jeudi 15 avril 2021

Amazon, le syndicat, les travailleurs de l’entrepôt d’Alabama, et les travailleurs du Creusot à l’époque de la Commune de Paris…

Malgré le pain de la misère, ils construiront leur organisation

 


Comme nous l’évoquions dans un des derniers épisodes de notre série sur la Commune de Paris de 1871, il y a eu une tentative de Commune en province dans la grande ville métallurgique de l’époque, Le Creusot, la ville de Schneider. Cette tentative est vaincue. L’auteur de notre exposé écrit : « Schneider organise peu après de nouvelles élections municipales, en présence de l’armée, menaçante. Il soutient une liste que les contremaîtres montrent aux ouvriers en leur disant: «Voilà le pain!», tandis qu’ils montrent celle des partisans de la Commune en leur disant: «Voilà la misère!».

         Certes, la distance et le temps sont loin, mais cela m’a fait penser à Amazon et à la tentative qui a échoué de faire reconnaître une organisation syndicale ouvrière dans un entrepôt de la firme. Cela permet de répondre à ceux qui s’interrogent naïvement sur l’origine de cet échec.

         Il s’agissait de voter pour ou contre cette reconnaissance.

         On imagine très bien Amazon et ses contremaîtres prônant pendant des semaines le « non » aux salariés en leur disant : « Voilà le pain ! », tandis qu’ils montrent celle des partisans (du syndicat) en leur disant : « Voilà la misère ! ». DM

 

150 ans après, l’actualité de la Commune de Paris de 1871. Un exposé du Cercle Léon Trotsky (23). L’œuvre de la Commune, Des mesures pour les travailleurs et pour reprendre en main la production

Comme vous le savez, nous n’avons pas pu tenir le Cercle Léon Trotsky qui devait aborder le 150ème anniversaire de la Commune de Paris. Le texte de cet exposé intitulé « 150 ans après, l’actualité de la Commune de Paris de 1871 » est néanmoins disponible sur notre site lutte-ouvrière.org. Nous vous le proposerons jour après jour en « feuilleton » le présent blog « lo argenteuil »

L’œuvre de la Commune

La Commune a manqué de temps pour s’orienter et mettre en œuvre jusqu’au bout les transformations sociales qu’elle a entreprises. Des communards eux-mêmes ont en outre décrit un manque d’organisation, voire la «pagaille» qui régnait parfois. On est même allé jusqu’à un risque de scission et de démission dune partie des élus, au moment où la situation militaire devenait critique. Mais la lutte et la cause communes l’ont emporté sur les dissensions, la volonté d’agir a décuplé les énergies.

Ainsi, malgré les impératifs de la défense, malgré la brièveté de son existence, la Commune réussit à prendre quelques mesures qui au moins caractérisent véritablement sa nature et ses buts.

Des mesures pour les travailleurs et pour reprendre en main la production

Les principaux décrets en faveur des travailleurs sont élaborés par la commission du Travail et de l’Échange, dont les six membres, Frankel, Malon, Theisz, Chalain, Longuet et Seraillier, sont tous adhérents de l’AIT.

Le 16 avril, la commission prend d’emblée une mesure radicale, qui porte atteinte à la propriété privée. Beaucoup de patrons ayant fermé leurs ateliers, elle décide de réquisitionner ces ateliers abandonnés au profit des associations ouvrières, pour que celles-ci relancent la production et donnent du travail aux ouvriers. On envisage même la future réunion de ces associations dans une grande fédération ouvrière, une nouvelle organisation du travail et de la production qui, comme le souligne Marx, irait de fait dans le sens du communisme. Certains communards envisagent consciemment, comme l’écrira Frankel, «un passage progressif du mode de production capitaliste à un mode de production coopératif». Pourtant, si le Conseil de la Commune soutient cette mesure à l’unanimité, ce n’est pas par doctrine. Les conceptions socialistes les plus répandues, celles de Proudhon, n’allaient pas dans cette direction. Mais, parce qu’elle émane du prolétariat, qui a terriblement besoin de travailler, la Commune agit résolument et de manière pragmatique. Le décret est accueilli avec enthousiasme, on met un local à la disposition de la fédération des chambres syndicales à qui l’on a confié sa mise en œuvre. Faute de temps cependant, seul le recensement des ateliers abandonnés sera réalisé.

Frankel réclame aussi que la Commune achète les vêtements des gardes nationaux en priorité aux associations ouvrières, plutôt qu’aux entreprises privées qui, de surcroît, facturent plus cher.

