
Le grand patronat a choisi
d’engager le bras de fer en refusant de faire suivre les salaires. Eh bien, ce
bras de fer, il faut le mener !
Pour avoir une chance de le gagner,
il faut réfléchir à un plan de combat. Le grand patronat en a un. Il a une
stratégie pour attaquer les travailleurs et aggraver l’exploitation. Pour l’appliquer,
il paye même une armada de chefs et de sous-chefs. Et si cela produit des
remous, il peut recourir à la menace et à la force répressive de l’État, aux huissiers,
à la police et à la justice.
Alors, la volonté de se défendre ne
suffit pas. Il faut que les travailleurs se donnent une politique de lutte pour
qu’ils sachent unir leurs forces autour de des revendications qu’ils estiment
légitimes.
Que nous faut-il ? Une prime
qui sera aussitôt engloutie et galérer avec un salaire de base qui reste au
plancher ? Evidemment non ! C’est le salaire de base qui compte tous
les mois pour payer le loyer, les factures et pour négocier un emprunt. C’est à
partir de lui que la retraite et les indemnités chômage sont calculées.
Alors, ce sont les salaires qu’il
faut augmenter. Cela, d’au moins 400 euros par mois, pour combler le fossé creusé
du fait de l’envolée des prix. Et la seule garantie que les salaires ne soient
pas aussitôt dépassés par les prix, c’est de revendiquer leur indexation sur
l’augmentation réelle des prix, et pas celle que nous vend le gouvernement.
Et discutons des moyens de
diriger nous-mêmes notre lutte. À TotalEnergies, deux syndicats, la CGC et la
CFDT, hostiles à la grève, ont signé un accord avec la direction contre la
volonté des grévistes. Si la combativité et la détermination des travailleurs
sont au rendez-vous, il faut savoir que les appareils syndicaux voudront en
garder le contrôle et sont prêts à brader la lutte pour un plat de lentilles.
Alors, donnons-nous les moyens de contrôler nous-mêmes les luttes que nous
engageons !
Nathalie Arthaud
Les prochaines
permanences prévues.
-aujourd’hui mardi
25 octobre, de 10 h.30 à 11 h.15 centre commercial de la cité
Joliot-Curie ;
-mercredi 26
octobre, de 11 h. à 11 h.30 au marché des Champioux.
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ouvrière (1,5 euro), et Lutte de classe (2,5 euros) n° 226 :
-lors
de nos permanences ;
-au
Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac du Val-Nord (seulement Lutte
ouvrière) ;
-librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri.