samedi 21 novembre 2020

Bonnes lectures du confinement 2. Vingtième-et-unième jour. Artana ! Artana ! Didier Daeninckx, Folio

 


Comme je n’ai guère à ajouter à cette critique de Babélio, je la livre telle qu’elle. Une petite remarque cependant, à propos des « territoires perdus de la République ». Il faudrait ajouter « bourgeoise », de la république à l’unique service de la bourgeoisie. Bref, la république bourgeoise ». DM

« Erik Ketezer est vétérinaire en Normandie, mais il a passé sa jeunesse à Courvilliers, un ancien fief communiste de la périphérie parisienne. De retour dans sa cité natale pour enquêter sur le décès du frère d’une de ses amies, il découvre l’état de déliquescence de la ville. L’économie est dominée par le trafic de drogue, qui s’organise au sein même de l’équipe municipale : on a découvert des centaines de kilos de cannabis dans le centre technique de la mairie, dirigé par un délinquant notoire. Une impunité inexplicable règne, couvrant les actes de népotisme, les faux emplois, les pots-de-vin, les abus de biens sociaux en tout genre. Pendant ce temps, la ville part à vau-l’eau, les équipements municipaux sont détériorés, les ascenseurs ne fonctionnent pas plus que le ramassage des poubelles, les rats pullulent, le maire a été élu grâce au travail efficace des dealers et des islamistes qui ont labouré le terrain en distribuant menaces et récompenses…

Ce nouveau roman de Didier Daeninckx est mené tambour battant. Son écriture efficace, directe, est mise au service d’un tableau accablant des territoires oubliés de la République. »

 

         À Argenteuil, la librairie Le Presse-papier n’échappe pas au confinement (le point presse en revanche continue de fonctionner). En revanche, l’achat de « livres à emporter » est possible.

         À l’étage librairie, on demande un livre, et on vous l’apporte. On peut aussi téléphoner pour commander au :

0139619395

vendredi 20 novembre 2020

Paris : éboueurs et égoutiers en grève

 

Se mettre en « première ligne » de… la lutte

 

Depuis mardi, à l’appel de la CGT, une partie des travailleurs de plusieurs secteurs du traitement des déchets et des égouts de la ville de Paris sont en grève. Ils protestent contre la loi de transformation de la fonction publique qui va entrainer la perte de nombreux congés et restreindre leur droit de grève. Ils refusent aussi la suppression d’une prime de 35 euros qui avait été instaurée lors du premier confinement, et ce alors que leur salaire est bloqué depuis des années. Les "travailleurs de la première ligne", salués par le gouvernement au printemps pour leur travail pendant la première vague de Covid-19, ont toutes les raisons de se mettre en première ligne de la lutte.

 

Avec la nouvelle interface de Blogspot, malgré mes paramètres, mes 5 articles du jour apparaissent sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de page sur « articles plus anciens). DM

ATSEM, agents de restauration et d’entretien, animateurs périscolaires… partout la même galère

 

Territoriaux de Grenoble : Ras-le-bol dans les écoles

 


Mardi 17 novembre, plus de 400 agents d’entretien et de restauration, animateurs périscolaires et ATSEM ont fait grève. 150 d’entre eux, rassemblés sur le perron de l’Hôtel de ville, ont dénoncé leurs conditions de travail, la précarité et les bas salaires, tout en réclamant des embauches. Démissions et arrêts de travail se succèdent car chacun est épuisé.

Pour toute réponse, la mairie écologiste demande aux agents et aux familles de faire des efforts : les agents devraient attendre la fin de la pandémie, quant aux familles, on leur propose de désinscrire leurs enfants de la cantine une fois par semaine, car la mairie n'arriverait pas à recruter.

Si leur réponse n’a surpris personne, les grévistes étaient fiers de s’être retrouvés nombreux pour faire entendre leur colère.

Complotisme : les fausses révélations de Hold-up. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine

 Complotisme : les fausses révélations de Hold-up

18 Novembre 2020

Calculé minutieusement pour faire du bruit, le documentaire Hold-up a eu un large écho, notamment dans les milieux populaires.

Il ne fait pas seulement appel à des préjugés, mais spécule sur la défiance qui existe, à juste titre, vis-à-vis des autorités en général et des multinationales de la pharmacie en particulier. Cela lui permet de faire passer sa marchandise frelatée.

Si on y voit brièvement un chauffeur de taxi dire sa colère contre le manque de moyens donnés au personnel hospitalier, l’essentiel des autres interventions nie au contraire la gravité de l’épidémie et présente le port du masque comme un moyen de terroriser la population, des enfants des crèches aux pensionnaires des Ehpad, pour mieux la rendre docile. Le spectateur est amené petit à petit à l’idée que, derrière les mesures sanitaires, port du masque imposé, confinement, se cache le projet de Bill Gates et de quelques autres grands financiers tapis dans l’ombre, qui voudraient « nous réduire en esclavage » en faisant disparaître « nos libertés », grâce à l’utilisation des techniques les plus modernes de traçage, mêlant pêle-mêle nanoparticules, 5G et paiement sans contact au moyen du téléphone portable.

Les médecins sont présentés comme corrompus dans leur ensemble par le Big Pharma et la science dite officielle comme entièrement aux mains de « l’oligarchie ». Le virus aurait été créé, si l’on comprend bien, par l’Institut Pasteur, et les partisans de l’hydroxychloroquine, le remède miracle de Didier Raoult, auraient été persécutés. Tout cela pour aboutir à la conclusion du film : un archevêque, ancien ambassadeur du Vatican aux USA, s’adresse dans une lettre à Donald Trump comme ultime recours face aux « élites mondialistes » qui prépareraient en secret une « grande réinitialisation » devant leur soumettre toute l’humanité.

Ce documentaire est inspiré très largement des thèses les plus délirantes de l’extrême droite américaine. Il présente la conspiration qu’il prétend dévoiler comme l’établissement d’un gouvernement mondial au service de l’élite. Plusieurs des 37 intervenants qu’il met en scène sont d’ailleurs notoirement liés à l’extrême droite. D’autres sont des tenants des médecines alternatives ou des militants anti-vaccination. Réfuter tous les mensonges ou les demi-vérités de ce documentaire manipulateur serait vraiment trop long. On peut simplement remarquer que ce discours qui prétend réveiller le spectateur aboutit à le faire se sentir impuissant face au grand complot en cours et qui serait en train de refaçonner le monde. Il dénonce le virus de la peur instillé par les gouvernements pour tétaniser les populations et empêcher toute réaction, mais explique que 3,5 milliards d’humains vont être exterminés et que le reste de l’humanité sera lobotomisé par les dernières technologies. La dénonciation de la « manipulation » en cache mal une autre.

                                                           Serge FAUVEAU (Lutte ouvrière n°2729)