samedi 30 mai 2020

Suisse : la crise aussi pour les plus pauvres


Pour le prix d'une Rolex



Chaque samedi depuis un mois à Genève, ce sont plus de 2500 personnes qui en sont réduites à faire plus d'un kilomètre de queue devant la patinoire des Vernets, pour récupérer les colis d'aide alimentaire distribués par Médecin Sans Frontières.
         Ce sont ces milliers de travailleurs précaires qui font d’ordinaire les boulots les plus mal payés, les plus mal considérés : plongeurs dans la restauration, femmes de ménage, manœuvres du bâtiment ... c'est à dire tous ceux qui d'habitude déjà sont sur le fil de la survie au jour le jour et qui depuis le début de la crise sanitaire et économique se retrouvent sans travail mais exclus de toute aide sociale.
         Genève réuni les immeubles de toutes les grandes banques mondiales, de toutes les institutions internationales, de toutes les grandes marques de luxe. Ainsi, juste devant le complexe sportif des Vernets, il y a les buildings du siège de Rolex. Or le prix d'une seule montre de cette marque suffirait pour nourrir plus de 2500 familles pendant une semaine : tout le symbole de cette société !

Argenteuil, vélo, piste… et piste supprimée ? Quand la municipalité s’essaie au dérailleur et déraille


Action, réaction, … et beaucoup plus tard, la réflexion !

Avant, avec les plots


Quelques jours plus tard… avant la suite des évènements ?

D’abord, ce sont les travailleurs de la Ville qui doivent en avoir gros sur le cœur. Avoir travailler sous le soleil en début de semaine avenue Gabriel Péri sous le regard dubitatif des habitants, et devoir défaire ce qu’ils ont aménagé quelques jours plus tard… Car non seulement, les centaines de plots de séparation, jaunes et coûteux ont été retirés, mais selon l’évidence, les voies cyclables très discutables qui avaient été aménagées sont en passe d’être supprimées.
         La stupeur se mêle à l’incompréhension. Les autorités préfectorales auraient-elles constaté qu’il y avait un hic ? La grogne des habitants a-t-elle conduit le petit conclave qui avait pris la décision à revoir sa copie en la déchirant ?
         En tout cas, cette preuve d’impéritie, ne mérite même d’être qualifiée d’œuvre d’amateur. Ce serait faire injure à ces derniers. En revanche, ce gâchis, dangereux de surcroît, sorte de passade électorale, à des dizaines de milliers d’euros, restera comme un « bel » exemple d’incurie municipale. DM

vendredi 29 mai 2020

Renault prépare des milliers de suppressions d’emplois


Aujourd’hui, aucun travailleur ne peut se sentir à l’abri


L'usine Renault de Flins (Yvelines)

Sur 48 000 salariés en France, Renault prévoit d'ores et déjà d'en supprimer 5 000 d'ici 2024 d'après Le Figaro. Que fera l'État, actionnaire à 15% ?
         Rien, comme l'a confirmé à l'avance Bruno Le Maire qui a dit qu'il ne s'opposerait ni aux fermetures de sites ni aux suppressions de postes.
         Pour défendre leur gagne-pain, les salariés de Renault ne pourront compter que sur leur force de travailleurs. Elle est considérable, du fait de leur nombre, de leur place dans l'entreprise, dans l'activité sociale et de la possibilité de s'adresser et de lier leur lutte aux millions de travailleurs menacés comme eux. Et qui, parmi les autres, peut raisonnablement se sentir à l'abri ?

Plan auto de Macron : tout pour les patrons et rien pour les travailleurs


8 milliards d’euros pour défendre… les actionnaires !


