Nos
objectifs pour les deux campagnes électorales de 2022, présidentielle et
législatives (extraits)
Le premier de nos objectifs est
évidemment de défendre et propager nos idées politiques communistes
révolutionnaires en utilisant la légalité du parlementarisme bourgeois. Nous
reprenons la pratique en la matière de nos prédécesseurs du courant socialiste
au temps où il était révolutionnaire, appliquée par les bolcheviks les rares
fois où ils ont pu le faire sous le tsarisme, puis par l’Internationale
communiste de Lénine et de Trotsky.
Comme pour toutes les campagnes,
la présidentielle nous servira, bien sûr, pour nous exprimer à une échelle plus
large que nous ne le faisons dans nos activités quotidiennes. La présidentielle
est, de toutes les élections, celle qui nous donne le plus de moyens dans la
législation électorale ici, en France. Elle est aussi la plus suivie dans le
monde du travail : un plus grand nombre de
travailleurs que d’habitude
s’intéressent
alors à la politique.
Il faut cependant avoir
conscience des limites étroites dans lesquelles sont enfermées les possibilités
d’expression dans le cadre de la campagne officielle. Malgré l’égalité formelle
assurée aux candidats d’accéder aux médias officiels, la parole n’est pas
donnée de la même façon aux candidats des grands partis et à ceux des petits.
Si un temps de parole est garanti
sur les chaînes de télévision publiques pour une organisation comme la nôtre,
il l’est a minima. Quant à la presse écrite et les chaînes privées, elles sont
sous le contrôle des Bolloré, Dassault, Niel, etc.
Par ailleurs, même les fois où
nous sommes invités sur les plateaux de télévision, lors d’émissions ou
d’interviews, le journaliste a surtout pour préoccupation de se mettre en
valeur. Et développer nos idées est en général mission impossible.
L’essentiel de la campagne repose
sur l’activité militante de nos camarades et de tous ceux qui nous entourent en
partageant nos idées. D’autant qu’elle doit être orientée vers les
travailleurs.
Même dans un régime parlementaire
dit démocratique, il ne faut pas s’attendre à ce que la bourgeoisie favorise
l’égalité entre les candidats qui défendent le régime social tel qu’il est,
c’est-à-dire capitaliste, et les candidats qui le combattent.
« Ni rire
ni pleurer, mais comprendre ». Et c’est bien pourquoi une organisation communiste
révolutionnaire doit se donner des moyens d’expression propres pour développer
ses idées et mener sa propagande et son agitation, à l’occasion des campagnes
électorales comme en dehors.
À côté de nos passages
sporadiques dans les grands médias, nos bulletins et la politique que défendent
nos éditos restent nos meilleurs instruments pour nous adresser à ce qui
constitue le noyau de notre camp : les
travailleurs des grandes entreprises.
Mais il serait évidemment stupide
de ne pas profiter des possibilités qu’offre un système politique qui se
revendique de la démocratie.
Il faut concevoir chaque
intervention sur les plateaux de télévision ou dans les studios de radio comme
un combat, et certainement pas comme une paisible explication de nos positions.
Au-delà de l’utilisation des
possibilités offertes par les campagnes électorales pour s’adresser à la
population laborieuse, il faut que nous nous saisissions de ce qui dans le
contexte actuel nous permet d’avancer dans la construction du parti.
Le contexte actuel est marqué en
premier lieu par la crise économique et ses conséquences nombreuses sur les
conditions d’existence des travailleurs. C’est un contexte où les travailleurs
ne sont pas prêts à se battre. Ils sont cependant réceptifs et se posent une
multitude de questions. Ils ont de moins en moins confiance, voire plus du
tout, dans le jeu électoral.
C’est un contexte qui nous offre
des possibilités, mais qui rend aussi les choses très difficiles. La perte de
confiance dans les partis qui prétendaient parler en leur nom n’est pas encore
une prise de conscience. La réceptivité plus grande des classes populaires aux
idées favorise d’abord les démagogues qui surfent sur les préjugés et
l’obscurantisme. Mais elle peut être le point de départ à partir duquel on peut
discuter, voire convaincre.
Le recul profond du mouvement
ouvrier politique pèse sur les consciences. Les trahisons passées des
organisations politiques qui prétendaient représenter les intérêts du monde du
travail, et les désillusions qu’elles ont engendrées s’expriment pour
l’essentiel par l’abstentionnisme aux élections, par l’apolitisme, c’est-à-dire
le refus de toute politique, y compris celle qui représente ses intérêts. Le
recul de la conscience de classe laisse le champ libre à toutes sortes de
charlatans qui prétendent apporter des réponses aux questions que pose la
dégradation de la société capitaliste en crise.
