À Bas
l’Europe forteresse, travailleurs unissons-nous !
15/11/2021
Ce qui se passe à la frontière de
la Pologne et de la Biélorussie est révoltant. Près de 3000 migrants sont
massés à cette frontière, errent et dorment dans la forêt, dans l’espoir d’entrer
en Pologne sans être refoulés. Exténuées par les jours et les nuits passés dans
le froid, sans nourriture, une dizaine de personnes sont déjà mortes. Chaque
jour qui passe menace de faire de nouvelles victimes.
Les dirigeants européens accusent
le dictateur biélorusse d’avoir favorisé l’arrivée de migrants à la frontière
pour déstabiliser l’Europe. Et ils s’indignent de ce qu’il aurait « instrumentalisé et manipulé les
migrants ». C’est vrai, mais que font-ils d’autre, eux, si ce n’est de
les laisser souffrir et mourir ?
Quand ils ne laissent pas les
migrants mourir aux portes de l’Union européenne, ils s’arrangent pour qu’ils
restent enfermés dans les mouroirs que sont les camps au Liban, en Libye ou en
Turquie, ou qu’ils restent prisonniers de leur pays d’origine, comme
l’Afghanistan ravagé par la guerre où la famine pousse des familles à vendre
leurs enfants.
Oui, la palme du cynisme revient
aux dirigeants européens, car les
candidats à l’immigration ne demandent qu’à arriver par des voies sécurisées et
légales pour demander l’asile. Au lieu de cela, ils se retrouvent sous la
dépendance de passeurs sans scrupules et traqués comme des criminels.
Et nul
besoin d’aller en Pologne pour constater que les dirigeants européens se
moquent du sort des migrants, il suffit d’aller à Calais ou à
Grande-Synthe où des milliers d’entre eux tentent de rallier l’Angleterre et
subissent une traque incessante !
Parmi les millions de Syriens, d’Irakiens
et d’Afghans qui sont chassés de chez eux par les guerres, les destructions et
la misère, seule une petite fraction tente de rejoindre l’Europe développée.
Mais cela suffit aux démagogues xénophobes, comme Zemmour, Le Pen et tant
d’autres, pour parler « d’invasion ».
Dans cette crise, les migrants sont assimilés à des « armes projetées contre l’Europe », mots qui permettent
tous les délires, dont celui de les présenter comme de futurs délinquants ou de
futurs terroristes !
Mais ces femmes et ces hommes
sont ouvriers, secrétaires, techniciens, ingénieurs ou médecins. Et demain,
certains parmi eux travailleront dans l’hôtellerie, la restauration, le
bâtiment, ils seront routiers, auxiliaires de vie, intérimaires dans
l’agroalimentaire ou l’industrie. D’autres aideront à faire tourner les
hôpitaux ou les écoles. Parmi leurs enfants, il y a peut-être de futurs
footballeurs ou des champions d’échecs, à l’image de cette jeune Syrienne de 14
ans, Leen Yaghi, sans papiers, qui a remporté le championnat de France. À côté
de ceux qui prendront la lumière, il y aura tous ceux qui travailleront avec
nous. Ces femmes et ces hommes sont des nôtres. Il faut qu’ils sachent qu’ils
sont bienvenus dans le camp des travailleurs.
Il y a déjà eu trop de morts,
trop de naufrages et de drames. Il faut la liberté de circulation et
d'installation pour les migrants. Il faut l'ouverture des frontières. Pour les riches étrangers, fussent-ils des
requins de la finance, les portes sont grand ouvertes ; pour des
travailleurs qui ne demandent qu’à être utiles à la société, elles sont
fermées.
Certains parmi les travailleurs
sont inquiets parce qu’il y a déjà beaucoup de chômeurs. Mais le chômage, la
précarité et les bas salaires ne dépendent pas des migrants. Ils dépendent du
rapport de force avec le patronat et des luttes que le monde du travail est
capable de mener contre les licencieurs et tous ces groupes capitalistes
rapaces.
La bourgeoisie et ses politiciens
opposent les salariés du privé aux fonctionnaires, les intérimaires aux CDI et
les Français aux immigrés, pour dominer et s’enrichir sur le dos de tous. Face
à eux, les travailleurs doivent faire bloc pour se défendre.
L’Europe est devenue une
forteresse. La crise et les politiques anti-ouvrières menées par tous les
gouvernements, de gauche ou de droite, y ont fait prospérer les partis
souverainistes anti-immigrés.
L’extrême droite, championne du
repli sur soi, pousse les politiciens dans un sens de plus en plus
réactionnaire et même raciste, comme le montre la surenchère des mesures
anti-immigrés, à laquelle participent les candidats à la présidentielle, de
droite et même de gauche.
Si nous n’y prenons garde, la
barbarie du monde, la xénophobie et les guerres nous emporteront. Le
nationalisme, la méfiance généralisée nous ont déjà rattrapés. Les travailleurs
conscients doivent prendre le contrepied de cette évolution délétère.
Le
capitalisme brasse les travailleurs du monde entier. Nous pouvons en faire une
force à condition d’être conscients d’appartenir à un même camp, le camp des
travailleurs, dont l’intérêt est de révolutionner la société de fond en comble.
Nathalie Arthaud
Les
permanences des jours à venir :
-mercredi
17 novembre, de 11 h à 11h.30 marché des Champioux.
Nathalie Arthaud dans les médias :
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« Les banques, un concentré des contradictions du
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