Macron a dévoilé son plan de soutien à l'automobile : 8 milliards d'euros d'argent public iront au bout du compte à des entreprises comme Renault, Peugeot et aux équipementiers en échange de vagues promesses de construire à l'avenir en France des voitures plus propres. Sur le maintien de l'emploi et des usines, le gouvernement n'a même pas joué la comédie des promesses tellement il est évident que les patrons feront ce qu'ils voudront.
         Sauf si les travailleurs s'y opposent comme ont commencé à le faire ceux des Fonderies de Bretagne dont la direction de Renault a annoncé, parmi d'autres, vouloir se débarrasser et où une grève a éclaté pour s'opposer à cette casse.

Argenteuil- vélo (suite) A pied, à vélo, avec tout moyen de déplacement, demain, vive le communisme de la liberté

Suite à un certains nombre de commentaires et de discussions

Aujourd’hui, aucune maîtrise de la société… et de nos déplacements



Ce qui est nécessaire à l’Humanité est une société où la population maîtrise son destin. Cela veut dire que l’activité de « production » au sens large, quand elle l’envisagera, tienne compte de ce qu’elle lui apporte, mais aussi de ce qu’elle détruit et de ce qu’elle engage pour l’avenir proche et plus lointain. Le dilemme n’est pas entre production ou pas, mais entre cette maîtrise et des décisions prises sans tenir compte de ces facteurs. Nous voilà aux antipodes du stade actuel de l’Humanité, le capitalisme. Les moteurs de celui-ci, loin de la maîtrise d’un devenir social harmonieux, sont fondamentalement la « maîtrise », par un nombre infime de personnes, de l’accroissement de leurs profits. Le résultat est l’inégalité sociale, l’anarchie du fonctionnement social planétaire, un gigantesque gâchis de forces productives, un avenir hypothéqué.
         Cela se décline au niveau des transports dans le cadre de cette production capitaliste. Ils ne sont que le prolongement de l’« organisation » actuelle de la production elle-même : hiatus entre la résidence et le travail, longueur de la journée de travail, anarchie des localisations de l’emploi, le facteur « transports » traité à la marge, etc. Et tout cela se pose aux différentes échelles, de l’échelle planétaire à l’échelle locale.

Ce que l’on peut envisager

La révolution communiste c’est la mise en place de cette maîtrise que nous évoquons ci-dessus. Une révolution qui exige la mobilisation consciente du monde du travail et justement sa volonté de maîtriser son avenir
         Cette mobilisation se traduit dans la confrontation des idées à une échelle que nous ne pouvons imaginer, donc dans la liberté de tous.
         Il n’y a pas de socialisme sans la démocratie maximale contrôlée par les producteurs eux-mêmes. Le rouge des drapeaux de Staline ne fut que le rideau enroulant la dictature d’une bureaucratie sur un monde du travail qui s’était rapidement démobilisé. En Chine, il s’est agi de voiler celle d’une bourgeoisie en devenir.

Notre espoir

Organisation du travail, révolution des transports, maîtrise véritablement « démocratique » de l’humanité, nous voilà à des années lumières des turpitudes des voies de l’avenue Gabriel Péri. À des années-lumière, d’une lubie démagogique et d'une esbroufe tellement révélatrices. 

Le vélo sous le communisme…



Quand le travail nécessaire aura un horaire de 4 heures par jour. Quand l’envie de posséder « sa » voiture disparaîtra. Lorsque les tramways irrigueront partout les espaces encore urbains. Lorsque la liaison résidence-lieu de travail en « présentiel » aura été maîtrisé, tout comme les inconvénients du vélo électrique auront été résolus. Quand l’activité physique d’entretien normal sera devenue une habitude… Quand l’Humanité sera devenue… humaine.

Grèce : répression accrue contre les migrants. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2704 qui vient de paraître. Disponible à la librairie Le Presse-papier à Argenteuil, et comme de bien entendu à notre permanence, demain vendredi 17 h.15-18h.15.


