samedi 18 juillet 2020

Mort d’Adama Traoré : l’obstination pour franchir les obstacles sur le chemin de la vérité


Quatre ans plus tard, des obstacles franchis



Aujourd'hui samedi à Beaumont-sur-Oise, une nouvelle grande journée de mobilisation
-à Midi devant la mairie de Persan : une conférence de presse des familles de victimes de violences policières
-à 14 heures, départ de la marche gare de Persan, pour aller en direction du quartier de Beaumont-sur-Oise d’où Adama Traoré était originaire.

Il y aura quatre ans demain, le 19 juillet 2016, Adama Traoré, un jeune homme de 24 ans, décédait après avoir été arrêté et conduit à la gendarmerie de Persan, dans le Val-d’Oise.
         Il a fallu beaucoup d’acharnement à la famille d’Adama Traoré pour remettre en cause les conclusions du premier procureur, obtenir que celui-ci soit dessaisi de l’affaire et que soit au moins reconnue la cause de la mort, l’asphyxie.
         Aujourd’hui, de nouvelles investigations ont été décidées. Une nouvelle fois, suite à l’activité énergique de la famille et de ses soutiens, et aux manifestations initiées par eux depuis juin.

Conseil départemental du Val d’Oise, discret face au mauvais coup de LVMH à l’encontre de l’information locale et des journalistes du Parisien


Sans rancune

 
De l'argent, il en a pour maintenir les emplois et le supplément 95. Pas besoin de lui en donner en plus...

Une pleine page de publicité du conseil départemental du Val d’Oise figurait hier dans le supplément Ile-de-France du quotidien Le Parisien. Cela se fait tous les mois, et ces deux pleines pages représentent une aide substantielle au journal.
         C’est déjà discutable en temps normal, d’autant plus la publicité évoque seulement le sommaire du mensuel Val d’Oise du conseil départemental.
         Mais cela devient inadmissible alors que LVMH a profité de la crise du Covid 19 pour pérenniser la liquidation de l’édition « Val d’Oise » du supplément du journal, avec de nombreuses suppressions de postes à la clé. Tout cela est vraiment préjudiciable à tous, mais cela ne semble pas inquiéter ces petits notables ! Ils ont protesté du bout des lèvres, en toute discrétion, comme pour la forme.
         Dans ce petit monde, on est vraiment sans rancune.

vendredi 17 juillet 2020

Macron à la télévision et le grand patronat : une idylle heureuse qui n’a rien que de très naturelle. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière qui vient de paraître


Macron à la télévision : “dialogue social” de maîtres-chanteurs

15 Juillet 2020

Il n’y avait rien de bien nouveau dans le discours présidentiel du 14 juillet : Macron est content de lui, et le grand patronat a également toutes les raisons d’en être content.
Au cours de cette purge d’une heure et quart, le président a quand même montré le bout de l’oreille et quelque inquiétude en trois occasions.
Lorsque la journaliste Léa Salamé lui a demandé ce qu’il ferait si, comme les travailleurs de Derichebourg, il devait accepter une baisse de salaire de 20 % pour espérer conserver son emploi, Macron est monté sur ses grands chevaux. Il a récusé le terme de « chantage » et affirmé que Derichebourg et les patrons dans le même cas avaient recours au « dialogue social ». En effet, comme le Parrain, le patronat fait des propositions que les travailleurs ne peuvent pas refuser. Le travail de Macron est alors de donner à ce rapport de force, à ces menaces de mort sociale, l’apparence d’un contrat légal.
Interrogé sur sa réforme des retraites, suspendue lors de l’épidémie et vomie par les travailleurs, Macron a patiné. Il ne retire pas sa réforme sur le principe, tout en la retirant dans les faits et en se réservant le droit de la ressortir un jour, sans toutefois dire ni quand ni comment. Un homme du patronat se doit de ne jamais avouer avoir reculé, si peu que ce soit, devant les travailleurs.
En toute fin d’intervention, Macron a repris ce qu’il avait dit au début à propos des catégories populaires, de la jeunesse, des personnes discriminées en raison de leur couleur de peau, de leur quartier d’origine, etc.
Il voudrait trouver un moyen pour que les exploités approuvent l’ordre social qui les écrase, et le manifestent en participant aux élections, en approuvant les mesures gouvernementales, en croyant aux promesses d’un avenir meilleur. Et pour cela Macron prétend avoir une recette imparable : refaire le discours mille fois entendu de la république sociale qui veille sur tous ses enfants.
Sans être, comme le président, un expert en art dramatique, il est assez facile de percevoir sa sincérité lorsqu’il affirme en défense des patrons : « Ce n’est pas du chantage, c’est du dialogue social. » Avec ça, tout est dit.