Les résultats électoraux sont un
reflet de l’opinion publique en un moment donné. Mais un reflet très indirect,
très déformé. Étant donné le cours réactionnaire des choses, il y a peu de
chances qu’une fraction significative de l’électorat ouvrier se retrouve dans
nos idées.
Convaincre sur nos perspectives
se heurte à l’obstacle de l’absence de luttes massives et donc au scepticisme
des travailleurs. Cela se heurte à leur sentiment de faiblesse et de division.
Mais, individuellement, on peut gagner à nos idées aussi bien de futurs
militants prêts à consacrer leur existence à la cause de la révolution que des
travailleurs qui n’auront pas la même disponibilité que cela exige, mais qui
partagent nos convictions et sont du « camp des
travailleurs » et de
son combat. Ceux que l’on gagne
dans cette période de recul sont plus
attachés à nous.
Pour gagner véritablement des gens, il
faut un travail de type individuel, soutenu, obstiné. Mais les gens que l’on
gagne ont une fidélité plus profonde.
Seule une reprise de la
combativité de la classe ouvrière permettra à nos idées de cheminer plus largement
que dans des cercles restreints de militants et de sympathisants. C’est une
condition nécessaire mais pas suffisante. Pour que les idées communistes
révolutionnaires apparaissent comme une perspective à la classe ouvrière, il
faut des femmes et des hommes, unis par le programme révolutionnaire, pour les
porter et les véhiculer, c’est-à-dire un parti.
Notre objectif principal dans les
deux campagnes successives de 2022 est d’avancer, fût-ce très modestement, dans
la construction du parti.
En faisant le bilan des caravanes
de cet été, il s’en dégage le constat d’une plus grande facilité pour discuter
avec les gens, en particulier les nôtres. Oh, ce n’est certes pas un signe de
radicalisation, mais plutôt l’expression de l’inquiétude, de la démoralisation,
et cela n’aboutira même pas forcément à des votes en notre faveur ! Mais il
faut considérer que pouvoir faire cela
est déjà une
chance qu’il faut saisir.
Le recul du mouvement ouvrier ne
se manifeste pas seulement dans le domaine politique. Un des aspects du
mouvement ouvrier était de se battre aussi pour cultiver le monde du travail.
Les partis socialistes à leur origine puis les partis communistes, au temps où
ils l’étaient réellement, déployaient leur énergie à apporter des connaissances
et une culture à leurs militants et à leurs sympathisants.
Ce qu’on vise essentiellement est
de mettre au travail avec nous un nombre plus important de femmes et d’hommes
qui partagent notre objectif fondamental de transformation révolutionnaire de
la société, les politiser, les lier à nous. C’est aussi en associer d’autres
autour de la campagne électorale, comme on l’a fait lors des municipales de
2020, ainsi que lors des régionales de 2021, quoique, vu le contexte du Covid,
avec moins d’ampleur.
Si nous réussissons cet objectif,
nous aurons réussi à utiliser les deux campagnes électorales comme un pas sur
la voie de la construction du parti communiste révolutionnaire. Un pas modeste
certes, parce qu’on ne peut en faire de grand qu’en période de montée de la
combativité ouvrière et du rôle que notre organisation et ses militants
parviendront à y jouer. Le crédit politique véritable ne pourra venir qu’à
travers les luttes. C’est dans celles-ci seulement et par la justesse de notre
politique que nous mériterons la confiance des travailleurs.
5
novembre 2021
Les
permanences des jours à venir :
-mercredi
15 décembre, de 11 h à 11h.30 marché des Champioux.
Nathalie Arthaud dans les médias :
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-au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac de la « dalle » ;
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La Fête de Lutte ouvrière à Presles, les 27, 28 et 29 mai 2022
Les habitués de
la fête de Lutte ouvrière à Presles savent que celle-ci se tient d’ordinaire
lors du week-end de la Pentecôte. Or la ligne H de la SNCF, qui dessert la gare
de Presles-Courcelles, sera interrompue pour travaux à la Pentecôte 2022. C’est
pourquoi nous avons décidé d’avancer notre fête annuelle, et de l’organiser
pendant le week-end de l’Ascension, soit les vendredi 27, samedi 28 et dimanche
29 mai 2022. Des dates à retenir !
Attention : mes 5 articles du jour apparaissent parfois sur deux pages
voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première
page sur « articles plus anciens). DM.