vendredi 22 mai 2020

Argenteuil – la marche à la mémoire du jeune Sabri


"La jeunesse est la flamme de la révolution prolétarienne."
K. Liebknecht




C’est une marche très digne partie de la cité Champagne qui a descendu hier après-midi les Coteaux pour se diriger vers le Val d’Argenteuil, après s’être recueillie rue du Trouillet, à l’endroit où le jeune Sabri s’est tué dans un accident de moto dans la nuit de samedi à dimanche.
         Les banderoles et de nombreuses personnes dans le cortège portaient un tee-shirt noir avec l’inscription « Lumière(s) pour Sabri ».
         Réclamer que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de l’accident est une juste et élémentaire exigence, pour connaître les enchaînements et les responsabilités de chacun s’il y a lieu, d’autant plus lorsqu’il est admis qu’une voiture de la BAC était à proximité.
         Le cortège d’un millier de personnes était surtout composé de jeunes, et surtout de jeunes des quartiers populaires.
         Il faudrait que cette jeunesse se mobilise bien au-delà de ces drames, et pas seulement pour réclamer la vérité et que justice soit faite.
    Il faudrait qu’elle comprenne au-delà de l’inégalité sociale, et particulièrement au-delà de l’inégalité sociale devant la police et la justice, que ces dernières sont surtout au service d’une classe sociale, la bourgeoisie, pour la défense d’un système sans avenir humain, le capitalisme.
         Il faudrait qu’elle comprenne qu’elle peut jouer au sein du monde du travail, un rôle déterminant pour changer le monde. Il faudrait qu’elle découvre les idées qui permettent de le comprendre, la seule voie à même de la conduire à agir pour l’avenir de tous.
         Elle peut y parvenir. C’est notre rôle de l’y aider. Ça serait la fonction, à Argenteuil comme ailleurs, de militants communistes révolutionnaires implantés dans les quartiers, et mêlant jeunes et plus vieux. DM

Commerçants des marchés forains face à l’épidémie : la catastrophe


De tout petits joueurs

 
                                                                 Photo Le Parisien 95

Mardi, un certain nombre de commerçants (entre autres) se sont retrouvés devant la préfecture du Val d’Oise pour réclamer la réouverture de l’ensemble des marchés forains du Val d'Oise, et cela pour tous types d'étalages.
         De nombreux commerçants sont dans une situation financière catastrophique.
      À propos du maintien des restrictions, l’interlocuteur du Parisien-95  représentant la municipalité d'Argenteuil a déclaré : « C’est notre choix. On l’a fait pour des raisons de maîtrise des flux et garantir le respect de la distanciation. Le marché Héloïse est un très gros marché avec des centaines de commerçants qui drainent bien au-delà de la ville. Si l’on avait autorisé les commerçants textile, cela aurait été impossible de maîtriser les flux ».
         Cet interlocuteur oublie deux choses. La première, que c’est non seulement « les commerçants textile » qui sont pénalisés, mais l’ensemble des commerçants, puisque le marché alimentaire Héloïse qui a rouvert vendredi dernier est toujours fermé pour tous le dimanche, le jour de gros chiffre d’affaire.
         La seconde est que l’espace Héloïse et celui du marché du quartier Joliot-Curie permettraient une organisation idoine face au virus.

En mars, un dimanche à Héloïse !
         Le hic à Argenteuil, c’est qu’il ne faut pas demander beaucoup d’esprit d’initiative à la municipalité. C’est pour cela que nous l’avons surnommée la « municipalité service minimum » ! C’est d’autant plus dommage que pour les marchés qui ont rouverts, la municipalité et le concessionnaire ont su mettre en place  les conditions nécessaires. DM

jeudi 21 mai 2020

Renault : les actionnaires sur la route de fermetures d’usines ? Non à cette logique capitaliste ! Un communiqué de Lutte ouvrière.



La vie des travailleurs de Renault doit passer avant les profits !

