lundi 9 août 2021

Val d’Oise, centre de vaccination et recrutement de jeunes

 

Il y a le feu sur les salaires des travailleurs !

 


Les pompiers du Val d’Oise manquent de personnel pour leur centre de vaccination. Il n’y a rien d’étonnant. Mais sur la proposition de recrutement ci-dessus, cela fait tout de même drôle de lire que pour ce travail ce n’est pas un salaire mais une indemnisation, et surtout d’apprendre le montant de cette indemnité horaire, : 8,08 euros net.

         Certes c’est simplement le montant du SMIC horaire net (10,25 euros brut), ce que touchent encore actuellement des millions de salariés dans le pays.

         Une lectrice nous indique que cela est tout de même fort de café quand on sait que les médecins touchent 450 euros par matinée de vaccination et 8 euros en sus par personne vaccinée.

         Tout juste un peu plus de 8 euros ! Le prix d’un kilo de bons fruits !

         Nous ne savons pas si les pompiers du Val d’Oise trouveront preneur à ce tarif là. Espérons en tout cas que cela éveille les jeunes ainsi recrutés à comprendre l’exploitation salariale et à être demain partie prenante pour la hausse substantielle des salaires qui s'impose. DM

P comme police, P comme presse étouffée

 

Cachez ces images que nous ne saurions voir

La police a suspendu l’utilisation des clés d’étranglement, procédé à l’origine du décès d’un livreur, Cédric Chouviat, en janvier 2020 lors d’un contrôle. Dans le même temps, Darmanin, le ministre de l’Intérieur, a demandé au préfet de Loire-Atlantique de poursuivre en justice un média nantais qui avait montré des images de violences policières pour parodier la campagne de recrutement de la police nationale.

Le plus important pour Darmanin n’est pas de supprimer les bavures policières, mais de faire qu’elles ne soient pas rendues publiques.

Bonnes lectures de l’été 2021 (41), Seuls les fous n’ont pas peur, de Georg Scheuer, paru chez Syllepse

Chaque jour jusque fin août, je vous propose une référence de mes bonnes lectures d’un an, depuis les grands vacances 2020, et celles que je découvrirai lors de mes lectures du présent été. Bonnes lectures donc, et à demain.

L’itinéraire d’un militant communiste

Livre apparemment indisponible, mais que j’ai eu la chance de trouver à la librairie de notre rassemblement festif le 13 juin dernier. Je peux toujours prêter mon exemplaire et voir s’il n’y en a pas en réserve.

         C’est le récit autobiographique du parcours militant d’un jeune autrichien qui milita durant quinze ans, mais dans une époque tellement dense. Il était né en 1915 et cessa pour l’essentiel son activité politique à la Libération, à l’âge de trente ans. Mais quels années, et quel parcours politique d’un  militant jeune confronté à l’histoire folle des années 1930 à 1945 et aux  horreurs de la barbarie du monde capitaliste.

         Georg Scheuer était autrichien de nationalité mais fut un militant internationaliste, un de ces « sans patrie ni frontière ».

         Il fait connaissance très jeune de la social-démocratie autrichienne qui avait certes une nature réformiste mais avait su organiser les larges couches de la classe ouvrière. Le coup d’État de février 1934 installa l’extrême-droite catholique au pouvoir, mais cela n’avait pas été sans résistance de la part du prolétariat. Georg devint un militant politique alors que grandit le nazisme. Hitler s’empara du pouvoir en Allemagne en janvier 1933. C’est une défaite sans combat pour la classe ouvrière allemande dont la social-démocratie et le Parti communiste allemand partagent l’entière responsabilité. 

    Georg qui était passé des jeunesses socialistes aux jeunesses communistes finira par rejoindre les militants trotskystes. Il fait de la prison à Vienne mais finit par être libéré, à temps…C’est l’Anschluss de mars 1938, Georg quitta l’Autriche pour la Tchécoslovaquie, puis pour d’autres cieux tout aussi peu cléments. Il connaîtra le sort de l’émigration allemande et autrichienne, et se retrouvera prisonnier au camp des Mille près d’Aix-en-Provence. Il s’échappera. Jusqu’à la Libération, il continuera son activité d’internationaliste (il a rompu avec les trotskystes), en particulier, en tentant de s’adresser aux soldats allemands dans les conditions difficiles que l’on imagine.

         Un livre très intéressant pour des militants, mais aussi pour tout lecteur ayant la volonté de comprendre. D’autant plus passionnant que Georg Scheuer est une belle plume et expose les problèmes avec finesse.