lundi 30 novembre 2020

‘‘Séparatisme’’ : une loi pour conforter les préjugés

 

‘‘Séparatisme’’ : une loi pour conforter les préjugés

25 Novembre 2020

Lorsque Macron avait annoncé son projet de loi aux Mureaux, le 2 octobre, il avait déclaré vouloir légiférer sur le séparatisme, désignant même explicitement un prétendu séparatisme musulman. Il a été ensuite question d’une loi sur la laïcité, pour finalement aboutir aujourd’hui à un texte « confortant les principes républicains ».

 


Le gouvernement a retiré ainsi ce qui montrait trop clairement que c’était les musulmans, ou ceux prétendus tels, qui étaient visés par le nouvel arsenal législatif. Mais celui-ci n’a fait que se durcir au fil des semaines.

Le gouvernement profite de l’émotion engendrée par la publication de vidéos haineuses à l’encontre de l’enseignant Samuel Paty suivies par son assassinat. Il prétend ainsi renforcer les sanctions pour la diffusion sur les réseaux sociaux d’informations permettant d’identifier et de mettre en danger une personne, pour prévoir des sanctions spécifiques lorsque les victimes en sont des agents de l’État ou des élus. Les enseignants seront-ils mieux protégés ? Rien n’est moins sûr. Par contre, bien des contestataires seront incités à y réfléchir à deux fois avant de publier une vidéo sur des policiers violents ou des élus corrompus.

Le projet de loi prévoit aussi de surveiller de près le financement des associations cultuelles. Une disposition dite anti-putsch est même prévue pour empêcher toute prise de contrôle d’une mosquée par des extrémistes, ou jugés tels.

En outre, pour mettre fin aux écoles islamistes clandestines, la scolarisation sera rendue obligatoire dès l’âge de 3 ans et le gouvernement veut attribuer un identifiant à chaque enfant, de manière à pouvoir vérifier s’il est bien inscrit à l’école, Darmanin assure vouloir ainsi « sauver ces enfants des griffes des islamistes. » C’est mensonger car, en réalité, seuls 50 000 enfants recevraient un enseignement hors des écoles, dont la majorité le feraient pour cause de maladie.

Macron et ses ministres jurent que ces mesures ne visent pas tous les musulmans, mais uniquement les islamistes radicaux. Ceux-ci existent, bien sûr, et des militants de l’islam politique cherchent aujourd’hui à étendre leur influence dans bien des quartiers populaires. Mais de telles mesures ne dissuaderont évidemment pas un jeune fanatisé de commettre des crimes au nom de sa religion. Par contre, dès aujourd’hui, la campagne du gouvernement et la loi qui en est issue contribuent à diviser un peu plus les classes populaires, entre les musulmans, suspectés d’être des suppôts du terrorisme, et les autres.

Pour les travailleurs, cette division constitue un danger mortel en risquant d’affaiblir leur capacité de lutte et de renforcer leurs pires ennemis : d’un côté, l’extrême droite fascisante dont les idées se trouvent ainsi confortées par le pouvoir et, de l’autre, les militants islamistes intégristes qui veulent apparaître comme les défenseurs de leur supposée communauté face à un pouvoir qui la stigmatise.

Plus que jamais, il est indispensable d’opposer à ces idées de division les idées de la lutte de classe et la nécessité pour tous les exploités, quelle que soit leur religion ou leur origine, de s’unir dans un même combat pour changer la société.

                             Jacques Le Gall (Lutte ouvrière n°2730)

Ehpad-Bezons : lorsque des conditions de travail difficiles le deviennent encore davantage. Rassemblement de soutien au personnel mobilisé

 

Les personnels victimes des manœuvres pour le profit maximum

 

                          Dans l'Est

Aujourd’hui à 13 heures 30

Un rassemblement de soutien aux travailleurs de l’Ehpad Mapad Arc en ciel a lieu aujourd’hui en début d’après-midi, à 13 heures 30, 2 rue Gabriel Reby à Bezons.

         Les conditions de travail déjà difficiles se sont dégradées dans cet Ehpad à la suite de sa vente comme de deux autres Ehpad dans le Val d’oise par Korian, un grand du secteur, à une petite structure privée, MAPAD. Pour Korian, l’affaire n’était pas assez juteuse, les pensionnaires étant des bénéficiaires de l’aide sociale. Il ne restait plus qu’à son successeur de tenter de rentabiliser l’affaire en dégradant les conditions de vie des pensionnaires et de travail du personnel.