Quelques jours plus tard, la Commune prend un arrêté interdisant le travail de nuit des boulangers. Les ouvriers de cette corporation réclament que le travail commence seulement à cinq heures du matin, et pas plus tôt. Ils veulent aussi qu’on supprime les placeurs, qui s’occupent pour les patrons boulangers de recruter les ouvriers ou de les écarter selon leur bon vouloir. Les patrons protestent, mais la Commune choisit son camp sans hésiter et c’est celui des ouvriers. Frankel déclare: «Je trouve que c’est le seul décret véritablement socialiste qui ait été rendu par la Commune; tous les autres décrets peuvent être plus complets que celui-là, mais aucun na aussi complètement le caractère social. Nous sommes ici non pas seulement pour défendre des questions de municipalité, mais pour faire des réformes sociales. Et pour faire ces réformes sociales, devons-nous d’abord consulter les patrons? Non.» C’est un décret emblématique pour tous les travailleurs.

La commission du Travail fait aussi interdire les amendes et retenues sur salaire, système qui permettait de taxer les salariés sous les prétextes les plus divers, absences, retards et autres, voire sous des prétextes inventés de toutes pièces. Un vol légalisé en somme, auquel il est mis fin. Dans le même ordre d’idées, la Commune envisage de supprimer le livret de travail individuel, mais n’aura pas le temps de le faire.

………………………………………………

 


 (Demain, La Commune : L’œuvre de la Commune, Contre la misère : remise des échéances, le mont-de-piété, l’assistance publique)

 

Le texte de cet exposé du Cercle Léon Trotsky « 150 ans après, l’actualité de la Commune de Paris de 1871 » vient de paraître en brochure. 2 euros. Nous pouvons vous la transmettre. DM

mercredi 14 avril 2021

Argenteuil « 1ère ville du Val-dOise où on vit le mieux ! » ? Ah bon ?... Surprise !

 

Alice au pays… d’Argenteuil

Heureux ! disait Fernand Raynaud

 


La municipalité bombe le torse et se glorifie. Elle vient d’annoncer sans réserve sur son site internet que la Ville qu’Argenteuil était la « 1ère ville du Val-dOise où on vit le mieux ! ». Rien que cela.

         Une fois n’est pas coutume, nous allons reprendre sur le sujet, la présentation que l’on put trouver sur ce site de la Ville : « Pour réaliser le classement, le Journal Du Dimanche a utilisé les données officielles de l’association « villes et villages où il fait bon vivre ». Ils ont comparé 34 837 communes de France métropolitaine. Pour les départager, ils ont pris en compte 183 critères officiels, dont les données publiées tout au long de l’année 2020 par l’Insee ou par des organismes étatiques. Un sondage réalisé par « Opinion Way » a également été réalisé afin d’appuyer ces chiffres. »

         Quel travail ! Vraiment bien confus tout cela, des références ou le « il », le « elle », le « ils » s’entremêlent et se perdent. En tout cas, nous ne savions pas les dons d’enquêteur et de sociologue du Journal Du Dimanche

         Bon, nous tous qui habitons notre merveilleuse ville d’Argenteuil, il faudra nous y faire. Nous ne le savions pas, mais nous avons vraiment de la chance. Et puis, cela nous change de quand la presse nous rabâche Argenteuil et sa « cellule terroriste » comme elle l’a fait ces dernières semaines.

         Mais on s’inquiète tout de même. Si, question du « mieux vivre » Argenteuil est en première position, dans les autres villes du département, Enghien, Parmain, La Frette, l’Isle-Adam,… on y vit comment ? DM

 

Achetez notre hebdomadaire Lutte ouvrière (1,2 euro) n°2749, et Lutte de classe (2,5 euros) n°215

         Lors de nos permanences :

-ce matin mercredi 14 avril, de 11h 15. à 11 h.35 au marché des Champioux ;

         Chez les marchands de la presse :

                   -au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac de la « dalle » ;

                   -librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri.

 

Attention : mes 5 articles du jour apparaissent sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première page sur « articles plus anciens). DM

 

Bonjour à tous, Nathalie ARTHAUD a peu de couverture médiatique. Mais l’hebdomadaire Le Point a accepté de l’interviewé. Le résultat est très intéressant. Une lecture donc à ne pas manquer sur le lien suivant :

https://www.lepoint.fr/politique/nathalie-arthaud-je-suis-favorable-a-l-expropriation-des-grands-laboratoires-pharmaceutiques-10-04-2021-2421541_20.php#

Véolia Suez : les milliards volent… là, au pays des parasites

Tout finit par s’arranger entre actionnaires

 


Après des mois de négociations, Veolia a fini par faire une offre que les patrons de Suez n'ont pas pu refuser : 1,4 milliard d'euros de plus que l'offre initiale, soit 25,4 milliards en tout. Le nouveau groupe sera donc un poids lourd dans les domaines du traitement des déchets et de l'eau.

         La Bourse ne s'y est pas trompée et les actions des deux groupes ont bondi de 6,60 % et 7,32 % le jour de l'annonce. Pour les salariés des deux groupes et les consommateurs, par contre, la naissance de ce mastodonte de l’eau et des ordures ne sent vraiment pas bon.