samedi 17 octobre 2020

Police : un jeu politicien démagogique qui ne protège personne. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière

 

Avec la nouvelle interface de Blogspot, malgré mes paramètres, mes 5 articles du jour apparaissent sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de page sur « articles plus anciens). DM

 

 

Bien sûr, nous reviendrons dans les heures qui viennent sur l’odieux assassinat d’un enseignant à Conflans. Déjà, pleine solidarité avec la famille. DM

 

Police : la ritournelle sécuritaire ne protège personne

14 Octobre 2020

Suite à l’agression de deux policiers à Herblay, dans le Val-d’Oise, et à l’attaque contre un commissariat de Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, on a encore vu des policiers manifester pour réclamer plus de moyens et un durcissement des sanctions.

L’occasion était bonne pour les spécialistes de l’exploitation de ce genre de situation. Le Pen a, comme d’habitude, attaqué le gouvernement pour son supposé « laxisme ». Le ministre Darmanin est monté sur ses grands chevaux en dénonçant dans ces propos une « ignoble » instrumentalisation de la souffrance des policiers. Il fait pourtant exactement la même chose. Chaque fois que des policiers sont visés, il entonne son discours sécuritaire, en promettant de nouvelles mesures, puis de nouvelles mesures encore et de nouvelles sanctions. L’interdiction de la vente de mortiers d’artifices sur Internet est la dernière de ces annonces ridicules. Mais Darmanin, pas plus que ses prédécesseurs et que ses concurrents, n’a le moyen de mettre fin à cette situation.

La violence contre les policiers, si tant est qu’elle augmente réellement, est un reflet de la montée de la violence dans la société. La violence, les incivilités dont les premières victimes sont les habitants des quartiers pauvres, sont un signe du désarroi d’une partie d’entre eux et notamment d’une fraction croissante de la jeunesse. L’individualisme, la débrouille, la délinquance comme mode de vie grandissent dans le contexte de la crise, sur fond de recul des organisations ouvrières et des associations de solidarité. Aucune mesure policière ne peut endiguer cette désagrégation sociale.

Les policiers envoyés en première ligne pour contrer ces phénomènes en deviennent une composante par leurs attitudes brutales, haineuses, racistes vis-à-vis des habitants des quartiers populaires, spécialement les jeunes. Ils la subissent eux-mêmes aussi comme tous les salariés de l’État et par l’intermédiaire de leurs familles et de leur milieu social, populaire lui aussi. Dans cette situation Darmanin n’a que des promesses à leur proposer en même temps qu’il cherche à garder la main.

Darmanin, d’incidents en agressions, surenchérit donc contre la violence qui frappe les policiers, s’aligne sur leurs représentants les plus corporatistes et réactionnaires, pour tenter de garder son crédit de ministre de l’Intérieur et de chef de la police. Car, même si elle ne les paye qu’avec des promesses politiciennes, la classe dominante a besoin de forces à sa disposition. Ces « forces de l’ordre » tant vantées sont en effet avant tout les forces de son ordre social, celui du grand patronat, de l’exploitation au travail et des millions de chômeurs. Méprisés par les classes dirigeantes, les policiers n’en restent pas moins leurs mercenaires indispensables.

                                               Thomas Baumer (Lutte ouvrière n°2714)

 

Au Figuier blanc, jeudi 22 octobre à 17 heures 30

CGT : le mythe du dialogue social

CGT : le mythe du dialogue social

14 Octobre 2020

 


Interviewé dans le journal Les Échos, le 12 octobre, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a dénoncé les conditions sanitaires dans les entreprises, la situation dans les hôpitaux, ou encore le fait que « le gouvernement subventionne le chômage partiel tout en laissant les entreprises faire des plans sociaux en même temps. »