         Réduction du personnel, horaires bousculés, autoritarisme, et on en passe.

         Aujourd’hui, la coupe est pleine. Et les travailleurs de cet Ehpad ont besoin de nous. J’en serai. DM

dimanche 29 novembre 2020

Grand succès des manifestations demandant l’abandon de la loi « Sécurité globale »

 

C’est tout le projet qui doit être abandonné

 





Ce sont des cortèges très importants qui ont manifesté hier lors des très nombreuses manifestations qui ont eu lieu à travers tout le pays. Comme nous l’écrivons dans notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine à propos des mobilisations qui ont été organisées ces quinze derniers jours « Les manifestations qui se sont produites à l’annonce de cette loi montrent que beaucoup, dans le pays, n’ont pas l’intention de se laisser intimider ainsi. »

         Nous écrivons également dans cet article : « Pour tenir compte du mécontentement qui s’exprimait, y compris parmi les députés de la majorité gouvernementale, il a été rajouté dans l’article 24 qu’il ne devrait pas créer un « préjudice au droit d’informer ». Cela ne change rien à l’esprit du texte, qui permettra de s’en prendre plus facilement aux journalistes et, plus largement, à tous ceux qui voudraient rendre compte des violences policières. Ce sont des vidéo-amateurs qui ont dénoncé le meurtre de Cédric Chouviat, les violences de Benalla ou de bien d’autres. Et c’est ce contrôle par les images que ne supportent pas les policiers qui veulent pouvoir exercer leur violence en toute impunité. »

         Le gouvernement doit abandonner non seulement cet article 24 mais également l’ensemble de ce projet de loi. Pour cela, le combat continue DM

 

Avec la nouvelle interface de Blogspot, malgré mes paramètres, mes 5 articles du jour apparaissent sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de page sur « articles plus anciens). DM

Pathologies autres que le Covid : Une surmortalité dramatique. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine

 Une surmortalité dramatique

25 Novembre 2020

Alors que le nombre de morts du Covid est difficile à connaître, des médecins de plus en plus nombreux affirment que le bilan sera encore bien plus lourd du fait de la surmortalité dans les autres pathologies.

 


Selon Axel Kahn, le président de la Ligue contre le cancer, « la totalité des dépistages systématiques des cancers du col de l’utérus, du sein ou encore de la prostate ont été totalement interrompus jusqu’au mois de juin ». Pour le cancer du colon et du rectum, le nombre de tests de dépistage est passé de 80 000 par semaine début 2020 à moins de 5 000, et fin juillet 15 000 opérations avaient été décalées. « Ce sont des chances perdues, ce sont des vies qui seront perdues », ajoute Axel Khan.

En cardiologie, un domaine où le temps de réaction est encore plus vital, c’est le même constat. L’activité des services de soins intensifs a diminué de près de 15 % à l’hôpital de la Pitié- Salpêtrière, où trois quarts des opérations ont été déprogrammées avec des conséquences dramatiques. « Quand on a rappelé des patients pour fixer des dates, certains étaient décédés entre-temps », explique le chef d’un service de cardiologie.

En neurologie, les malades victimes d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) comme ceux atteints de pathologies chroniques, telles que la maladie de Parkinson, sont aussi des victimes collatérales. Le retard de leur prise en charge a augmenté d’autant les risques de récidive. Pour les malades parkinsoniens, l’arrêt des séances de kinésithérapie ou d’orthophonie aura des conséquences certaines.

En chirurgie, tous domaines confondus, plus de 700 000 interventions ont été annulées ou repoussées pendant la première vague et, d’après un responsable du CHU de Rennes, il faudra pas loin d’un an pour rattraper ce retard, à condition de revenir à une activité normale, ce qui n’est pas le cas et l’est encore moins avec les nouvelles déprogrammations liées à la seconde vague. Enfin, c’est aujourd’hui dans un autre domaine, la psychiatrie, que des problèmes apparaissent, avec les conséquences d’un confinement difficile à supporter, notamment pour les personnes âgées.

On est encore bien loin de pouvoir faire un bilan complet et précis de la surmortalité liée à toutes ces pathologies. Après le drame de la canicule en 2 003, il avait fallu attendre plus de cinq ans pour le faire. Mais, même si on ne connaît pas toutes les conséquences, on connaît par contre très bien les causes de « ces chances et de ces vies perdues » : c’est la situation dramatique dans laquelle la politique gouvernementale a plongé les hôpitaux.

                                                Cédric DUVAL (Lutte ouvrière n°2730)