mardi 4 août 2020

Reconstruction du pont de Gênes : derrière les flonflons...


Un boycott des familles totalement justifié

 


Moins de deux ans après l’écroulement du pont Morandi à Gênes, qui avait fait 43 morts, un nouveau pont va être inauguré et ouvert à la circulation cette semaine. Le gouvernement italien et les entreprises qui ont décroché le contrat pour la reconstruction se félicitent de la rapidité des travaux, et assurent que cette fois-ci, toutes les mesures de sécurité ont été prises.
Mais les familles des victimes ont choisi, et on les comprend, de boycotter la cérémonie. Car les causes de la tragédie du 14 août 2018 – l’irresponsabilité des grands groupes du BTP et celle des autorités – n’ont pas disparu.
La population de Gênes et de toute l’Italie ne se laisse pas duper par ces flonflons et ces beaux discours.

La crise au Brésil : les pauvres payent le prix fort


Une situation dramatique pour les plus pauvres

 


Au Brésil, le ralentissement de l’activité économique causé entre autres par l’épidémie de Covid-19 frappe de plein fouet. Au cours des quatre derniers mois, le nombre de chômeurs a bondi de 3 millions, laissant désormais un Brésilien sur deux en âge de travailler sans emploi.
Pour les millions de travailleurs qui gagnent leur pain dans le secteur informel, sans contrat de travail, la facture est particulièrement lourde. Non seulement ils ont souvent perdu toute source de revenu, mais il leur est difficile de remplir les conditions pour obtenir les 100 euros mensuels d’aide gouvernementale. Même quand ils parviennent à les toucher, cela ne représente qu’un tiers de leur revenu habituel.
Et ce n’est qu’un exemple, sans doute l’un des plus dramatiques, de ce qui se passe partout ailleurs.

Argenteuil, en guise d’enquête sur les salafistes, un travail bâclé de journalistes en mal d’inspiration


Mais qu’est-ce qu’ils ont après Argenteuil ?

 
Qu'ils s'intéressent à cela, c'est plus de leur monde

C’est l’été, et pour nombre de journalistes, c’est difficile. Malgré le Covid, il faut trouver des sujets. On ressort bien sûr les « marronniers » du placard, ou de vieux articles dont on n’est pas forcément très fiers, qui dorment dans un fichier, que l’on ressort, en espérant qu’ils feront l’affaire.
         C’est l’impression que donne l’article au titre choc du Journal Du Dimanche de cette semaine : « ENQUETE. Comment Argenteuil est devenue une terre salafiste ». Rien que cela !
         L’article est commenté par un second article de Valeurs actuelles, l’hebdomadaire tendance de l’extrême-droite.
         Ces messieurs qui ne connaissent manifestement pas Argenteuil se sont inspirés des travaux d’un dénommé Bernard Rougier qui a fait paraître une étude sur le sujet. Je ne donnerai pas le titre de son livre, car je l’ai trouvé tellement mauvais, indigeste et si confus que j’en ai abandonné la lecture. Il n’y est question que de filiations d’influences, de courants religieux, mais rien de concret sur les réseaux et leur importance réelle, à Argenteuil en particulier, des éléments autrement intéressants.
         Bref, un bâclage journalistique de l’été. Qui a de quoi mettre en rogne bien des musulmans, bien des athées dont je suis, et finalement nombre d’Argenteuillais sur lesquels on médit de cette façon une nouvelle fois. Je reviendrai ultérieurement sans doute sur le sujet.DM

lundi 3 août 2020

Renault, Total, SNCF, Airbus… Face aux pertes annoncées, les travailleurs doivent défendre leur peau


Aux actionnaires riches à milliards de payer !

