vendredi 25 décembre 2020

Prix des vaccins : motus et bouche cousue

 

Les travailleurs auraient pour tout les moyens de savoir

La secrétaire d'État au Budget belge a révélé maladroitement dans un tweet le prix d'achat des vaccins par l'Europe. Ils varieraient entre 1,78 et 14,70 euros la pièce, selon les marques. La Commission européenne a aussitôt répliqué, rappelant la confidentialité des négociations et le tweet indiscret a été supprimé.

Pour ces gens-là, il est essentiel de sauvegarder les secrets de leurs petites et grandes affaires entre complices. C'est au contraire en les dévoilant que les travailleurs pourront dénoncer les magouilles, et surtout exiger des comptes.

Drone de surveillance, accroc, mais le combat continue

 

Libertés ? Ça fait tout drone

 

Le Conseil d’État a interdit à la préfecture de Police de Paris l’utilisation de drones pour surveiller les manifestations en expliquant qu’aucun texte législatif ne le prévoit. C’est pour éviter ce type de désagrément juridique que le gouvernement voulait - et veut encore - faire voter la loi sur la « Sécurité globale » permettant, entres autres, l’usage des drones. Ce jugement l’embarrasse mais il s’obstine, comme à chaque fois.

Ceux qui refusent cette loi ont bien des raisons de s’obstiner eux aussi contre la volonté du gouvernement de mettre en place un ensemble de règles et de lois visant à restreindre toujours plus les moyens de contester sa politique.

jeudi 24 décembre 2020

Vaccins : le scandale du secret commercial

 Vaccins : le scandale du secret commercial

22 Décembre 2020

Boulette ou pas, il n’empêche qu’en révélant le prix auquel les États européens ont négocié le vaccin anti-Covid avec les différents laboratoires, la secrétaire d’État belge chargée du budget a commis l’irréparable pour ses pairs : elle a osé transgresser le sacro-saint secret commercial.

Tout est parti de députés de l’opposition lui reprochant le manque de moyens engagés par l’État belge pour l’achat de vaccins. En réponse, la ministre a publié dans un tweet un tableau des six vaccins commandés pour la Belgique, assortis chacun du prix d’achat négocié par la Commission européenne : AstraZeneca : 1,78 euro, Johnson & Johnson : 8,50 dollars, Sanofi/GlaxoSmithKline : 7,56 euros, Pfizer/BioNTech : 12 euros, Curevac : 10 euros, Moderna : 18 dollars.

Ce Tweet intempestif a rapidement disparu des écrans, ne laissant plus apparaître que l’information : « Voilà les faits : 33,5 millions de vaccins seront achetés cette année pour 279 millions d’euros. » Car si dans la population, n’importe quel acheteur trouve normal et légitime l’affichage des prix de ce qu’il achète ou de ce qu’il vend, il n’en va pas de même pour les dirigeants des groupes pharmaceutiques, ni pour les gouvernements et la petite minorité qui dirige la société à son seul avantage.

« Tout ce qui concerne des informations comme le prix des vaccins est couvert par la confidentialité, c’est une obligation très importante », a déclaré un porte-parole de la Commission européenne, avant qu’un autre ajoute : « C’est une exigence contractuelle. » Et le groupe Pfizer a rappelé que les prix sont « couverts par une clause de confidentialité prévue dans le contrat avec la Commission ». Le tableau aurait dû rester aussi confidentiel que les contrats des mafias.

Depuis le début de l’épidémie, l’histoire du vaccin est dominée par ce qui organise toute la société : la recherche du profit. Avant même d’avoir eu le temps de vérifier l’efficacité et l’innocuité de leur produit, des laboratoires ont commencé à le produire industriellement et ont conclu avec les États les plus riches des contrats de précommandes de millions de doses. On ne connaît rien des termes de ces contrats. Le tweet de la ministre belge, en levant un petit coin du voile, n’a laissé entrapercevoir qu’un tout petit bout du résultat des négociations commerciales.

On découvre des prix différents de ce qu’on avait entendu précédemment, des prix qui s’étagent sur une échelle de 1 à 8, entre le moins cher et plus onéreux, bien sûr sans la moindre explication sur la façon dont ces prix ont été fixés.

C’est particulièrement choquant dans le cadre d’une pandémie et de la part d’entreprises impliquées dans la lutte pour la combattre, mais c’est la règle pour toute l’économie. Tout y est opaque, tout se négocie dans le plus grand secret entre les grands groupes industriels et les États.

Ces grands groupes imposent leurs règles sans avoir à rendre de comptes et en interdisant à quiconque de le faire.

Ça ne changera que s’ils sont expropriés et placés sous le contrôle des travailleurs et de la population.

                                                     Sophie GARGAN (Lutte ouvrière n°2734)

 

 

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Ikéa, les salariés en lutte, à Franconville, une intimidation contre des militants de la lutte des travailleurs

 

Soutien aux militants convoqués mardi 29 décembre

L’article suivant du blog, extrait du numéro qui vient de paraître de notre hebdomadaire Lutte ouvrière, explique les raisons de la mobilisation actuelle dans un grand nombre de magasins Ikea à travers le pays.

         Face aux revendications légitimes des salariés, le patronat a la tradition d’user de l’intimidation contre des militants ou simplement contre des travailleurs engagés dans la lutte. Apparemment, Ikéa n’y déroge pas une nouvelle fois. Soutenons les militants convoqués mardi prochain 29 décembre ! DM


 

Ikea : le sapin de la colère

 Ikea : le sapin de la colère

22 Décembre 2020

Mi-décembre, quinze magasins Ikea sur les 34 installés en France ont été perturbés par des débrayages. L’un d’eux a même été fermé pendant quelques heures. 1 000 à 1 300 salariés ont participé à ces différentes actions.

 


Les travailleurs sont en colère contre le non-versement de la prime de fin d’année. La direction prétend n’avoir fait aucun bénéfice et affiche un déficit de 35 millions d’euros. Or, le chiffre d’affaires a été sensiblement le même que l’an passé. Les salaires sont très proches du smic, de nombreux travailleurs sont à temps partiel, avec 25 heures pour 900 euros net. Avec la pandémie, les conditions de travail se sont dégradées, les salariés ont dû s’adapter aux besoins, changer de tâches, de plannings. Des vendeurs se sont convertis en préparateurs de commandes, faisant des kilomètres chaque jour pour aller chercher les articles dans tout le magasin.

Malgré ce contexte et n’hésitant pas à être provocatrice, la direction a remplacé cette prime de plusieurs centaines d’euros en leur offrant un sapin de Noël et un bon de 15 euros, valable dans les épiceries des magasins. Même cette somme dérisoire devra être dépensée au sein de l’enseigne !

Le déficit s’explique peut-être par le choix de la direction de provisionner 3,5 millions d’euros pour prévenir la décision du procès en cours contre le système d’espionnage des salariés qu’elle avait mis en place en 2012. Il comportait la consultation illicite de fichiers de police et de gendarmerie. Ce serait aux salariés de payer non seulement pour le préjudice subi mais aussi pour la sanction qui s’annonce pour la société.

La colère continue de gronder et de nouvelles actions sont en préparation portant sur l’augmentation des salaires de 1 % proposée par la direction, l’embauche des précaires et le versement de la prime.

                                                                     Inès Rabah (Lutte ouvrière n°2734)