Brexit,
démagogie souverainiste et nationaliste : pas de frontières entre nous,
travailleurs !
28/12/2020
À Douvres
Plus de
17 000 camions en attente à Douvres, des usines fermées sur le continent,
comme celle de Toyota à Valenciennes qui utilise certaines pièces produites en
Grande-Bretagne, risques de pénurie de nombreux produits dans les supermarchés
français et anglais... Il a suffi de quelques jours pour que l’on ressente les
conséquences de la suspension du trafic en provenance de Grande-Bretagne,
décidée en début de semaine dernière par plusieurs États européens, dont la
France, à la suite de la découverte d'une mutation du Covid-19.
Malgré
tout ce que peuvent prétendre les souverainistes partisans d’un repli national,
les échanges ont créé une telle interdépendance entre les économies du monde
entier que la moindre interruption des liaisons peut rapidement paralyser
l’activité de nombreuses entreprises. À cela s’ajoute la course au profit qui
amène une grande partie des usines à fonctionner en flux tendu et à cesser leur
production au moindre retard.
Mais la
façon dont les chauffeurs ont été traités est aussi révélatrice du
fonctionnement de l’économie capitaliste. Des deux côtés de la Manche, ceux qui
dirigent, au gouvernement comme à la tête des entreprises, se sont inquiétés
d’assurer la circulation des marchandises, mais absolument pas des travailleurs
qui les transportent. En effet, si des lieux de stockage avaient été aménagés
pour les camions, rien n’était prévu par contre pour ceux qui les
conduisent ! « On a été parqués
comme des bêtes », racontaient certains en exprimant leur colère,
« même pas de douche, ils ont juste
mis des cabines de toilettes ; on a eu des bouteilles d’eau, mais rien à
manger… »
Il n’y
a pas que le virus qui fait se refermer les frontières. C’est aussi le cas du
Brexit qui doit intervenir le 1er janvier. Après avoir
officiellement quitté l'Union européenne, la Grande-Bretagne doit abandonner
définitivement le marché unique et l'union douanière. Après des mois de
négociations, l’accord finalement conclu le 24 décembre garantit aux
capitalistes que le Brexit n’entraînera pas l’instauration de taxes et de
droits de douane supplémentaires pour les marchandises. Pour eux, l’essentiel
est sauf : les affaires et les profits pourront continuer !
Depuis
des années, en Grande-Bretagne, une partie des politiciens se servent du rejet
des institutions européennes comme d’un tremplin pour tenter d’accéder au
pouvoir. Leur surenchère a conduit à l’organisation du référendum de juin 2016
qui a vu les partisans de la sortie de l’Union européenne l’emporter. Boris
Johnson lui-même ne s’était converti à la démagogie antieuropéenne que pour
damer le pion à ses concurrents et devenir Premier ministre. Mais contrairement
aux promesses mensongères qu’il avait faites, il n’y aura pas moins de
licenciements, moins de chômage et moins de pauvreté en Grande-Bretagne grâce
au Brexit. Au contraire même, car le patronat britannique voudra faire payer
aux travailleurs et aux consommateurs tous les frais supplémentaires, ne
serait-ce que ceux occasionnés, par exemple, par le rétablissement de
nombreuses formalités administratives. Il n’y aura pas non plus davantage
d’argent pour le système de santé, les hôpitaux ou le logement, car le
gouvernement se préoccupera avant tout, comme ses prédécesseurs, d’assurer les
profits de la classe capitaliste. Par contre, les barrières et les entraves
seront plus nombreuses pour les travailleurs immigrés, y compris ceux venant de
l’Union européenne, qui rencontreront plus de difficultés pour circuler, se
soigner ou obtenir un salaire correct.
En
Grande-Bretagne comme en France, la démagogie nationaliste ne sert qu’à
détourner la colère sociale des véritables responsables et à distiller dans la
classe ouvrière le poison de la division. Dans cette organisation sociale
fondée sur la concurrence et la recherche du profit par une minorité de
privilégiés, les États nationaux et les frontières qu’ils dressent entre les
peuples ne servent qu’à protéger les intérêts des possédants.
Pour
défendre leurs intérêts immédiats, et plus encore pour mettre fin à ce système
aussi injuste qu’irrationnel, les travailleurs auront besoin de s’unir et
d’opposer aux divisions nationales ou religieuses les idées de la lutte de
classe et de l’internationalisme. C’est à cette condition qu’ils pourront
constituer une force capable d’enlever à la bourgeoisie la direction de la
société et d’apporter ainsi une issue à une crise qui est celle du système
capitaliste lui-même.
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