Le
prologue d’une guerre généralisée ?
23 Mars 2022
L’objectif initial de Poutine
était de faire s’écrouler par une guerre éclair de quelques jours le régime
ukrainien corrompu et pro-occidental. C’est raté.La guerre est dans sa
quatrième semaine, et la phase où l’armée russe prétendait ne cibler que des
objectifs militaires, des centres de communications, des aéroports est
terminée. Il s’agit aujourd’hui de bombardements massifs qui ont transformé
Marioupol, Kharkiv en champs de ruines évoquant la Deuxième Guerre mondiale.
Dans la capacité de l’armée
ukrainienne à résister à une armée russe supérieure en nombre et mieux équipée,
il y a évidemment le fait que, dans cette guerre avec la Russie commencée en
réalité il y a huit ans déjà autour du Donbass, l’armée ukrainienne et les
milices d’extrême droite qui la suppléent bénéficient du soutien des puissances
impérialistes, les États-Unis en particulier, en armes, en conseillers, en
financements.
Même si l’Ukraine ne fait pas
partie officiellement de l’OTAN, le régime qui la dirige a choisi depuis qu’il
est en place de faire partie du camp impérialiste dirigé par les États-Unis.
Invoquer à ce propos le droit des
peuples à disposer d’eux-mêmes pour nier la participation officieuse, sinon
déclarée, de l’OTAN dans cette guerre, est une escroquerie. Comme l’est le fait
d’invoquer le combat de la démocratie contre un régime dictatorial.
Poutine est incontestablement un
dictateur, représentant en chef de la classe privilégiée russe, de la
bureaucratie et des oligarques milliardaires qui en sont issus.
C’est une dictature avant tout
contre la classe exploitée, maintenue dans la pauvreté pour assurer les
privilèges des bureaucrates et des oligarques, mais aussi, de plus en plus, au
profit des grandes entreprises de l’Occident impérialiste, en particulier
françaises, les Total, Auchan, Renault et quelques autres.
L’autoritarisme croissant de
Poutine, son ambition, à l’intérieur même de la Russie, de rétablir la
verticale du pouvoir et, vers l’extérieur, celle de réagir à l’encerclement
croissant du pays par l’OTAN expriment la réaction de la bureaucratie à la
décomposition de l’ancienne URSS au temps de Eltsine.
Dictature sur la classe ouvrière
russe et mépris des peuples
Les fournitures d’armes
occidentales n’expliquent cependant pas tout de la capacité de l’État ukrainien
de tenir tête à l’armée russe. S’y ajoute l’erreur fondamentale, sociale, de
Poutine et de ses généraux de mépriser les sentiments d’aspiration nationale
des peuples, surtout lorsqu’ils s’expriment d’une façon d’autant plus confuse
qu’il s’agit de deux peuples frères, largement entremêlés.
Lors de l’invasion de l’Ukraine,
l’armée de la bureaucratie russe n’a pas été accueillie en libératrice. Au fil
des jours, le caractère de plus en plus barbare des bombardements ne visant
plus seulement des objectifs initiaux, mais de plus en plus la population,
n’ont pu que renforcer l’horreur, sinon forcément la volonté de résistance d’une
bonne partie du peuple ukrainien, sa composante russophone comprise.
En dénonçant la politique des
bolchéviques du temps de Lénine, qui avaient su unir dans un même combat les
travailleurs russes et ceux de toutes les nations opprimées auparavant par la monarchie
tsariste, à commencer par l’Ukraine, et en prenant pour modèle la politique
brutale de Staline en matière de droits des nations, Poutine a renforcé le
crédit de l’OTAN, tout en poussant la population ukrainienne dans les bras de
l’extrême droite nationaliste.
Il y a un autre aspect qui
renforce l’OTAN : la guerre, en se prolongeant, amène les gouvernements
des États issus de la dislocation de l’URSS à prendre leurs distances. Il ne
s’agit pas seulement de la Géorgie ou de la Moldavie, dont les dirigeants
aspirent à rejoindre le camp occidental, mais aussi de pays dont les dirigeants
sont les mieux disposés à l’égard de Moscou, comme le Kazakhstan ou
l’Ouzbékistan. Sans être aussi complices de Poutine que Loukatchenko en
Biélorussie, les dirigeants de ces deux pays de « l’étranger proche »
étaient jusqu’à présent plus ou moins associés à la Russie politiquement,
diplomatiquement, mais aussi sur le plan économique. C’est en train de changer.