 


De grands groupes annoncent des pertes record pour le premier semestre 2020, suite à la crise sanitaire, mais pas seulement : Renault : moins 7,3 milliards d’euros, Total : moins 8,2 milliards, Airbus : moins 1,9 milliard, la Sncf : moins 2,4 milliards… et bien d’autres ici en France et dans le reste du monde.
Certes, il faudrait vérifier ce que ces pertes représentent, mais dans tous les cas, elles ne signifient pas pour autant la fin du monde pour ces entreprises car la plupart d’entre elles, voire quasiment toutes, ont fait des milliards de profits ces dernières années et peuvent compter sur l’aide sans contrepartie des États. Renault par exemple, qui a fait près de 25 milliards de profit sur les 10 dernières années, peut compter sur 18 milliards de trésorerie existant dans ses caisses et a en outre reçu 5 milliards d’aide de l’Etat.
Cela bien sûr n’empêche pas ces grands patrons de présenter la note aux travailleurs avec des licenciements en cascade et l’aggravation des conditions de travail.
Il n’est pas question de l’accepter ! Leur système est en crise, aux actionnaires riches à milliards de prendre sur leur fortune pour la payer.

Frontières : nationalités à vendre


Et pour les pauvres, les barbelés, les camps et la misère

 


Si vous êtes un riche américain, vous pouvez acheter à Chypre une villa ainsi que le permis de résidence qui va avec, ce qui vous permettra de contourner les restrictions de sortie des États-Unis vers l’Europe ou la Chine. Pour 1,25 million de dollars, vous pouvez aussi acheter un « visa d’or » aux Pays-Bas, ou une deuxième nationalité dans quelque micro-Etat, ce qui vous ouvrira l’accès de nombreux pays.
Mais si vous êtes un pauvre de Somalie, d’Érythrée ou du Mali en butte à la guerre, on vous réserve des barbelés, des camps et de la mitraille.
Les frontières et les barbelés ne se dressent que contre les plus pauvres.

Faim dans le monde : au XXIème siècle, on souffre encore de la faim


Il faut changer ce monde !

 


On apprend que près de 45 millions de personnes (pas loin de la population d’Espagne) sont en situation d’insécurité alimentaire en Afrique australe, c’est-à-dire autant de personnes qui n’ont pas accès à la nourriture pour vivre normalement. Ce nombre a augmenté de 10 % cette année.
L’épidémie du Coronavirus a fortement aggravé cette situation certes, mais ces chiffres montrent surtout que le système capitaliste est en bout de course. Les moyens humains et matériels sont largement suffisants sur terre pour nourrir, vêtir et loger tout le monde, mais l’organisation économique de la société capitaliste, basée sur le profit exclusif de quelques-uns, condamne à la faim des dizaines de millions de personnes. Il faut changer ce monde !

Sages-femmes : une correspondance de notre hebdomadaire Lutte ouvrière


Nos lecteurs écrivent Le Ségur de la santé met les sages-femmes en colère

29 Juillet 2020

Je suis sage-femme depuis quinze ans. On sait peu que les sages-femmes, bien que fonctionnaires, avec un statut et un salaire comparables à ceux des infirmières, font partie des professions dites « médicales » comme les médecins et chirurgiens-dentistes. Leur formation commence d’ailleurs par une année de médecine, suivie de quatre années d’école spécialisée. Eh bien à ce titre, nous n’avons pas été représentées au Ségur de la Santé ! Bien sûr, il n’est pas sorti grand-chose de cette comédie que le gouvernement a organisée après le confinement pour avoir l’air de faire quelque chose, mais en plus, ceux qui travaillent à l’hôpital n’y ont pas tous été associés, et nous non plus.
Pendant la crise sanitaire, des services Covid ont pourtant été ouverts au sein des maternités et les accouchements ont continué à avoir lieu. Les sages-femmes assurent également les suivis de grossesse, la réanimation et le soin des nouveau-nés, ainsi que le suivi gynécologique des femmes, le dépistage des pathologies, le travail en PMA, la prise en charge des IVG (y compris au planning familial), les consultations à domicile… La liste est non exhaustive. La fermeture des maternités depuis trente ans fait qu’une sage-femme gère souvent plusieurs parturientes à la fois, en même temps que les urgences et les consultations diverses, dans un climat de plus en plus stressant car on ne peut pas être partout en même temps.
Et pourtant, dans un premier temps, nous avons été oubliées de la liste des professionnels qui avaient le droit aux masques, nous avons dû batailler pour en obtenir. Pourtant, il n’y aura pas d’embauches. Et notre grille salariale ne va pas évoluer. Nous ne bénéficierons que des 183 euros, qui ne sont en fait qu’un pseudo-rattrapage du gel du point d’indice des fonctionnaires depuis plus de dix ans.
Tout cela est perçu par beaucoup comme un mépris de plus. Cet hiver encore, l’actualité parlait des fermetures des petites maternités, de la mise en danger des mères et des enfants... Mais le gouvernement est toujours dans le déni, malgré la crise du Covid qui nous laisse un goût plus qu’amer !

