Tests :
la poule aux œufs d’or
Les files d’attente se
multiplient devant les laboratoires d’analyse où des dizaines de milliers de
personnes viennent se faire tester.
La France est devenue le
troisième pays en nombre de tests, avec début septembre, près de deux millions
de tests chaque semaine. À ce rythme, on en sera à 30 millions de tests fin
décembre.
Pour que la population puisse se
faire tester massivement, le gouvernement a décidé en juillet 2020 que les
tests PCR, antigéniques et sérologiques seraient pris en charge par l’Assurance
maladie, même sans présenter d’ordonnance. La facture pour la Sécurité sociale
est donc salée, estimée à près de 250 millions d’euros par mois, certains
avançant même le chiffre de 2,2 milliards d’euros depuis la décision de prise
en charge. Les négociations entre l’Assurance maladie et les syndicats des
laboratoires ont abouti à un remboursement sur la base de 73,50 euros par test
PCR.
Les laboratoires d’analyse
médicale se frottent les mains : ils ont estimé que le confinement de
mars-avril leur avait coûté entre 200 et 300 millions de baisse d’activité,
mais se sont largement rattrapés avec la flambée des tests. Un économiste de la
Santé, Frédéric Brizard, estime que s’il faut environ 100 000 euros pour
acheter une machine, la rentabilité sur un test est de l’ordre de 30 à
40 %. Et bien sûr cette manne profitera d’abord aux grands laboratoires et
notamment aux six plus grands qui regroupent près de 50 % de l’activité
des 4 000 laboratoires du pays. Le premier d’entre eux, Les biologistes
indépendants (LBI), emploie 7 268 personnes dans ses 590 laboratoires.
Les mesures prises par le
gouvernement ont favorisé ces grands groupes privés qui savent négocier les
prix les plus élevés et ont l’oreille du pouvoir.
Cédric
DUVAL (Lutte ouvrière n°2734)