L’invasion oblige les dirigeants
de ces États à choisir entre les deux pays en guerre. Et, au lieu de s’aligner,
ils lorgnent de plus en plus vers l’Occident et tiennent à l’affirmer. Le
satrape de Moscou a dû particulièrement apprécier l’infidélité de ses
semblables du Kazakhstan dont il venait, tout récemment, de sauver la mise en
intervenant pour mater leur classe ouvrière en révolte contre les hausses de
prix des carburants et le régime qui les avait décidées.
Il n’est pas difficile de deviner
l’intensité de l’activité diplomatique que déploient en ce moment les
puissances impérialistes dans tous les États issus de la décomposition de
l’URSS, doublée de l’activité de lobbying des trusts occidentaux implantés dans
ces États…
Avant les guerres futures,
consolider les alliances
L’offensive russe contre
l’Ukraine participe à la mise en place du système d’alliances pour la future
généralisation de la guerre. C’est avec la même préoccupation que les
États-Unis manient la carotte et le bâton pour décourager la Chine de trop lier
son avenir à la Russie.
Malgré la brutalité des
bombardements, les négociations continuent entre les représentants des deux
camps. Les deux parties prenantes dans cette guerre, les bureaucrates et les
oligarques russes et ceux de l’Ukraine soutenue par les puissances
impérialistes, trouveront peut-être un compromis qui permette aux deux camps de
prétendre n’avoir pas perdu et ainsi de garder la face
Zelensky serait prêt, paraît-il,
à faire son deuil de la Crimée et de tout ou partie du Donbass. Poutine
pourrait masquer alors son échec à mettre en place à Kiev un gouvernement
prorusse, mais il dévoilerait par là-même face aux états-majors de l’OTAN les
limites de sa puissance militaire. Un échec qui pourrait lui coûter sa place de
chef de la bureaucratie et des oligarques milliardaires.
On ne sait pas sur quel compromis
pourraient aboutir les tractations en cours. Ce qui les rend vraisemblables,
c’est que les dirigeants des deux États, tout en se menant la guerre avec la
peau de leurs peuples, sont profondément complices contre leurs exploités respectifs.
Et la guerre, à cette étape de la crise économique, n’arrange pas forcément les
affaires des trusts impérialistes, ni des oligarques russes comme ukrainiens
auxquels ils sont liés par mille liens.
Même si un cessez-le-feu
intervenait à brève échéance, il y aura eu le prix payé par les classes
populaires. Morts, exil, destructions en Ukraine. Effondrement économique en
Russie, aggravé par les sanctions. Deux peuples frères de plus en plus séparés
par un fleuve de sang.
Vers une guerre
généralisée ?
Il n’y a pas aujourd’hui un
mécanisme économico-politique qui pousse inévitablement à la généralisation de
la guerre du même type que ce qui a précédé la Deuxième Guerre mondiale, et
même dans une certaine mesure la Première Guerre mondiale (un impérialisme coincé
par ses concurrents et étouffant faute d’espace vital).
Mais on est déjà au-delà de
l’affirmation si juste mais abstraite de Jean Jaurès : « Le
capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. »
La guerre en Ukraine sera
peut-être considérée par les historiens du futur comme une des étapes
préparatoires d’une guerre généralisée à venir. Un peu comme ce qu’ont été
avant la Deuxième Guerre mondiale l’invasion de l’Éthiopie par les troupes de
Mussolini ou celle de la Mandchourie par l’armée de l’Empire du Japon, avec la
course à l’armement, les mercenaires préparant le terrain, la manipulation de
l’opinion publique, l’embrigadement de la population, les massacres de masse.
L’interpénétration de la
situation de crise et des préoccupations guerrières des uns et des autres est
susceptible de provoquer un « processus autoréalisateur ».
C’est-à-dire que la guerre, en aggravant la crise, en bouleversant les rapports
de force, en soulignant les contradictions entre les puissances impérialistes
elles-mêmes, pousse à un mécanisme conduisant à la guerre généralisée. Il ne
faut pas raisonner uniquement en fonction de ce qui s’est passé lors de la
Première et de la Deuxième Guerre mondiale. D’ailleurs, les deux n’étaient
identiques qu’en ceci : elles ont concrétisé la barbarie vers laquelle
évolue l’impérialisme, c’est-à-dire le capitalisme pourrissant.