Mais les militants de la CGT pourraient s’étonner d’entendre leur secrétaire général saluer les initiatives de Jean Castex qui, dès sa nomination comme premier ministre, a invité les syndicats à se réunir. « Il a été nommé un vendredi. Il m’a appelé dès le samedi et reçu une semaine après […] En un mois, je lui ai parlé quatre fois. C’était plutôt un bon départ », s’est-il félicité. Que peut-il sortir de positif pour les travailleurs de telles discussions avec des Castex, Le Maire, Macron et autres serviteurs de la bourgeoisie ? De la même façon Martinez se réjouit des « enjeux de la négociation qui va s’ouvrir » en parlant du télétravail. Mais quel que soit le sujet, que peut-on espérer de Renault, Airbus, Bridgestone, Alinea, Carrefour, tous ces grands groupes qui licencient des milliers de travailleurs ?

Laisser croire que des syndicalistes peuvent convaincre les représentants du patronat par le dialogue ne peut avoir qu’un résultat : désarmer les travailleurs.

                                          Aline RETESSE (Lutte ouvrière n°2714)

 

Nos permanences. Aujourd’hui et demain

Aujourd’hui samedi marché des Champioux, 10h45-12h ; dimanche marché Héloïse 10h30- 12h.    Venons-y nombreux

 

ADP – Roissy : la mobilisation continue

 



Hier matin jeudi 15 octobre, encore un très beau rassemblement de plus d’un millier de travailleurs à Roissy

 

ADP – Roissy : la mobilisation continue

14 Octobre 2020

Face aux plans d’économies que la direction d’Aéroports de Paris (ADP) veut imposer, la mobilisation s’organise du côté des salariés. Après une première manifestation réussie le 17 septembre avec près de 900 travailleurs, un nouveau rassemblement a eu lieu vendredi 9 octobre devant le ministère des Finances, regroupant 600 personnes.

Si la majorité des présents étaient des travailleurs d’ADP, certains étaient employés par une filiale, ADP-ingénierie : ceux-ci ont été mis au courant d’un plan visant à licencier 200 salariés sur 220 ! D’autres encore venaient d’une filiale de Keolis et sont confrontés à la fermeture de leur entreprise.

À ADP, les baisses de salaire prévues dans l’accord de performance collective iraient de 300 à 800 euros par mois, et la durée du travail augmenterait d’une à deux semaines par an. À cela s’ajoutent du chômage partiel longue durée et une rupture conventionnelle collective impliquant 1 400 départs en 2021, sur 6 300 salariés, qui signifierait une dégradation importante des conditions de travail.

La direction brandit la menace d’un plan de licenciements en cas d’échec des négociations. Le rassemblement du 9 octobre a été l’occasion pour les directions syndicales de s’adresser à l’État, actionnaire majoritaire, en lui demandant de renoncer à ses dividendes. Il leur a opposé une fin de non-recevoir.

Mais une bonne partie des travailleurs présents ne s’attendaient pas vraiment à autre chose, et ils étaient contents de se retrouver. Depuis septembre, au fil des rassemblements et des temps forts, les plus mobilisés ont tissé des liens. L’idée qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes, et qu’il s’agit d’être plus nombreux, fait son chemin.

Ces dernières semaines, certains se sont mis à distribuer des tracts, à coller des affiches et envoyer des mails à leurs collègues pour les encourager à participer à chaque rassemblement. Celui du 9 octobre avait aussi de très positif le fait qu’il était le premier à impliquer plusieurs entreprises.

Au-delà, de plus en plus de salariés d’ADP remettent en cause les arguments de la direction, qui se plaint de la situation financière du groupe. Celui-ci a en réalité amassé des milliards de profits ces dernières années. D’ailleurs, dans une lettre envoyée aux syndicats, le ministre Le Maire affirme que « la situation d’ADP en termes de liquidités est saine et lui permet d’affronter la crise de manière sereine. »

En fait, l’État, actionnaire majoritaire d’ADP, cherche à faire une démonstration politique : la mise en œuvre de ces accords serait un message on ne peut plus clair, adressé à tout le grand patronat. En face, la mobilisation franchit des étapes et c’est précieux pour la suite.

                                         Correspondant LO (Lutte Ouvrière n°2714)