Communiqué
20/05/2020

Usine de Renault Flins / Photo du Département des Yvelines

Alors que l'État vient de promettre à Renault 5 milliards d’euros de prêt sans aucune contrepartie, ses dirigeants laissent entendre qu’ils ont l’intention de priver des milliers de travailleurs de leur gagne-pain, en fermant leurs usines de Dieppe, de Choisy-le-Roi, les Fonderies de Bretagne, et aussi  en vidant l’usine de Flins de ses activités.
Cette annonce est scandaleuse. La baisse des ventes de voitures et celle de l'activité économique en général du fait de l'épidémie de Covid-19 ne peuvent en aucun cas justifier de telles mesures. Les patrons de Renault n'ont d'ailleurs pas attendu cette dernière situation pour tailler à plusieurs reprises dans les effectifs de leurs usines. Leur choix est, comme toujours, de maintenir leurs profits à tout prix et d'en faire subir les conséquences aux travailleurs. C'est inacceptable. Les patrons de Renault annonçaient encore disposer, fin mars, de 10 milliards d’euros de liquidités. Pendant les dix années précédentes, le travail de leurs dizaines de milliers de salariés et de sous-traitants leur a permis d’accumuler 24 milliards d’euros de profits ! De telles sommes, qui ne sont rien d'autre que les richesses accumulées grâce à tous ces travailleurs, sont bien plus que suffisantes pour maintenir intégralement leurs emplois et leurs salaires. C'est aux actionnaires de Renault de prendre sur ces profits accumulés afin  de faire face aux aléas de l'économie.
Les travailleurs de Renault, les travailleurs intérimaires auxquels l'entreprise a régulièrement recours, les travailleurs des nombreuses entreprises sous-traitantes qui en dépendent, ne peuvent accepter de perdre leur emploi du fait des hauts et des bas d'une économie capitaliste au fonctionnement de plus en plus chaotique. Leur vie et celle de leurs familles doivent passer avant les profits !
Lutte ouvrière dénonce la logique capitaliste des patrons de Renault et du grand patronat en général, qui prépare aujourd'hui de nombreux plans de licenciement et envisage froidement de jeter des milliers de salariés à la rue. Elle sera aux côtés des travailleurs dans toutes les luttes qu'ils entreprendront pour défendre leur droit à la vie face à l'infernale logique du profit.

                                                              Pour Lutte ouvrière,
                                                                                      Nathalie Arthaud

Vaccin ou tout autre produit, réel ou virtuel, le règne des spéculateurs


Fièvre dangereuse à Wall Street



Il a suffi que la société américaine Moderna annonce un premier essai positif, mais seulement sur huit personnes, d'un éventuel vaccin contre le Covid-19 pour que son action en bourse s'envole. Moderna est une entreprise de biotech qui ne possède aucune usine de production. Son projet de vaccin n'en est qu'au balbutiement, mais, pandémie ou pas, les centaines de milliards de capitaux de la finance mondiale sont à la l’affût d'opérations spéculatives grandement et rapidement profitables. Avec la pharmacie, la spéculation a trouvé un nouveau terrain d’envol. Le vaccin contre le virus de cette spéculation, mortelle socialement, est connu : la révolution sociale !

Rwanda : une arrestation tardive


Quand Mitterrand déclarait : «« dans ces pays-là, un génocide n’est pas trop important »



Félicien Kabuga, un riche homme d’affaires directement impliqué dans le génocide contre les Tutsis, a été arrêté à Asnières, dans les Hauts-de-Seine. Recherché mollement par la justice internationale, il résidait en France depuis plusieurs années. En 1994, Kabuga dirigeait la radio « Mille Collines », qui prépara et activa le génocide par ses appels aux meurtres. Il finança aussi les achats des armes et des machettes utilisées par les génocidaires d’un régime soutenu par la France. Kabuga réussit d’ailleurs à fuir le Rwanda grâce à la protection de l’Ambassade de France. À l’âge de 84 ans, il a fini par être arrêté mais ne sera peut-être jamais jugé, vu son âge et la lenteur proverbiale de la justice en la matière. Mais d’autres criminels de la même eau vivent ou ont vécu impunément en France. Mitterrand, le président de la République en 1994, déclarait alors : « dans ces pays-là, un génocide n’est pas trop important ». Pas important ce massacre de centaines de milliers d’enfants, de femmes, d’hommes ? Telle est échelle d’évaluation des dirigeants impérialistes.

Argenteuil – incendie criminel contre un campement « Rom »


Nos frères les parias


Une nouvelle fois, il y a quelques jours, le campement des « Roms » des bords de Seine à Argenteuil sous le viaduc de l’A15 a été visé par des jets de coktail-molotov qui ont réussi à l’incendier. Dans ce camp où vivent une trentaine de personnes, plus de la moitié des baraquements de fortune ont été détruits.
         Ceux qui sont à l’origine de cet incendie sont des meurtriers, même si cette fois il n’y a pas eu de victime. Des meurtriers animés de conceptions imbéciles et odieuses.
         Les « Roms » sont les derniers parmi tous les déshérités. Ils ont le droit de bénéficier de moyens de vivre comme tout un-chacun.
         Leur histoire et leurs singularités leur appartiennent. La société devrait les aider à la vivre au mieux, ce qu’elle ne fait vraiment pas dans l’immense majorité des villes du pays.
       C’est ce que leur dénie ceux qui sont à l’origine de la destruction dramatique de ce campement. Des imbéciles. Des criminels.