                                   Lucie P., Cambrai (Lutte ouvrière n°2713)

Argenteuil – avenir de Jean Vilar : toujours et encore, abandon du projet Cap Héloïse


Rien n’est certes encore gagné… La lutte continue

 


Les journaux départementaux La Gazette et Le Parisien sont revenus ces dernières semaines sur la ténébreuse « affaire Jean Vilar », après que le maire d’Argenteuil, fort de sa victoire aux élections municipales, ait déclaré au soir du second tour sa volonté de « vouloir remettre en marche » le projet, en « l’amendant ».
         Certes, le maintien à la tête de la commune d’un des initiateurs avec son prédécesseur du projet « Cap Héloïse » est un point marqué pour le camp des partisans de ce projet calamiteux.
         Mais le match se poursuit et a de longues séquences sont devant nous.
         Georges Mothron et les siens ne peuvent oublier le caractère extrêmement étriqué de leur succès de juin. Moins de 9000 voix pour une population de 115 000 habitants ! Cela signifie que le maire nouveau n’a pas été élu sur la base de son programme et qu’il l'a été seulement par défaut.
Nous aurons à confirmer dans les mois qui viennent auprès des 90 % de la population restante ce que nous avions pu mesurer en faisant signer naguère notre pétition. Une fois mise au courant, l’énorme majorité de la population refuse ce projet, et est en particulier scandalisée par la liquidation d’une salle des fêtes publique et propriété communale !
         Les édiles qui veulent se débarrasser de cette salle affirment que sa rénovation ou sa reconstruction reviendrait trop cher. Ce n’est pas sérieux.
         Ils affirment eux-mêmes aujourd’hui que les finances communales sont redevenues saines. Ils ont été capables de dépenser plusieurs millions d’euros pour la construction d’une structure dite provisoire -l’Atrium- qui ne sert pratiquement à rien, et les élus le savent, qui ne peut pas offrir le même service aux associations locales.
         L’épidémie du Covid 19 bouleverse totalement la société et son avenir.
         Quels seront les projets des investisseurs qui seront maintenus et quels seront ceux qui seront abandonnés ou enterrés ?
         Dans les mois qui viennent, la situation du centre commercial Côté Seine peut continuer à se dégrader et donner une idée, avant même qu’il y en ait eu la première pierre, de ce que deviendrait une fois réalisé le projet Cap Héloïse !
         Ces messieurs inscrivent leurs projets, sans en rien dire à la population, dans le cadre des grands projets du Grand Paris. Après la gentrification générale de Paris et de la première couronne, pour eux, c’est au tour de la seconde couronne d’être concernée par celle-ci. On peut constater ce que cela peut donner en traversant la Seine du côté de l’ensemble de l’espace actuellement en urbanisation accélérée entre l’ex-entreprise Thalès et le stade Yves du Manoir. Cela concerne aussi Argenteuil. Mais avec la crise, quelle va être la situation des "classes moyennes" visées par cette gentrification et des projets qui lui sont liés ?
         Le projet Cap Héloïse n’est certes pas enterré à ce jour. Mais nous sommes définitivement bien loin aujourd'hui de ce que Georges Mothron affirmait en 2016 : que tout serait achevé en 2019 !
         Le combat résolu des opposants à ce projet calamiteux continue. DM