Communiqué
au soir du premier tour des législatives 2022
Communiqué
12/06/2022
L’abstention a, une fois de plus,
dominé le scrutin. Elle est d’autant plus importante que les circonscriptions
sont populaires. Elle reflète l’indifférence, voire le dégoût des milieux les
plus exploités et les plus pauvres à l’égard des élections et de la vie
politicienne.
Ce rejet est légitime car il y en
a assez de voir les politiciens promettre des mille et des cents, alors qu’une
fois au pouvoir, ils ne peuvent ni ne veulent résoudre les problèmes des
classes populaires. Il y en a marre de les voir poser aux sauveurs suprêmes
alors qu’ils sont dépassés par leur propre système, dans les hôpitaux et
l’Education, dépassés par la flambée des prix, par la guerre et cette crise
climatique dont nous mesurons tous les jours les conséquences. Leur principale
fonction est de gérer le chaos en préservant les intérêts de la grande
bourgeoisie.
On ne peut rejeter la politique
anti ouvrière, et les partis dévoués à l’ordre bourgeois qu’en leur opposant
une autre politique, celle représentant les intérêts des travailleurs, une
politique de défense des intérêts de classe et des perspectives pour renverser
le capitalisme.
Alors, ce dégoût pour le cirque
électoral ne doit pas conduire les travailleurs à tourner le dos aux
préoccupations politiques. Quand on appartient au monde des exploités, il n’y a
pas de porte de sortie individuelle. Soit nous nous battons collectivement
derrière nos intérêts de classe, soit nous reculons sous la pression patronale.
Affirmer cette idée autour de soi, c’est déjà faire de la politique. C’est la
signification fondamentale du vote de toutes celles et ceux qui ont voté pour
les candidatures de Lutte ouvrière.
Même la lutte quotidienne
consistant à défendre son gagne-pain, son emploi et son salaire, nécessite une
conscience politique. Parce que pour gagner, il faut savoir distinguer ceux de
son camp de ses ennemis et de ses faux-amis. Il faut comprendre qu’il n’y a
aucune confiance à avoir dans les politiciens qui ne veulent pas s’affronter au
grand patronat et remettre en cause sa sacro-sainte propriété privée
capitaliste : ceux-là feront toujours passer les intérêts de la
bourgeoisie avant ceux des travailleurs.
Il faut que les travailleurs
puissent compter sur un parti qui soit le leur. Un parti qui ne cherche pas des
places dans les institutions pour essayer de peser de l’intérieur, mais qui
vise le renversement du capitalisme, de son culte de l’argent et de la réussite
individuelle. Un parti qui affirme que les travailleurs sont capables de
diriger la société bien mieux que la grande bourgeoisie.
La renaissance d’un parti composé
et dirigé par des travailleurs et construit pour les aider à mener les luttes
nécessaires aura bien plus d’importance pour l’avenir, que les psychodrames qui
se noueront demain dans le moulin à paroles qu’est l’Assemblée nationale. Et
celui-ci dépend de chacun d’entre nous, de notre volonté de nous organiser dans
cette perspective.
Pour Lutte ouvrière, Nathalie
Arthaud, le 12 juin 2022