Pour le moment, le camp
impérialiste, représenté par son organisme militaire, l’OTAN, dominé par les
États-Unis, prend moult précautions pour pouvoir affirmer qu’il n’est pas en
guerre, tout en renforçant son dispositif d’encerclement tantôt de la Russie,
tantôt de la Chine.
On peut entrevoir plusieurs
cheminements possibles, les uns à l’initiative de Poutine qui, coincé par
l’insuccès de la guerre éclair qu’il avait espérée avec l’accord des sommets de
la bureaucratie, pourrait essayer de donner le change en Moldavie, en Géorgie
ou ailleurs.
Quant à l’OTAN, tout en se
gardant de passer pour l’agresseur, elle continue à livrer des armes à
l’Ukraine en quantités croissantes, ce qui peut entraîner bien des dérapages.
Mais, encore une fois, c’est
l’approfondissement de la crise, aggravée par le fait même de la guerre en
cours, dans une économie archi-mondialisée, où tout le monde dépend de tout le
monde, qui peut rendre la généralisation de la guerre inévitable
« Ne demande pas pour qui
sonne le glas, il sonne pour toi. » Il en sera ainsi
tant que le prolétariat n’aura pas détruit le capitalisme, la propriété privée
des moyens de production, la concurrence, c’est-à-dire la guerre économique qui
porte en elle la guerre tout court.
Georges KALDY (Lutte ouvrière n°2799)
Dimanche
3 avril
Meeting
national de Nathalie Arthaud
à 15h00
ZÉNITH
PARIS – LA VILLETTE
Accès
piétons : Porte de Pantin
Parking :
Porte de la Villette

Il faut s’inscrire auprès de Thierry Pellet
pour le car. 06.64.19.78.85.
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« Presse papier » seulement), lors des permanences et :
Chez les marchands de la presse :
-au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac de la « dalle » ;
-librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri.
Nathalie Arthaud dans les médias :
Regardez les nombreuses vidéos sur le site lutte-ouvriere.org et
https://www.nathalie-arthaud.info/
Les
prochaines permanences
-aujourd’hui
jeudi 24 mars, de 17 h.45 à 18 h.30, au Val-Nord devant le centre commercial de
l’esplanade de la Commune de Paris ;
- vendredi
25 mars, de 15 h.40 à 16 h.40 marché du Val-Nord ;
Et de 17
h.15 à 18 h.15 carrefour Babou ;
-samedi
26 mars, de 10 h. à 10 h.30 marché des Coteaux ;
-de 11 h.
à midi au marché de la Colonie ;
-et partout à Argenteuil, de 10 h.30 à 12
h.30
-Dimanche
27 mars, de 10 h. à 10 h.55 devant l’Intermarché du centre,
Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse.
-lundi 28
mars, de 18 à 19 h, centre commercial, Les Raguenets, Saint-Gratien ;
-mercredi
30 mars, de 11 h. à 11 h.45 au marché des Champioux.
La Fête de Lutte ouvrière à Presles, les 27, 28 et 29 mai 2022
Les habitués de
la fête de Lutte ouvrière à Presles savent que celle-ci se tient d’ordinaire
lors du week-end de la Pentecôte. Or la ligne H de la SNCF, qui dessert la gare
de Presles-Courcelles, sera interrompue pour travaux à la Pentecôte 2022. C’est
pourquoi nous avons décidé d’avancer notre fête annuelle, et de l’organiser
pendant le week-end de l’Ascension, soit les vendredi 27, samedi 28 et dimanche
29 mai 2022. Des dates à retenir !
Et maintenant surtout, on achète sa
vignette d’entrée à 15 euros pour les 3 jours (25 euros sur place). C’est
gratuit pour les enfants accompagnés de moins de 14 ans.
Pour l’achat des vignettes, Dominique 0699499864 MDommarie@aol.com (Chèque à l’ordre de D.
Mariette, ou en espèces).
Nous prévoyons un car gratuit le
dimanche 29 mai, départ unique 9 heures, retour 20 heures.