                                         Paul GALOIS (Lutte ouvrière n°2711)

 

Aides de l'État, chômage partiel : les petits et les grands voleurs


Les gagnepetits de la fraude et les gros escrocs



Le Parquet de Paris a ouvert une enquête sur des fraudes aux aides pour le chômage partiel. Pendant la crise, une simple déclaration sur l'honneur suffisait pour déclencher le dispositif d'aide pour les patrons. Certains en ont profité, grâce à l’absence de tout contrôle, en usurpant des raisons sociales d'entreprises. Cette fraude apparemment bien organisée aurait rapporté à ces escrocs 1,7 million d'euros. Bien peu de chose alors que le grand patronat a touché des milliards en déclarant une partie de ses salariés en chômage partiel, tout en continuant à les faire travailler.
         Grands patrons ou petits escrocs, tous ces gens-là considèrent les caisses de l’Etat comme un coffre-fort ouvert pour eux en permanence.

Optimisation fiscale : Apple et Cie, tous, ils en croquent


Heureux comme Apple en Irlande



Siège social d'Apple

Apple peut se frotter les mains. La justice européenne vient de casser une décision de la Commission européenne : l'amende de 13 milliards d'euros que la marque à la pomme devait verser à l'Irlande est donc annulée. Malgré le manque à gagner, l'Irlande s'est réjouie de cette décision, qui lui permet de conserver son statut de paradis fiscal en plein cœur de l'Europe.
         L'Union européenne n'a décidément d'union que le nom : ce n'est qu'un repère de brigands, qui défendent leurs intérêts particuliers les uns contre les autres. Cela fait le plus grand bonheur des géants capitalistes qui peuvent pratiquer une « optimisation fiscale ». Elle se chiffre en dizaines de milliards chaque année et représente autant d’argent en moins pour les budgets de tous les services publics.

Made In France ? Mais si l’on creuse un peu…


100% ? Oui, ... 100% rentable

 
A voir...

Une société bretonne, NG Biotech, à la recherche de gros contrats, avait trouvé l’argument de vente imparable : ses tests sérologiques de dépistage du Covid-19 étaient déclarés « 100 % français ». Voilà qui avait suffi pour que le gouvernement lui fasse un chèque d’un million d’euros.
         Las ! Des journalistes viennent de révéler que le composant principal du test, le réactif, était en fait importé de Chine. Le patron se défend d’avoir menti aux autorités et au grand public, expliquant qu’aucune loi n’a été transgressée et que le produit fini est bien assemblé en France.
         Comme quoi, derrière le « made in France », il n’y a qu’une seule nationalité : celle de l’argent !

Territoire, Éducation, quand les collégiens d’Argenteuil d’aujourd’hui et de demain paient l’impéritie de… l’État central


Scandaleux ! Les autorités, toutes responsables !



Le conseil départemental du Val d’Oise vient de décider l’extension du collège Jean-Jacques Rousseau établi dans le quartier du Val Notre Dame. Il vient d’affecter pour cela un crédit de 5 millions. Il s’agit dans deux ans d’augmenter de 200 élèves l’effectif de ce collège et de le porter à un effectif total de 750 à 800 élèves. Et cela dans un des quartiers les plus populaires d’Argenteuil !
         C’est scandaleux alors que c’est un ou deux collèges dont la construction s’impose sur la Ville. C’est scandaleux parce que chacun s’accorde pour affirmer que le collège est le nœud qui pose le problème le plus important parmi ceux du système éducatif, et qu’il faudrait des effectifs maximums de 400 élèves par établissement.
         Tout ce « beau » monde responsable de tels projets n’envoie pas ses enfants dans ces usines à fabriquer un échec massif.
         Responsable est le conseil municipal du Val d’Oise qui accepte une telle situation.
         Responsable est la municipalité d’Argenteuil qui accepte des projets immobiliers sans les équipements publics correspondants. Dans le quartier, deux projets importants sont en train de voir le jour, l’un avenue du Gl Leclerc, l’autre rue de la Glacière…
         Et le premier responsable, l’État central qui se moque des « territoires » populaires, et qui ne veut pas abonder le financement de la construction de « tous » les établissements scolaires nécessaires à travers le pays. DM