Argenteuil. Face à la difficulté de la jeunesse pour trouver sa voie, le rôle des militants ouvriers communistes dans les quartiers populaires


Implanter à nouveau dans les quartiers, les idées du communisme



La dramatique mort d’un jeune de 18 ans dans la nuit de samedi à dimanche dernier et les échauffourées qui ont suivies, ont fait beaucoup discuter ces dernières heures. Pour notre part, ce que nous avons écrit hier a été largement apprécié, je crois.
         Bien évidemment, nous aimerions, comme tout le monde, connaître la vérité sur un tel drame. Mais, en l’occurrence, les rapports en général entre la jeunesse avec la police sont tellement mauvais, et l’esprit de corps tellement fort au sein de la police, que, même dans l’hypothèse de son innocence dans telle ou telle circonstance, c’est le doute qui s’installe.
         Et sur ce plan-là, il n’y a aucun moyen pour que nous changions la police dans la société d’aujourd’hui où le rôle fondamental qui lui est dévolu est de défendre la position des dominants. La révolution, c’est aussi la supprimer pour la remplacer par de toutes autres forces de l’ordre.
         En revanche, ce qui se passe au niveau de la jeunesse des quartiers populaires, nous avons l’espoir que cela changera à nouveau un jour. Et là, notre action peut être essentielle et permettre d’obtenir des résultats.
         Nous avons évoqué hier l’attraction des adolescents pour des situations à risques.
         Et pour réduire cette appétence et diriger l’ardeur des jeunes vers de tout autres espoirs, les réseaux collectifs des adultes et des adultes avec les jeunes eux-mêmes pourraient le faire, et pourraient aussi amener l’engagement des jeunes de ces quartiers, comme des autres, vers le combat pour un monde meilleur.
         Mais qui est présent pour construire de tels réseaux collectifs avec cette finalité ? Qui s’intéresse même au problème ? Pas de loin, mais au cœur même de ces quartiers ? Poser la question est y répondre.
         En tout cas, pour notre part, notre ambition de reconstruire un parti des travailleurs, communiste et révolutionnaire, vise à l’implanter dans les entreprises, mais aussi dans ces quartiers populaires avec ces objectifs.
         Cette tâche est réalisable. Réformer la police, élément de l’appareil d’État de la bourgeoisie, est en revanche, sur l'essentiel, une mission totalement impossible. DM

mercredi 20 mai 2020

Emploi : l’intérim sinistré. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître


Emploi : l’intérim sinistré

19 Mai 2020

Le 7 mai, l’Insee publiait une statistique provisoire sur l’évolution de l’emploi privé en France au 1er trimestre 2020, s’arrêtant donc au 31 mars, soit deux semaines après le début du confinement.
453 200 emplois du privé auraient été détruits en France pendant cette période, dont 437 900 dans les services marchands (ce qui exclut les services à but non lucratif, associatifs et autres). C’est quasiment deux fois plus que le nombre de demandeurs d’emplois supplémentaires relevés pour les quinze derniers jours de mars par Pôle emploi, ce qui était déjà un record.
Les premiers touchés sont les travailleurs en intérim, dont 291 000 auraient perdu leur emploi « en quelques jours » selon les déclarations des dirigeants d’Adecco, la première entreprise mondiale dans le secteur. Et bien évidemment, les chiffres à venir pour le mois d’avril seront encore plus catastrophiques, ils incluront tous les contrats à durée déterminée, les CDD, qui seront venus à échéance dans cette période. Sans surprise, les plus touchés par cette première saignée sont les travailleurs de l’industrie, du bâtiment et des travaux publics.
C’est toute une partie de la classe ouvrière qui, par ordre des capitalistes, vient ainsi de se voir priver d’emploi, de salaire et pour une bonne part de toute rémunération. Ceux qui étaient en contrat précaire ne toucheront pas de chômage partiel. Quant aux indemnités qu’ils pourraient toucher, l’incertitude règne encore. Si le gouvernement a bien demandé de prolonger les indemnités servies par Pôle emploi aux salariés indemnisés arrivant en fin de droits – sans qu’on sache pour combien de temps – qu’en sera-t-il pour les nouveaux inscrits ? Quel sera le nombre de mois d’activité requis pour toucher ces indemnités ?
Les attaques qui ont commencé sur les emplois en annoncent d’autres. Tout laisse prévoir une explosion des licenciements, et une attaque aggravée sur l’emploi et les conditions de travail de la part du patronat. La classe ouvrière aura besoin de toutes ses forces pour y faire face. Elle aura besoin de son unité, en balayant toutes les divisions, pour mettre en échec l’offensive patronale et imposer la sauvegarde de ses intérêts vitaux à commencer par l’interdiction des licenciements quelle que soit leur forme.
                                                                    Paul SOREL (Lutte ouvrière n°2703)