Grèce : répression accrue contre les migrants

27 Mai 2020

Sur le thème « encore une menace d’Ankara », une partie de la presse grecque relaye les propos du ministre turc des Affaires étrangères qui prévoit, avec le déclin de la pandémie, une nouvelle vague d’immigration en Europe. Voilà qui va apporter de l’eau au moulin du gouvernement Mitsotakis même s’il n’a pas attendu cette énième déclaration pour stigmatiser la politique turque et pour agir contre les migrants.
Entre la nouvelle loi récemment votée et les exactions policières contre les réfugiés, les actions n’ont pas cessé, qu’elles soient couvertes légalement ou pratiquées en toute illégalité.
Du côté de la légalité, la loi du 8 mai officialise et renforce les procédures d’exception : un seul juge pourra examiner le recours en appel des déboutés du droit d’asile dans un nombre de cas plus important qu’auparavant. La détention en centre fermé sera automatique comme pour les condamnés à l’expulsion. C’en est fini de la demande de protection pour motif humanitaire. Le côté quasi militaire de cette justice appliquée aux migrants est de plus en plus visible. D’ailleurs, pour régler ces problèmes, la loi prévoit des crédits secrets utilisés « à des fins nationales confidentielles (…) pour la protection de la sécurité nationale ».
Les exactions policières et militaires s’intensifient aussi. Début mars les milliers de réfugiés envoyés par le gouvernement turc vers la frontière nord de la Grèce, sur le fleuve Evros, ont eu droit aux grenades lacrymogènes et aux matraques des policiers des deux pays. Certains Grecs armés de fusils de chasse et de leurs convictions ultranationalistes n’ont pas hésité à faire le coup de feu contre les migrants. Moins visibles car dissimulées par les autorités, près de 200 expulsions secrètes ont été dévoilées récemment par un groupe d’ONG, Border Violence Monitoring Network. La police grecque a littéralement enlevé ces réfugiés, même dans des camps éloignés de la frontière, leur a volé leurs papiers et le peu qu’ils possédaient, les a frappés, parfois torturés avant de les jeter hors du pays.
Dans les îles, une autre ONG norvégienne, Aegean Board Report, a récemment révélé qu’une quarantaine de migrants, arrivés à Samos le 28 avril, ont disparu après avoir été emmenés par la police portuaire. Officiellement, il n’y a eu aucune arrivée sur l’île ce jour-là. Ils auraient été renvoyés vers la Turquie sur des embarcations de fortune sans que les autorités turques fassent état de leur retour. Des vidéos montrent les bateaux des gardes-côtes grecs faisant un rodéo autour des bateaux chargés de migrants pour les effrayer et leur faire rebrousser chemin, au risque de les faire chavirer. Gardes-côtes grecs et turcs se les renvoient mutuellement y compris après qu’ils ont déjà accosté. S’ajoutant aux reconduites légales, 169 migrants auraient été ainsi illégalement renvoyés de Grèce, depuis fin mars, selon l’ONG norvégienne.
La Grèce compte plus de 70 000 réfugiés, dont près de 40 000 vivent dans les îles, dans des camps où le manque d’eau, d’hygiène et la surpopulation sont catastrophiques. Parmi les plus vulnérables, âgés ou malades, 2 000 ont été transférés provisoirement dans des hôtels sur le continent. Pendant que les organisations humanitaires font ce qu’elles peuvent, le gouvernement Mitsotakis, lui, a choisi la manière forte et expéditive, dans la ligne de sa politique très à droite et nationaliste. Mais que dire des gouvernements européens qui n’accueillent même pas les quelques dizaines de réfugiés mineurs qu’ils ont promis de prendre en charge ? Ils sont responsables de cette politique criminelle qui pèse sur les réfugiés et sur la population du pays. Et comme tous les commanditaires, ils s’en lavent les mains.

                                           Sylvie MARÉCHAL (Lutte ouvrière n°2704)

Mai 68, paroles ouvrières, une vidéo de Lutte ouvrière dans le cadre de notre série « Des idées pour comprendre le monde »