Passe
sanitaire, obligation vaccinale : la loi passe, la colère reste
11 Août 2021
Samedi 7 août, les manifestations
contre le passe sanitaire et l’obligation vaccinale ont regroupé 237 000
personnes dans plus de 150 villes d’après le ministère de l’Intérieur.
Le gouvernement a monté en
épingle la présence de l’extrême droite, notamment autour d’une pancarte
imbécile et clairement antisémite brandie par une ancienne membre du Front
national à Metz. Après l’ouverture d’une enquête, celle-ci a été interpellée
sur ordre du préfet de Moselle, à la demande du ministre de l’Intérieur. Le
gouvernement voudrait discréditer le mouvement de protestation en assimilant
l’ensemble des manifestants à l’extrême droite.
Dans de nombreux cortèges,
celle-ci est en effet très visible, des royalistes aux identitaires au crâne
rasé. À Paris, chaque semaine, Philippot défile en tête d’un des cortèges où se
retrouvent Dupont-Aignan et tous ceux qui, dans cette mouvance, tentent
d’exploiter le mécontentement.
Mais il y a aussi dans les
cortèges des gilets jaunes, des restaurateurs, des pompiers, des soignants,
tous ceux qui se sentent visés directement par le gouvernement et qui veulent
exprimer, au-delà de leur rejet de l’obligation vaccinale, celui de sa
politique. Macron mène une opération politicienne pour prouver sa capacité à
imposer des mesures autoritaires aux travailleurs et préserver les intérêts du
grand patronat. Le fait que le passe sanitaire soit exigé pour boire un verre à
l’air libre, sur une terrasse de bistrot, mais pas dans les transports en
commun pour aller travailler, en est une illustration.
Exprimer sa colère en manifestant
contre cette loi sanitaire est plus que légitime, mais pour les travailleurs
est-il possible d’en rester là ? Dans les manifestations, le slogan « liberté »
est l’un des plus repris. Ce n’est certes pas le plus clair car de quelle
liberté s’agit-il ? Celle des grands groupes pharmaceutiques comme Pfizer
ou Moderna d’augmenter le prix de leurs vaccins ? Celle-là, il est
indispensable de s’y opposer pour que la majorité de l’humanité, y compris dans
les pays les plus pauvres, puisse avoir celle de se vacciner, de se soigner.
Des contraintes, des obligations, des mesures autoritaires devront être
imposées aux capitalistes, aux licencieurs, aux industries pharmaceutiques et
aux multinationales qui jouent avec la santé et la vie des gens pour encaisser
le maximum de profits.
Un autre slogan récurrent est « Macron
dégage, Macron démission ». Il traduit le premier sentiment de colère
qui se tourne naturellement contre le pouvoir exécutif. Mais alors que les
Philippot et autres Dupont-Aignan peuvent tout à fait l’utiliser à leurs
propres fins, les travailleurs doivent aller plus loin, car ils ont d’autres
objectifs à mettre en avant. Derrière le serviteur Macron, il y a une classe
sociale, la bourgeoisie et son système économique, le capitalisme : c’est à
celui-ci qu’il faut s’attaquer, au-delà de celui qui n’en est que la façade
interchangeable. Pour imposer leur droit de vivre, d’avoir un emploi et un
salaire correct, les travailleurs devront se battre sur leur terrain, mettre en
avant leurs propres revendications, s’attaquer aux intérêts du capital.
Christian
CHAVAUX (Lutte ouvrière n°2767
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Nos
prochains rendez-vous :
Le 11, lors du Forum des
associations, nous nous retrouverons sur les stands. (Toujours pas d’information officielle)
Le samedi 18 septembre,
rassemblement pour la défense de l’espace Jean Vilar et contre le projet Cap
Héloïse
Le jeudi 23 septembre, à
20 heures, grande salle de l’espace Nelson Mandela, une réunion publique-débat
de Lutte ouvrière : crise de la société et perspectives pour le
« camp des travailleurs »
Attention : mes 5
articles du jour apparaissent parfois sur deux pages voire sur trois pages.
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