jeudi 16 juillet 2020

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du mardi 14 juillet 2020


Le seul plan qui vaille pour les travailleurs : celui de la lutte collective 

Les cérémonies du 14 juillet ont été dédiées aux soignants et à ceux qui ont assuré la continuité de la vie sociale au pic de l’épidémie, et ceux-ci ont, en effet, de quoi être fiers de ce qu’ils ont fait. On ne peut pas en dire autant de l’État, de Macron et du gouvernement qui ont failli sur toute la ligne.
L’incurie de l’État et les mensonges gouvernementaux face à l’épidémie restent dans toutes les têtes. On n’oublie pas que les soignants ont été envoyés au front sans protection. On n’oublie pas que les Ehpad ont été abandonnés. On n’oublie pas le manque de masques, de lits d’hôpitaux, de respirateurs et de médicaments.
Organiser des défilés, remettre des médailles et distribuer de belles paroles, le pouvoir sait faire ! Mais il est incapable d’organiser la vie économique et sociale pour répondre aux nécessités vitales de la société, car il est formé et dressé pour servir les profits, la rentabilité et les marchés financiers avant toute chose. Et, en matière de santé publique, cela ne pardonne pas.
Avec 30 000 morts, on mesure tout ce que la gestion comptable des hôpitaux a de criminel. Et le Ségur de la Santé n’y a rien changé. Dans les hôpitaux, tout revient à « l’anormal ». Et comme l’ont affirmé les contre-manifestants du 14 juillet, ce ne sont pas les 183 euros de revalorisation – loin des 300 nécessaires pour combler le retard pris ces dix dernières années – qui feront taire les soignants.
C’est tant mieux, parce qu’on ne changera rien sans se battre collectivement. Tous les moyens nécessaires aux hôpitaux, aux Ehpad, à l’Éducation nationale ou aux transports, il faudra les arracher au gouvernement et au grand patronat.
Il faut que les travailleurs retrouvent le chemin de la lutte collective. C’est une nécessité vitale. Pour récupérer ce que la crise lui a fait perdre, le grand patronat est à l’attaque dans toutes les entreprises : renvoi des intérimaires, suppressions d’emplois, baisse des salaires, fermetures de sites. Il remet en cause les conditions d’existence des travailleurs. Et Macron en est le complice.
Dans l’interview qu’il a donnée à l’occasion du 14 juillet, Macron a fait tout un cinéma en assurant, comme tous les présidents qui l’ont précédé, que l’emploi était sa priorité. Avec le dispositif d’activité partielle de longue durée qui coûtera 30 milliards à l’État, il aurait trouvé le graal contre les licenciements, « un plan anti-licenciement », a-t-il affirmé, sans rire. Son plan ne marche pas pour sauver les 4600 emplois à Renault, les 1000 à Sanofi, les 5000 à Airbus, les 7600 à Air France… Il ne fonctionne pas pour empêcher la fermeture de la Smart à Hambach et la saignée dans les magasins du groupe Vivarte. Mais cela ne fait rien, Macron est très content de lui !
De la même façon, il a vanté son plan de relance censé assurer une reprise de l’emploi et la transition écologique. Nourrir le grand capital affamé de milliards, vider les caisses publiques au profit de la grande bourgeoisie, de la finance et de la spéculation, voilà à quoi va nous conduire son plan de relance !
Macron va aider le grand patronat à restaurer sa rentabilité et ses profits à coups d’exonérations de charges patronales, de baisses d’impôts, de prêts et de subventions et il justifiera toutes les décisions prises par la bourgeoisie, y compris celle de licencier et de jeter dans la misère et la précarité de nouveaux bataillons de travailleurs. C’est ce pour quoi il gouverne et c’est ce qu’il continuera de faire.
Oui, pour faire face à la crise et à la catastrophe sociale, il faudrait un plan pour la production. Il faudrait un plan pour la production de médicaments, pour la construction de logements, un plan pour la rénovation thermique… Mais, dans cette société divisée en classes, où la bourgeoisie détient tous les pouvoirs et domine toutes les entreprises, tout plan servira nécessairement à enrichir encore ceux qui le sont déjà.
Le seul plan qui vaille pour les exploités est celui qui leur permettra de garder leur unique richesse : un emploi et un salaire. Personne ne doit perdre son emploi. Personne ne doit être poussé vers la pauvreté. Les travailleurs, qu’ils soient en intérim, en CDD, avec statut d’apprenti, de stagiaire ou d’auto-entrepreneur, savent travailler et veulent pouvoir le faire : le travail doit être réparti entre tous sans perte de salaire.
La crise n’a pas fait diminuer les loyers. Les factures n’ont pas baissé et les prix de certains produits ont même flambé, alors les travailleurs ont besoin de toucher leur salaire plein et entier.
Les travailleurs ne se nourrissent pas de promesses, ils doivent manger et nourrir leur famille tous les jours. Ils n’y parviendront qu’en adoptant leur propre plan, un plan de combat contre les licencieurs et le gouvernement qui les sert.